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10 avril 2026Fidèle des Gardiens de la révolution, ex‑maire de Téhéran… Qui est Mohammad Bagher Ghalibaf, nouvel homme fort iranien attendu aux pourparlers avec les États‑Unis?
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Un résumé rapide de « Fidèle des Gardiens de la révolution, ex‑maire de Téhéran… Qui est Mohammad Bagher Ghalibaf, nouvel homme fort iranien attendu aux pourparlers avec les États‑Unis? » selon notre rédaction.
Points essentiels de l’article
Pur produit de la République islamique, le président du Parlement iranien Mohammad Bagher Ghalibaf devrait participer aux pourparlers, incertains, prévus à Islamabad avec les États-Unis à partir de ce samedi 11 avril. Cet homme au passé militaire et politique est devenu l’un des hommes les plus puissants du régime iranien.
La tension est palpable à Islamabad ce vendredi 10 avril. La capitale pakistanaise doit accueillir les pourparlers, censés débuter ce samedi, entre l’Iran et les États-Unis qui ont conclu une trêve de deux semaines, fragile, après quarante jours de guerre et plus de 3.000 morts dans la région. Mais l’incertitude sur la tenue de ces pourparlers est totale.
L’Iran conditionne sa venue à l’application du cessez-le-feu au Liban, frappé par Israël en lutte contre le mouvement pro-iranien Hezbollah. Mercredi, les frappes israéliennes, les plus meurtrières depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, ont fait plus de 300 morts au Liban.
Donald Trump, de son côté, accuse Téhéran de ne pas respecter l’accord sur le détroit d’Ormuz, le trafic restant grippé dans cette voie maritime stratégique pour le commerce mondial alors que son déblocage par les Gardiens de la révolution était une condition du cessez-le-feu.
Islamabad, ville devenue fantôme placée sous haute sécurité, attend ainsi l’arrivée des deux délégations qui seront chargées de transformer le précaire cessez-le-feu en paix durable. Côté américain, est attendu le vice-président JD Vance, épaulé par l’émissaire spécial Steve Witkoff et le gendre de Donald Trump, Jared Kushner. Le vice-président américain s’est envolé ce vendredi après-midi, heure de Paris, vers le Pakistan.
La délégation iranienne qui va participer aux entretiens bilatéraux, au plus haut niveau depuis l’accord nucléaire de 2015 avec Téhéran, n’a quant à elle pas été annoncée officiellement. Mais des médias et le think tank américain Soufan Center évoquent la présence du ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi et du président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf.
Ce dernier a réitéré ce vendredi sur X les conditions iraniennes à toute négociation. « Deux des mesures convenues mutuellement entre les parties n’ont pas encore été mises en œuvre: un cessez-le-feu au Liban et la libération des avoirs bloqués de l’Iran avant le début des négociations », a-t-il écrit. « Ces deux questions doivent être réalisées avant que les négociations ne commencent ».
Un fidèle des Gardiens de la révolution
Cet homme de 64 est perçu comme le nouvel homme fort de l’Iran. « Il y a seulement une personne qui se situe plus haut que lui dans la hiérarchie, c’est Mohammad Bagher Zolghadr qui dirige le Conseil suprême de sécurité nationale« , estime Azadeh Kian, spécialiste franco-iranienne de l’Iran et professeure de sociologie politique à l’université Paris-Cité, contactée par BFM. Un poste qui lui a été confié, le 24 mars, après la mort de son prédécesseur Ali Larijani, pilier de la République islamique tué dans une frappe israélienne.
Le pouvoir de Mohammad Bagher Ghalibaf, pilier de l’establishment depuis près de trois décennies, s’est renforcé pendant cette guerre contre Israël et les États-Unis, les frappes israélo-américaines ayant tué de très nombreux hauts dirigeants, à commencer par le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei.
Le président du Parlement iranien depuis 2020 est un pur produit de la République islamique. « Il a un parcours intimement lié à l’histoire de la République islamique », précise à nos confrères du Point, David Rigoulet-Roze, chercheur à l’institut français d’analyse stratégique et chercheur associé à l’EISMENA, spécialisé sur la région du Moyen-Orient.
Né en 1961, il a rejoint dès l’adolescence, peu après la Révolution islamique de 1979, le corps des Gardiens de la révolution, l’armée idéologique du régime. « Il était tout jeune lorsqu’il a participé à la guerre Iran-Irak », nous apprend Azadeh Kian. Pilote reconnu, il a notamment dirigé le bataillon qui a libéré, en 1982, Khorramshahr occupé par l’armée irakienne dans le sud-ouest de l’Iran. « De là, il s’est fait une renommée », avance la spécialiste.
