
Une Libanaise de 13 ans fuit des frappes israéliennes
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« Pas de bouleversement » sur le prix des vols court et moyen-courrier, assure l’Union des aéroports français – franceinfo
10 avril 2026Analyse : L’équipe éditoriale propose un résumé des informations principales.
Un regard éditorial sur « le cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran est-il déjà en péril? » pour mieux comprendre l'article.
Les faits essentiels
Le 7 avril 2026, un cessez-le-feu est conclu entre les États-Unis et l’Iran. Mais dès le lendemain, Israël a poursuivi ses frappes massives au Liban, faisant des centaines de victimes. En cause: le pays n’est pas inclus dans l’accord, selon Washington et Tel-Aviv.
Le 7 avril 2026, un cessez-le-feu a été conclu entre les États-Unis et l’Iran. Mais dès le lendemain, Israël a poursuivi ses bombardements massifs au Liban, notamment à Beyrouth, faisant des centaines de victimes. En cause: le Liban n’est pas inclus dans l’accord, selon Washington et Tel-Aviv, qui distinguent la guerre contre l’Iran de celle menée contre le Hezbollah.
Dans ce contexte, l’armée israélienne avait averti que le mouvement islamiste libanais, allié de Téhéran, pourrait étendre ses tirs au-delà du nord d’Israël « dans les prochaines heures ». Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a, lui, affirmé qu’Israël frapperait le Hezbollah « partout où il le faudra », revendiquant des frappes menées « avec force, précision et détermination ».
Alors que les bombardements ont déjà fait plus de 200 morts selon les autorités libanaises, la situation fragilise la trêve: Téhéran dénonce une violation de son esprit, tandis que plusieurs acteurs internationaux alertent sur le risque d’une reprise des hostilités. Le cessez-le-feu est-il déjà en sursis? Pour en parler, le nouvel épisode du Titre à la Une reçoit Didier Idjadi, sociologue franco-iranien, réfugié politique iranien et auteur de Iran, Islamisme, Laïcité: Histoire d’un affrontement aux éditions Héliade.
Israël a mené sa plus grande vague de frappes coordonnées sur le Liban juste après l’annonce du cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran. Ce n’est pas une coïncidence. Pourquoi Israël a-t-il choisi ce moment précis?
Israël a choisi ce moment parce qu’il y avait une convergence avec les objectifs américains. Les Américains ont demandé que le régime iranien arrête tout enrichissement de l’uranium, ainsi que la révision totale de sa politique de missiles orientée vers Israël. Ils ont également demandé de rendre les 450kg d’uranium enrichi à l’Agence internationale, et exigé la fin du soutien du régime iranien aux organisations islamistes de la région, telles que le Hezbollah, le Hamas etc.
En même temps, les Israéliens affirment que depuis 47 ans, le régime iranien menace l’existence même d’Israël. Dans sa propagande, le régime a toujours souhaité la destruction de l’État d’Israël, qualifié de « cancer ». La mise en place de ces organisations « proxys » avait pour objectif cette destruction. Il y avait donc une convergence entre les intérêts américains et israéliens. Suite à des échanges entre le Premier ministre israélien, le président américain et leurs équipes, les Américains ont accepté qu’il y ait une frappe simultanée aux frappes israéliennes.
Même si des divergences existaient au sein de l’équipe américaine, le Premier ministre israélien était convaincu qu’il fallait agir. À cela s’ajoute la lutte du peuple iranien contre le régime islamiste. Les 8 et 9 janvier, de grandes manifestations ont eu lieu dans tout l’Iran. Les Iraniens scandaient « À bas la République islamique » et voulaient en finir avec le régime religieux. Le monde entier a constaté que le régime a massacré environ 40.000 personnes pour étouffer ce mouvement. Les intérêts convergeaient: le souhait profond du peuple iranien contre le régime, les intérêts américains et les intérêts israéliens ont conduit à la décision de frapper le régime iranien.
Autrement dit, le président américain et le Premier ministre israélien se sont coordonnés et Donald Trump savait qu’Israël allait frapper massivement le Liban?
Absolument. C’était un plan concerté avec une division du travail. Le côté sud de l’Iran, vers le golfe Persique, avec les navires et les bases américaines, était le domaine d’intervention des Américains. Le côté ouest et le centre, vers la capitale, était celui des Israéliens. Les deux États étaient d’accord pour frapper le régime islamique.
