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9 avril 2026Analyse : Cette nouvelle a été étudiée par nos journalistes pour une synthèse rapide.
Selon nos experts, « “une hausse à deux chiffres des prix” » mérite une attention particulière.
À retenir
Discrètement, de somptueuses demeures sortent de terre dans les quartiers huppés de Harare. Les prix de ces résidences, construites par de riches entrepreneurs chinois, peuvent atteindre “entre 500 000 et 2 millions de dollars”, soit entre 426 000 et 1,7 million d’euros, dans les parties les plus prisées de la ville, constatent des agents immobiliers cités par Bloomberg. L’enquête du titre financier américain met en lumière un phénomène pérenne.
Cette nouvelle clientèle est composée de Chinois venus faire fortune dans l’exploitation des mines de lithium ou attirés par des emplois bien rémunérés, à la faveur de relations diplomatiques fructueuses entre Pékin et Harare.
Sur fond de “croissance de la demande de lithium – utilisé dans les batteries électriques – et de flambée des cours de l’or depuis plusieurs années”, le Zimbabwe est devenu le nouvel eldorado minier éveillant la convoitise chinoise.
Paiements en espèces
“Certaines personnes que j’ai aidées à venir ici en tant que touristes sont maintenant des investisseurs dans cette ville et dans le pays”, se félicite ainsi Steve Zhao, fondateur du Centre d’échanges Chine-Zimbabwe, cité par Bloomberg.
Résultat, des projets immobiliers dans la capitale ont métamorphosé l’architecture de certains quartiers. Des restaurants chinois, des supermarchés et même un casino se sont établis tout près d’un ancien palais seigneurial et d’autres vestiges du passé zimbabwéen.
Mais tout cela ne se passe pas sans accroc pour la population locale. Bien que le gouvernement ne tienne pas de registre sur la nationalité des acquéreurs des logements, les agents immobiliers interrogés par le média sont unanimes : “L’intérêt des acheteurs chinois entraîne une hausse à deux chiffres des prix de l’immobilier dans la capitale.”
Dès lors, dans certains quartiers, “des tensions apparaissent entre les résidents de longue date et les nouveaux arrivants”, après que certains de ces derniers ont agrandi ou construit leur maison sans tenir compte des lois sur l’urbanisme ou de l’histoire des lieux.
De plus, les acheteurs chinois paient souvent en espèces, “ce qui leur permet de conclure rapidement les transactions et leur donne un énorme pouvoir de négociation”, souligne Kura Chihota, consultant immobilier à Harare, cité par le site d’information financière et économique. Ils privent l’État d’importantes recettes fiscales et contournent la réglementation contraignante des changes, note Bloomberg.
Ressentiments persistants
Ces crispations entre Chinois et Zimbabwéens ne sont pas nouvelles. En juillet 2025, les ressortissants et entrepreneurs chinois étaient déjà accusés par les autorités du pays africain de contourner l’impôt en privilégiant les paiements en liquide, rapportait à l’époque The East African.
“À compter de maintenant, nous vous demandons de déposer votre argent à la banque”, avait déclaré Tafadzwa Muguti, haut fonctionnaire du cabinet du président, Emmerson Mnangagwa. Des déclarations “rares” de la part de Harare, juge le quotidien kényan, dans un contexte d’augmentation des investissements chinois au Zimbabwe, qui ont atteint en 2024 “2,75 milliards de dollars [2,34 milliards d’euros], contre […] 52,28 millions de dollars [44,6 millions d’euros] l’année précédente”.
Ces tensions viennent s’ajouter à un climat de défiance “entre la population locale et les ressortissants chinois en raison de violations généralisées présumées des droits des travailleurs et de conflits fonciers, notamment dans les zones minières”, souligne encore le titre est-africain.
En mars, Pékin a même exhorté les entreprises chinoises opérant au Zimbabwe à se conformer aux lois locales, après que Harare avait brusquement interrompu les exportations de minéraux bruts et de concentrés de lithium en évoquant des malversations et des détournements, rappelle Semafor.
Source : www.courrierinternational.com
Conclusion : La rédaction suivra cette actualité pour vous fournir un point de vue complet.

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