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10 avril 2026
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10 avril 2026Analyse : Cette nouvelle a été étudiée par nos journalistes pour une synthèse rapide.
Notre équipe analyse l'article « 1990, l’illusion d’une paix mondiale : épisode du podcast Paix, anatomie d’une promesse » pour en tirer les points essentiels.
À savoir
« À la faveur d’un blitzkrieg, l’Irak occupe maintenant le Koweït. […] Cet acte d’agression inqualifiable et brutal ne trouve aucune justification. Un régime fantoche, imposé de l’extérieur, est inacceptable. L’acquisition de territoire par la force est inacceptable. Nul, ami ou ennemi, ne doit douter de notre aspiration à la paix, et nul ne devrait sous-estimer notre détermination à combattre l’agression. » George H. Bush, discours prononcé le 8 août 1990 depuis la Maison Blanche.
1990-1995 : le bref âge d’or de l’ordre américain
Pour le spécialiste des relations internationales Bertrand Badie, la guerre du Golfe n’est pas tant l’entrée dans un monde nouveau qu’elle n’est « le observation d’aboutissement de la chute du mur de Berlin ». Ce qui rend possible la résolution du Conseil de sécurité du 2 août 1990 autorisant le recours à la force pour libérer le Koweït, c’est un « alignement des planètes » exceptionnel : une URSS agonisante dirigée par Gorbatchev, qui a déjà signifié à Washington que « l’URSS ne cherche plus la compétition avec l’Occident », et une Chine désireuse de faire oublier Tiananmen. Ce consensus inédit des puissances détentrices du droit de veto au Conseil de sécurité permet l’opération « Tempête du désert », dont Bertrand Badie estime qu’elle est « pratiquement la seule opération de paix des Nations Unies réussie ».
Cette période d’« unipolarité » autour de la puissance américaine – la Pax Americana – tient, selon lui, jusqu’aux bombardements de l’OTAN sur les positions serbes en Bosnie en 1995, qui provoquent une réponse du « pouvoir russe de Boris Eltsine, pourtant très accommodant à l’époque » et révèlent les limites du système. « On a cru qu’on était dans un système unipolaire, et après on s’est aperçu qu’on sautait dans un système apolaire », résume Bertrand Badie.
La mondialisation, fausse promesse de paix perpétuelle
Les années 1990 voient émerger une nouvelle thèse : l’interdépendance économique rendrait la guerre obsolète. Pour Bertrand Badie, les concepts de « fin de l’histoire » (Francis Fukuyama ), de « mondialisation heureuse » (Alain Minc ) ou de « ruissellement » reposent sur une confusion fondamentale. La mondialisation néolibérale, inspirée de Milton Friedman et de l’école de Chicago , aurait selon lui « beaucoup plus profité aux émergents et à la Chine en particulier qu’aux États-Unis », engendrant l’appauvrissement relatif des classes moyennes américaines et, en retour, la « rétraction nationaliste, souverainiste et suprémaciste » incarnée aujourd’hui par le trumpisme.
Mais l’échec de cette globalisation de l’économie ne signifie pas la fin de la mondialisation elle-même. Bertrand Badie retient « la révolution des communications, l’abolition du temps et de l’espace et la victoire d’une interdépendance qui allait bien au-delà des règles du marché capitaliste international ». Dans ce monde-là, « le faible continue à dépendre du fort, mais de plus en plus, le fort dépend du faible ». Paradoxalement, cette interdépendance ressuscite aussi des appétits : l’accès aux ressources naturelles, rendu indispensable par la production mondialisée, devient un puissant moteur de conflictualité.
Vers une nouvelle grammaire de la paix
La géopolitique classique, fondée sur la souveraineté des États et les rapports de puissance, est selon Bertrand Badie un cadre d’analyse dépassé : « La paix ne dépend plus de la géopolitique. Et ceux qui croient cela sont gravement illusionnés ». Le monde est désormais gouverné par une forme inédite de conflictualité : non plus la guerre mondiale, mais « la guerre mondialisée », celle à laquelle tout le monde ne participe pas nécessairement, « mais dans laquelle tout le monde est touché, tout le monde est impacté ».
La nouvelle grammaire de la paix passe par le « multilatéralisme ». « Si la guerre est un phénomène systémique, la paix ne peut être que systémique et la solution ne peut être que systémique », conclut-il, appelant à la « régulation » et, surtout, à « une acceptation de l’altérité ». Si un seul mot devait incarner la paix aujourd’hui, ce serait, selon Bertrand Badie, « la reconnaissance de l’autre ».
Source : www.radiofrance.fr
Conclusion : Les faits continueront d’être analysés pour informer nos lecteurs.

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