
mais à quoi joue donc Melania Trump ?
10 avril 2026Reuters.com
10 avril 2026Un péage au détroit d’Ormuz « serait une violation historique du droit international » explique un spécialiste – franceinfo
Analyse : Nous mettons en lumière certains aspects de cette actualité.
Selon notre équipe, l'article intitulé « Un péage au détroit d’Ormuz « serait une violation historique du droit international » explique un spécialiste – franceinfo » mérite un regard attentif.
Points clés à connaître
La question du péage dans le détroit d’Ormuz sera au centre des négociations irano-américaines qui s’ouvrent le 11 avril au Pakistan. L’Iran veut en officialiser le principe, mais selon Sylvain Domergue, docteur agrégé en géographie et enseignant à Sciences Po Bordeaux, « le droit international n’est pas mort » et la liberté de navigation a de beaux jours devant elle.
Publié
Temps de lecture : 4min
Les négociations entre Américains et Iraniens doivent débuter ce samedi 11 avril 2026 à Islamabad, au Pakistan. Plusieurs points de crispation sont à prévoir, dont celui du maintien par Téhéran des droits de passage par le détroit d’Ormuz, pourtant officiellement rouvert depuis le 7 avril. Après avoir semblé être tenté par cette idée de péage, Donald Trump s’est ravisé ce vendredi 10 avril et demande à l’Iran d’y mettre fin. L’UE juge, quant à elle, cette pratique inacceptable, tandis que les pays du golfe Persique apparaissent divisés. Sylvain Domergue, docteur agrégé en géographie et enseignant à Sciences Po Bordeaux, se déclare lui « très sceptique à l’idée que ce péage soit mis en œuvre ».
Franceinfo : Est-ce qu’on sait si un péage est effectivement mis en place dans ce détroit d’Ormuz ?
Sylvain Domergue, docteur agrégé en géographie et enseignant à Sciences Po Bordeaux, auteur de Géopolitique des espaces maritimes, publié chez Armand Colin : C’est difficile à dire, même si on sait qu’au moins trois navires ces dernières semaines ont payé un péage à l’Iran, sous une forme d’extorsion. Les Iraniens voudraient institutionnaliser ce principe d’un péage. Si c’est le cas, ce serait une violation historique du droit international. Le principe de libre navigation dans les détroits et dans les mers, qui interdit toute forme de péage dans les détroits internationaux, date du XVIIe siècle. Il a ensuite été validé par un très grand nombre de traités internationaux aux XIXe et XXe siècles, puis par la Convention de Montego Bay [adoptée par l’ONU en 1994]. Et même si l’Iran et les États-Unis n’ont pas ratifié cette convention, ils sont contraints de la respecter puisque la quasi-totalité des États de la planète l’appliquent.
Est-ce qu’on a une idée du montant qui a pu être payé, notamment par le porte-conteneurs français de la CMA CGM qui est passé il y a une semaine ?
L’Iran parle de 1 à 2 millions de dollars par navire qui passerait, singulièrement les pétroliers. Par contre, il semblerait que plusieurs des navires qui sont passés n’aient pas payé. Soit des partenaires de l’Iran, soit la flotte fantôme iranienne, soit des Chinois, soit des Indiens avec qui l’Iran a des accords spécifiques. Mais on ne sait pas si la CMA CGM a payé. On peut imaginer une contrepartie politique en raison de la position relativement neutre de la France dans le conflit, une sorte de renvoi d’ascenseur. On entend un peu tout et n’importe quoi en termes de montants de ces péages. On parle de millions, de centaines de millions, de milliards… L’Iran fait exprès d’entretenir ce flou, d’envoyer des signaux divers, contradictoires et souvent maximalistes à l’opinion publique internationale. Dans le cadre des négociations au Pakistan, c’est une posture, un moyen de créer des tensions et de faire pression sur les négociateurs. Mais je serais très étonné qu’on arrive à officialiser une forme de péage.
On entend un peu tout et n’importe quoi en termes de montants de ces péages. On parle de millions, de centaines de millions, de milliards… L’Iran fait exprès d’entretenir ce flou.
Sylvain Domergue, docteur agrégé en géographie et enseignant à Sciences Po bordeauxfranceinfo
Donald Trump a dit le 9 avril 2026 que cette idée d’un péage n’est pas forcément mauvaise. Est-ce qu’il faut s’en inquiéter dans la perspective des négociations de paix qui doivent bientôt débuter ?
Aujourd’hui, il dit le contraire, mais on connaît le personnage, cela fait partie du package. À mon avis, c’est du bluff, une manière de dire aux Iraniens ‘vous voulez faire un péage, très bien, on va en prendre la moitié’. Autant vous dire que d’un détail de vue pratique, c’est irréalisable. C’est aussi certainement une manière de faire pression sur la Chine, qui est le principal bénéficiaire du trafic maritime dans le golfe Persique, pour qu’elle s’implique et pousse les Iraniens à abandonner cette idée. Mais le droit international n’est pas mort et n’est pas prêt de mourir. Il y a un principe de jurisprudence. Si vous appliquez un péage dans le détroit d’Ormuz, qu’est-ce qui empêche demain Singapour, le Danemark, la Russie, l’Espagne, même la France et l’Angleterre d’appliquer des frais de passage sur les détroits qui les concernent ? C’est la raison pour laquelle je suis très sceptique à l’idée que ce péage soit mis en œuvre, à cause de ce principe de rétorsion par jurisprudence.
Source : www.franceinfo.fr
Conclusion : Notre équipe continuera à fournir une analyse régulière.

9999999/2026/04/10/69d8ef5c7ab54758983695.jpg?w=1200&resize=1200,480&ssl=1)
/2024/09/09/philippe-ballard-66df2abc5cb9c768471489.jpg?w=960&resize=960,750&ssl=1)