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10 avril 2026Analyse : Quelques observations de notre équipe pour mieux comprendre les enjeux.
Notre équipe analyse l'article « Le 1er mai, ce totem que rêvent de faire tomber le bloc central et la droite » pour en tirer les points essentiels.
À retenir absolument
LAURE BOYER / Hans Lucas via AFP
Une manifestation du 1er mai 2024 à Paris.
Le 1er mai, ses cortèges syndicaux, sa vente de muguets… et bientôt ses huit heures de boulot ? Cette journée historiquement fériée et chômée, symbole de la défense des droits des travailleurs, est dans le viseur des macronistes qui, aidés par la droite, veulent en faire sauter le verrou à l’occasion de leur niche parlementaire ce vendredi 10 avril à l’Assemblée nationale.
Déjà voté l’an dernier au Sénat, le texte prévoit de faciliter le travail des salariés dans certains commerces, et de permettre par exemple à des boulangers ou des fleuristes de faire travailler leurs employés ce jour-là. Cette proposition de loi, qui repose sur le volontariat, modifie donc en profondeur le Code du travail puisque jusque-là, de rares secteurs étaient autorisés à faire travailler les employés, tels que ceux des transports, de la santé ou de l’hôtellerie.
« On nous parle du petit boulanger du coin et du fleuriste, mais ils peuvent déjà ouvrir le 1er mai. En réalité, cette loi est faite pour profiter aux grandes enseignes : Interflora, Carrefour, la Fnac, Marie Blachère », fulmine la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux. Le syndicat a adressé un courrier à l’ensemble des députés il y a quelques jours, leur demandant de « s’opposer à toute tentative de remise en cause du 1er mai ». Selon eux, flexibiliser le travail ce jour-là se ferait « aux dépens des salariés mais aussi des petits commerces indépendants de proximité » qui devraient « subir la concurrence des grandes entreprises ».
Il faut dire que le 1er mai est hautement symbolique, et même unique dans le calendrier français. Toucher à cette journée, c’est réveiller de vieilles querelles et s’en prendre à un totem pour la gauche. Les origines du 1er mai sont diffuses. Certains mettent en avant l’année 1886, au cours de laquelle une grève massive avait éclaté à Chicago, devant les usines Mac Cormick, pour défendre la journée de travail de huit heures. D’autres se réfèrent à 1891, lorsqu’une manifestation à Fourmies (Nord) avait tourné au drame, puisque l’armée avait tiré sur les ouvriers et fait neuf morts.
La « bureaucratie » en cause ?
Sous couvert de « bon sens », la droite mène depuis longtemps une offensive contre ce jour-symbole. Elle est désormais rejointe par le « bloc central », unanimement favorable au texte. Dans une logique très macronienne, il s’agit d’apporter « une solution à ceux qui veulent bosser », résume le président du groupe Renaissance Gabriel Attal. Il n’a pas lésiné sur les moyens de convaincre largement du bien-fondé de sa proposition, puisque l’ancien Premier ministre a fait envoyer des milliers d’affichettes aux boulangers et aux fleuristes, sur laquelle on peut lire : « Laissez-nous ouvrir le 1er mai ». De ce point de vue, le débat est tronqué puisque les commerçants peuvent déjà ouvrir le 1er mai. Ce qu’ils n’ont pas le droit de faire, c’est recourir à de la main-d’œuvre salariée.
Le gouvernement soutient le texte, le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou estimant que l’interdiction de travailler le 1er mai constitue « un trou dans la raquette ». Mardi, à l’Assemblée, il a reconnu qu’il s’agit « d’un moment de concorde et de cohésion autour des travailleurs » (et « on partage cet attachement », a-t-il pris soin de préciser) mais le texte vise « simplement à sécuriser le cadre juridique ». Le député LR Jérôme Nury venait de pointer la responsabilité supposée de « la bureaucratie », illustrant « l’absurdité » de notre modèle économique et social.
« Le volontariat n’existe pas »
Selon les calculs du quotidien L’Humanité, 1,5 million de salariés seraient concernés. Loin des seuls petits fleuristes ou boulangers. « Le volontariat en entreprise n’existe pas, tranche La France insoumise dans un communiqué, le lien de subordination étant inhérent au contrat de travail ». À noter que de nombreuses exceptions à la loi ont commencé par du volontariat, avant de s’étendre petit à petit, voire de se généraliser. Comme l’ouverture des magasins le dimanche, permise par la loi Macron de 2015.
Un sondage OpinionWay pour La Tribune Dimanche montre que près de 74 % des Français seraient favorables au travail le 1er mai dans les commerces de proximité. « Comment s’en étonner ?, interroge la députée écologiste Clémentine Autain dans une note de blog. Dans un contexte très difficile, fait de hausse des prix et de salaires en berne, une majorité de salariés est évidemment prête à sacrifier un jour de repos pour mettre un peu de beurre dans les épinards ».
Sur le papier, le texte a toutes les chances de passer puisqu’il bénéficie d’une majorité allant de Renaissance au RN, passant par le MoDem, LR, Horizons et l’UDR. Encore faut-il que les députés aillent jusqu’au vote, ce qui n’est pas garanti vu le nombre important d’amendements déposés par la gauche. Le député LFI Thomas Portes le promet : « Nous pèserons de tout notre poids pour les empêcher de détruire le 1er mai ». Le débat sera vif.
Source : www.huffingtonpost.fr
Conclusion : Nous vous tiendrons au courant des prochaines évolutions importantes.

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