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11 avril 2026Analyse : Cette nouvelle a été analysée par nos rédacteurs pour vous donner un aperçu.
Voici les éléments principaux de « De la préhistoire à Donald Trump : comprendre l’usage politique de l’âge de pierre » pour nos lecteurs.
Récapitulatif des informations
C’était une promesse la semaine dernière, un ultimatum, mardi encore, Donald Trump souhaitait renvoyer l’Iran à l’âge de Pierre. L’âge de Pierre, comme vous le savez sans doute, renvoie à la première, la plus longue période de la préhistoire qui regroupe le paléolithique, le mésolithique et le néolithique. C’est la naissance des outils de pierre bien sûr, mais c’est aussi l’apparition de l’agriculture et celle de l’écriture, bref, c’est le berceau de ce qui constitue aujourd’hui notre humanité.
Seulement voilà, on peut supposer que Donald Trump ne faisait pas référence à la préhistoire. L’expression « âge de Pierre » est un archétype de la déclaration guerrière, elle porte une signification qui dépasse la simple menace politique. L’idée de réduire en cendres ou de mettre à feu et à sang la ville ou le royaume ennemi est aussi ancienne que le récit de la guerre lui-même. Quand Homère raconte la prise de Troie, il raconte une ville brûlée et pillée, des sacrilèges commis jusqu’au sein des temples, et quelques siècles plus tard, c’est Rome qui, selon la légende, sème le sel à Carthage après l’avoir détruite pour que plus rien n’y repousse jamais. La métaphore est limpide, l’idée est de détruire un lieu au point de le rendre inhabitable, c’est la dévastation irréversible et par celui qui porte la menace, l’assurance de la désolation.
L’héritage militaire de Curtis LeMay
L’appellation scientifique d’âge de pierre date du 19e siècle, mais son adaptation militaire apparaît vraisemblablement dans les années 60. L’invention serait de Curtis Lemais, ancien chef de l’US Air Force, c’est lui qui supervise la destruction des principales villes du Japon pendant la seconde guerre mondiale. Dans ses mémoires, publiées en pleine guerre du Vietnam, il suggère que « plutôt que de négocier avec Hanoï, les États-Unis devraient les bombarder jusqu’à les ramener à l’âge de pierre », « back to the Stone Age », « jusqu’à ce que nous ayons anéanti toute œuvre humaine au Nord-Vietnam ». La dimension temporelle est assumée, alors que l’administration Johnson parle de faire entrer le pays dans le 20e siècle, lui propose de le ramener en arrière et c’est là que la différence réside : dans le retour à l’âge de Pierre se déploie la confrontation entre l’avance technologique américaine capable de bombarder en quantité industrielle et ses conséquences, détruire tout ce qui rend la vie moderne possible, les ponts, les routes, les ports, les usines, les communications, c’est le renvoi de l’ennemi au stade primitif.
Un cliché de la rhétorique militaire américaine
Après le Vietnam et malgré le choc que la violence de la menace du retour à l’âge de Pierre avait provoqué la première fois dans l’espace public, la phrase a été usée jusqu’à la corde. Elle apparaît pendant les premières guerres du Golfe, elle sort même du contexte militaire pour entrer dans la sphère politique et diplomatique après les attentats du 11 septembre. L’administration Bush aurait menacé le président du Pakistan, Perez Moucharraf, d’un renvoi à l’âge de pierre en cas de refus de coopération dans la lutte contre Al-Qaïda et le terrorisme islamiste.
La portée des menaces contemporaines
Dans le contexte de la guerre ouverte avec l’Iran, en parlant d’âge de pierre, Donald Trump visait les infrastructures électriques, les installations pétrolières et les ponts de l’Iran, avec toujours ce sous-texte prométhéen des années 60, celui de porter ou de priver de la modernité, de décider qui vivrait dans le futur et qui devrait se contenter du passé pour expier ses fautes ou les réparer. Mardi, l’ultimatum a viré à la menace génocidaire lorsque le président américain a déclaré qu’une civilisation entière allait mourir le soir même. Le monde a retenu son souffle avant qu’un cessez-le-feu surprise n’ait été décrété mardi soir comme une sinistre plaisanterie jetée au visage de tous. Les menaces ont repris hier soir, la respiration concédée est amère et la mise en scène de cette toute puissance, sans parler d’âge de pierre, est tout à fait primitive.
Source : www.radiofrance.fr
Conclusion : La rédaction continuera à observer cette actualité pour informer ses lecteurs.

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