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10 avril 2026Analyse : Notre équipe vous propose un aperçu synthétique de cette information.
Notre rédaction analyse les faits saillants de « pourquoi les négociations entre les Etats-Unis et l’Iran ont lieu au Pakistan ? ».
Éléments essentiels
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif (à gauche), le chef de l’armée Asim Munir (à droite) et le président américain Donald Trump (au centre) à la Maison-Blanche, à Washington, aux Etats-Unis, le 26 septembre 2025. HANDOUT / AFP
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Après avoir convenu d’un cessez-le-feu temporaire, Washington et Téhéran doivent entamer ce vendredi 9 avril au Pakistan des pourparlers visant à parvenir à un accord sur le long terme. La Maison-Blanche a indiqué que le vice-président J.D. Vance conduirait des négociations à Islamabad « ce week-end ». L’Iran sera représenté par le président du parlement Mohammad Baqer Qalibaf. Mais pourquoi les négociations auront-elles lieu au Pakistan ?
« Le Pakistan a de solides atouts, étant le seul pays de la région à entretenir de bonnes relations à la fois avec les Etats-Unis et l’Iran », analyse l’ancien ambassadeur du pays à Téhéran, Asif Durrani. Contrairement à plusieurs pays du Golfe, le pays n’abrite aucune base militaire américaine et n’a pas été la cible de missiles et de drones iraniens.
Par ailleurs, ajoute l’ex-ambassadeur, le Pakistan pourrait aider les deux parties à régler les différends en suspens, à « peaufiner le langage en cas d’impasse », ou même servir d’intermédiaires si les deux parties refusaient de se rencontrer en face-à-face.
En parvenant à obtenir un premier cessez-le-feu, Islamabad s’est de plus révélée être un intermédiaire clé. « Le Pakistan a obtenu l’un de ses plus grands succès diplomatiques depuis des années, a commenté sur X Michael Kugelman, spécialiste de l’Asie du Sud. Il a également fait mentir de nombreux sceptiques et détracteurs qui ne pensaient pas qu’il ait la capacité de mener à bien une entreprise aussi complexe et risquée. »
• Une longue histoire avec l’Iran, et des intérêts communs
Le Pakistan partage avec l’Iran 900 kilomètres de frontière, de quoi tisser des liens historiques, culturels et religieux profonds. Téhéran a été le premier à reconnaître le Pakistan après son indépendance en 1947. Islamabad a rendu la pareille à la République islamique après la révolution de 1979.
Leur coopération a inclu la lutte contre Moscou pendant l’occupation soviétique de l’Afghanistan. Les deux pays sont aussi préoccupés par les activités de groupes armés transfrontaliers dans la région du Baloutchistan.
La diplomatie pakistanaise représente aussi les intérêts diplomatiques iraniens à Washington, où Téhéran ne dispose pas d’ambassade. Le Pakistan abrite enfin la deuxième plus grande population musulmane chiite au monde – une branche de l’Islam – après son voisin.
• La bonne entente avec Trump
Le puissant chef de l’armée pakistanaise, le maréchal Asim Munir, a noué une relation personnelle avec le président américain Donald Trump – qui en parle comme de son « maréchal préféré ». Le général s’était rendu à Washington avec le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif l’an dernier, après les hostilités avec l’Inde. Le Premier ministre avait alors salué l’intervention « audacieuse et visionnaire » du président américain, tandis que Munir défendait les ambitions de ce dernier pour le prix Nobel de la paix, pour avoir empêché une escalade entre deux voisins dotés de l’arme nucléaire. Le Pakistan connaît l’Iran « mieux que la plupart », a estimé Donald Trump en juin dernier.
Leurs relations personnelles ont longtemps contribué à renforcer des liens bilatéraux façonnés par des intérêts stratégiques mouvants. « C’est un retournement de situation spectaculaire pour un pays que Donald Trump avait jadis qualifié de pays de “mensonges et de tromperies” et que l’administration Biden avait boudé », note le « New York Times ».
Même en tant qu’allié majeur non-membre de l’Otan dans la « guerre contre le terrorisme », le Pakistan a été accusé par les Etats-Unis d’abriter des djihadistes responsables d’attaques contre les troupes de la coalition en Afghanistan voisin. Les relations se sont encore tendues lorsque les troupes américaines ont tué le chef d’Al-Qaida Oussama ben Laden sur le sol pakistanais en 2011, sans en informer Islamabad. Le Pakistan a été accusé de complicité dans l’hébergement du fugitif, concepteur des attentats du 11 septembre 2001.
• Des liens décisifs avec les Saoudiens et les Chinois
Le Pakistan et l’Arabie saoudite ont signé en 2025 un accord stratégique de défense mutuelle, qui a consolidé des liens de longue date mais restreint aussi la marge de manœuvre d’Islamabad dans son soutien à Téhéran. Le gouvernement Sharif a ménagé Riyad, où le Premier ministre s’est récemment rendu pour des entretiens avec le prince héritier Mohammed ben Salmane.
Le Pakistan entretient également des liens étroits avec Pékin, qui, a indiqué Donald Trump à l’AFP, a contribué à convaincre l’Iran de venir à la table des négociations. Le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Ishaq Dar, a accueilli le mois dernier une réunion avec ses homologues d’Arabie saoudite, de Turquie et d’Egypte pour discuter de la désescalade du conflit, puis s’est envolé pour Pékin pour de nouveaux pourparlers.
La Chine, qui est le premier partenaire commercial de l’Iran, s’est ensuite jointe à son allié de longue date en Asie du Sud pour appeler à un plan visant à mettre fin aux combats qui embrasent le Moyen-Orient, déclarant qu’elle soutenait « le rôle unique et important du Pakistan dans l’apaisement de la situation ».
• Un rôle de médiateur
La neutralité est importante sur le plan économique pour le Pakistan, qui dépend des importations d’hydrocarbures transitant par le détroit d’Ormuz. La poursuite des perturbations aurait aggravé l’approvisionnement en carburant, fait grimper les prix et contraint le gouvernement à court d’argent à imposer de nouvelles mesures d’austérité.
Si la guerre venait à une fin durable, cela renforcerait non seulement la stabilité régionale, mais aussi la stature internationale du Pakistan, à un moment où il est engagé dans un conflit armé avec l’Afghanistan voisin et moins d’un an après avoir échangé des frappes avec son grand rival, l’Inde.
Source : www.nouvelobs.com
Conclusion : Cette information sera mise à jour dès que de nouveaux éléments apparaîtront.

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