Mohammad Bagher Ghalibaf a rapidement grimpé dans la hiérarchie militaire et est devenu général des pasdarans. Entre 1997 et 2000, il prend la tête de la Force aérospatiale des Gardiens de la révolution. Dans le même temps, à la fin des années 1990, il est placé à la tête de la police.
La répression est son maître-mot: il a participé à la répression des manifestations étudiantes réformatrices de 1999, et a orchestré celle des manifestations étudiantes de 2003. Il a également occupé un poste important au sein des forces de sécurité lors des vastes manifestations qui ont suivi l’élection contestée de 2009.
« Il existe des photos de moi à l’arrière d’une moto… en train de frapper (les manifestants, NDLR) avec des bâtons en bois… Je faisais partie de ceux qui les frappaient dans la rue et j’en suis fier », a lancé l’actuel président du parlement iranien dans un enregistrement audio datant de 2013, au sujet des manifestations survenues quelques années plus tôt, comme le rappelle CNN.
En tant que président du Parlement iranien, « il a bien évidemment participé » à la répression sanglante des manifestations de janvier dernier qui a fait entre 3.400 et 25.000 morts selon les décomptes de plusieurs ONG, relève l’experte Azadeh Kian. « Non pas physiquement, mais c’est l’ensemble du régime qui est responsable de ces massacres », affirme-t-elle.
De candidat malheureux à la présidentielle à maire de Téhéran
Tout en continuant à servir les Gardiens de la révolution, Mohammad Bagher Ghalibaf s’est lancé dans la politique au début des années 2000. Il s’est présenté trois fois à l’élection présidentielle: en 2005, en 2013 et en 2024. Sans succès. En 2017, il s’est également retiré en faveur d’Ebrahim Raïssi.
S’il n’est pas parvenu à être élu président, il a toutefois réussi à se hisser à la tête de la très convoitée capitale iranienne, Téhéran, en 2005. Il s’est tissé pendant douze ans une réputation de gestionnaire efficace. Il a modernisé les infrastructures de la capitale, comme l’extension du métro, il a créé des logements et des espaces verts. Son poste convoité d’édile lui a permis de se faire connaître sur la scène internationale. Il a notamment participé en 2008 au forum de Davos.
Des accusations de corruption – à l’image de celles qui pèsent sur l’ensemble du régime – ont toutefois entaché son mandat. Il lui a également été reproché d’être déconnecté des réalités de la population, avec des achats immobiliers dispendieux ou des dépenses faramineuses lors de voyages familiaux. Cela ne l’a pas empêché en 2020 d’être élu président du Parlement iranien, en plaidant pour des réformes économiques et un renforcement du contrôle parlementaire tout en restant aligné sur les principes centraux de la République islamique.
« Il a un profil à la fois militaire et civil », résume Azadeh Kian. « Il se dit à la fois conservateur et réformateur ».
« Archétype de l’ancien militaire autoritaire et politique »
Mohammad Bagher Ghalibaf est vu comme un dirigeant à la poigne de fer, aux déclarations bellicistes, mais qui est pragmatique. Il est plus intéressé par le pouvoir que par l’idéologie malgré sa loyauté sans faille à la République islamique. Il est « une figure rare dont le portefeuille chevauche les fonctions militaires, sécuritaires et politiques du régime », constate auprès de l’AFP, Arash Azizi, enseignant à l’université de Yale.
« Ghalibaf correspond parfaitement à l’archétype de l’ancien militaire autoritaire et politique. (…) En matière de politique étrangère, il prône généralement un Iran fort », assure de son côté le commentateur iranien Alireza Talakoubnejad dans les colonnes de L’Orient-Le jour.
À Islamabad, si les négociations indirectes sous l’égide du Pakistan se déroulent comme prévu, Mohammad Bagher Ghalibaf incarnera face aux Américains l’autorité rigide et sécuritaire de l’Iran. Quand la diplomatie iranienne sera représentée par le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi. Ce dernier a participé aux négociations de 2015 sur le nucléaire iranien et a également représenté l’Iran lors des discussions avec les États-Unis en février dernier sous médiation omanaise avant que la guerre n’interrompe le processus.
« Il connaît très bien les dossiers de la négociation. Je pense que c’est lui qui va être utile à Ghalibaf. Ghalibaf est là comme un représentant de l’ensemble des institutions mais ce n’est pas un diplomate », rappelle la spécialiste de l’Iran, Azadeh Kian. « Je pense qu’à deux, ils vont pouvoir négocier. »
Source : www.bfmtv.com
Conclusion : Un suivi attentif permettra de compléter notre point de vue.

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