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10 avril 2026Les cartes du Sahel, des traces éphémères : épisode du podcast Nouveaux récits sur l’Afrique
Analyse : Notre équipe partage son regard général sur cette actualité.
Voici les éléments principaux de « Les cartes du Sahel, des traces éphémères : épisode du podcast Nouveaux récits sur l’Afrique » pour nos lecteurs.
Résumé des éléments principaux
Ces cartes n’ont pas disparu, elles n’ont pas été volées : elles n’ont jamais été faites pour être conservées.
Dans leur récit de voyage, les explorateurs européens décrivent régulièrement la même scène : dans les régions du Sahara et du Sahel, leurs interlocuteurs leur dessinent souvent dans le sable des itinéraires, un aspect pour chaque étape d’un trajet, sculptant les reliefs et traçant les fleuves du bout du doigt. C’est une pratique largement répandue, ordinaire.
Pourquoi une pratique si répandue a laissé si peu de traces dans les pays explorés
Pourtant, dans les nombreux manuscrits et ouvrages savants produits par les lettrés de ces régions, aujourd’hui conservés dans les archives des pays du Sahel, il n’y a aucune trace de ces cartes. Les seules qui ont survécu sont en Europe. Elles ont parfois été dessinées à la demande des explorateurs qui souhaitent ramener de leur voyage une version papier de ces cartes dessinées dans le sable.
L’histoire de James Richardson, activiste antiesclavagiste, éclaire en partie cette absence de trace papier dans les archives des pays de ces régions d’Afrique. En 1850, il explore le Sahara. Il remarque que ses interlocuteurs, après lui avoir dessiné un itinéraire dans le sable, s’empressent d’effacer leurs traces et lui expliquent pourquoi : ce qui est tracé dans le sable doit rester éphémère. Il faut toujours l’effacer. Pourquoi ?
Deux visions de la cartographie
Parce qu’en Europe, l’itinéraire est le chemin à suivre pour se rendre d’un lieu à un autre. Une carte a pour objectif de transmettre les informations qui permettent de voyager le plus rapidement possible sur un trajet donné.
Mais dans le Sahel, la logique est tout autre. En milieu aride ou semi-aride et dans un contexte politique troublé par une série de conflits armés, les paysages changent constamment. L’absence de pluie, leur abondance soudaine, une zone devenue dangereuse ou un puits tari et la route change. Avant de partir ou à chaque étape, marchands et voyageurs questionnent ceux qui reviennent. Pour bien voyager, il ne faut pas une carte mais savoir converser et obtenir des informations actualisées.
Là où la cartographie européenne cherche à représenter une nature figée vue du ciel. Dans le Sahel, par ces dessins dans le sable, on partage une expérience vécue, pour préparer celui qui part à savoir comment se déplacer dans un paysage constamment modifié.
Et on ne conserve pas ces dessins parce que chaque voyage est différent.
Source : www.radiofrance.fr
Conclusion : L'équipe continuera de fournir des mises à jour régulières.

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