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Notre équipe met en lumière les éléments clés de « 1648, la paix des États : épisode du podcast Paix, anatomie d’une promesse ».
Points clés à connaître
« La ville entière jubilait déjà, et le peuple manifesta sa joie à la vue des anciens ennemis jurés captivés par leurs divertissements. Chacun fut renforcé dans la conviction que cette fois, on allait finir par en venir vraiment à la paix. » Ottavio Piccolomini, lettre à l’empereur Ferdinand III, le 9 octobre 1649. Cette liesse populaire à Nuremberg salue la fin de la guerre de Trente Ans, un conflit dévastateur qui a épuisé l’Europe au 17e siècle.
Mais les traités de Westphalie marquent surtout une rupture géopolitique majeure : la naissance de l’État moderne souverain. Suite de notre conversation avec le politiste Bertrand Badie, pour analyser comment cette date fondatrice a transformé la paix en un principe d’équilibre de puissances, une vision qui structure encore nos relations internationales.
Le système westphalien : la souveraineté comme gage de paix
En 1648, la paix n’est plus un idéal religieux ou impérial, mais une nécessité sécuritaire. Influencé par les écrits de Thomas Hobbes, le système international adopte une nouvelle grammaire : pour échapper à l’insécurité où « l’homme est un loup pour l’homme » , les individus cèdent leur liberté à un souverain protecteur. C’est la naissance de l’État moderne, qui affirme sa puissance sur la scène mondiale. Dans ce nouveau cadre, la paix perd sa définition positive pour devenir un simple entre-deux-guerres, une pause nécessaire où les États se regardent en chiens de faïence tout en respectant scrupuleusement le principe de souveraineté et de frontières.
L’équilibre des puissances : une paix précaire
Dès lors, la règle du jeu change. Puisque chaque État est souverain, la guerre devient un outil fonctionnel pour régler les différends : on se bat pour redessiner les cartes, et les traités de paix servent à valider un nouvel équilibre entre vainqueurs et vaincus. C’est une paix compétitive et fragile, car elle repose sur la puissance, puisque par nature belliqueuse. Ce système, bien que critiqué par des penseurs comme l’abbé de Saint-Pierre pour sa précarité, va régir l’Europe jusqu’à l’effondrement de l’ordre napoléonien.
1815, l’Europe du Congrès de Vienne : vers une paix systémique
Le tournant suivant s’opère au Congrès de Vienne, en 1815. Après avoir manqué de perdre leurs trônes face à la France impériale de Napoléon, les monarques européens ne se contentent plus d’un simple équilibre de puissance. Ils inventent la solidarité internationale. Pour la première fois, la paix devient systémique : c’est l’émergence, en géopolitique, du « concert européen », une forme d’assurance collective via des conférences et des conseils pour maintenir l’ordre établi et endiguer toute velléité expansionniste. Ce passage d’une paix relationnelle à une paix organisée préfigure les grands instruments multilatéraux que nous connaissons aujourd’hui.
Source : www.radiofrance.fr
Conclusion : Notre rédaction reste attentive à l'évolution de cette actualité.

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