De son côté, le régime voulait cette guerre pour sa propagande. Quant à une bonne partie de la société iranienne, ayant subi l’atrocité du régime, elle soutenait des frappes contre les centres de décision, militaires et de répression. Le peuple iranien n’a pas d’armes, mais une partie importante souhaitait que les frappes affaiblissent le régime pour qu’il puisse, par sa lutte, mettre fin à ce pouvoir.
Pour en revenir aux frappes israéliennes sur le Liban, l’armée israélienne pourrait-elle poursuivre ces frappes?
Tout à fait. Ce n’est pas la première fois qu’elle entre en guerre contre le Hezbollah au Liban. La situation des Libanais est tragique, mais il faut en regarder la racine: l’existence du Hezbollah, créé par le régime iranien et utilisé comme levier contre Israël. Le Hezbollah utilisait ses armes pour lancer des roquettes contre le territoire israélien.
Par conséquent, alors qu’Israël était en guerre contre le régime iranien, le Hezbollah a choisi de rester aux côtés de l’Iran par solidarité et a annoncé qu’il attaquerait les Israéliens. Israël a riposté en frappant les bases et les lieux d’activité du Hezbollah. Après avoir tué Hassan Nasrallah il y a quelques mois, l’État d’Israël veut en finir une fois pour toutes avec cette organisation. Malgré l’accord de négociation annoncé entre les Iraniens et les Américains, Israël a précisé qu’il respecterait le cessez-le-feu avec le régime iranien, mais que le Liban n’en faisait pas partie. Israël continue donc de bombarder et de viser les dirigeants du Hezbollah.
Donald Trump et Benjamin Netanyahu étaient donc d’accord pour que le Liban ne fasse pas partie de la trêve?
Chacun donne sa propre définition. Le régime iranien affirme vouloir un cessez-le-feu à condition d’arrêter toutes les guerres en cours dans la région. Les Israéliens et les Américains ont une autre lecture. On ignore les détails abordés par les négociateurs pour la rencontre au Pakistan, mais il existe déjà une contradiction entre les deux interprétations de cet accord.
Les négociations qui commencent ce vendredi 10 avril au Pakistan sont-elles déjà compromises?
Oui, bien évidemment. La première cause est la nature même du régime iranien. Il n’est jamais favorable à une négociation qui le priverait de ses capacités nucléaires ou de ses missiles. Pour lui, la négociation est un moyen de gagner du temps. En 2015, lors de l’accord nucléaire, le régime continuait de construire des missiles et des sites nucléaires souterrains dont les Occidentaux n’avaient aucune information.
Aujourd’hui, cette politique de manipulation laisse penser que l’accord ne sera pas respecté. De plus, les bombardements du régime contre les pays arabes du golfe Persique se poursuivent. Au sein même du régime, les responsables tiennent des propos contradictoires sur la nécessité de ne pas céder devant les Américains.
L’issue des négociations est incertaine, d’autant qu’il y a des divergences sur la composition de la délégation iranienne. Le nom de Ghalibaf, président de l’Assemblée islamique, a été avancé, mais certains groupes le contestent. Le commandant des Gardiens de la Révolution a aussi été cité. Pour le moment, on ne connaît pas la décision finale, ni même si la délégation s’y rendra véritablement.
Dans quelle mesure les frappes israéliennes sur le Liban pourraient-elles mettre en péril la trêve entre les États-Unis et l’Iran?
Israël a toujours gardé son autonomie vis-à-vis du Hezbollah. Je ne pense pas que les Américains contestent la poursuite des bombardements israéliens contre le Hezbollah. En revanche, pour le régime iranien, c’est un prétexte pour renoncer aux négociations en arguant que ces frappes contredisent l’accord initial.
De leur côté, les Américains cherchent peut-être une pause pour se réorganiser, mais ils font face à des contraintes et des divergences internes au sein de l’opinion et des élus. Pour l’instant, ils maintiennent l’ensemble de leurs troupes mobilisées. Je ne vois pas de contestation américaine concernant la guerre d’Israël contre le Hezbollah au Liban.
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Source : www.bfmtv.com
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