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11 avril 2026Reuters.com
11 avril 2026Analyse : Notre rédaction a examiné les faits et propose un résumé rapide.
L'article « Iran : le régime continue d’exécuter les opposants politiques » a retenu l'attention de notre équipe.
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Les quarante jours de frappes américaines et israéliennes ont fait vaciller « l’architecture de la répression en Iran », souligne Iran International Ouverture dans un nouvel onglet, dans les hautes instances décisionnelles à Téhéran jusqu’aux commissariats de quartier dans des petites villes, en passant par « les complexes des services de renseignement, les bâtiments judiciaires ou encore les sites des Bassij », cette force paramilitaire affiliée aux Gardiens de la révolution, l’armée idéologique du pays, énumère Iran International. Le média en exil, à Londres Ouverture dans un nouvel onglet, estime que 130 sites liés à la répression interne, en Iran, « ont été détruits ou touchés. » Y compris le stade Azadi de Téhéran, qui comptait 12 000 places : il a été réduit en cendres, le mois dernier, indiquent le média iranien Tabnak Ouverture dans un nouvel onglet et Iran International . Ouverture dans un nouvel onglet Près d’un millier de membres des forces de sécurité, des forces anti-émeutes auraient été tués sur place.
La télévision d’État a également également visée car elle sert non seulement d’outil de propagande pour le régime, mais elle diffuse aussi les aveux forcés des opposants, rappelle Iran International Ouverture dans un nouvel onglet, offrant une scène « aux humiliations publiques. » Après un mois et demi de guerre, Iran International Ouverture dans un nouvel onglet et le groupe de défense des droits humains Hengaw, basé en Norvège Ouverture dans un nouvel onglet, parlent de 5 000 morts et 21 000 blessés parmi les forces de sécurité iraniennes mais ce bilan chiffré est impossible à vérifier dans un pays où la presse est muselée et la population largement isolée du monde. Selon l’ONG Netblocks Ouverture dans un nouvel onglet, la coupure d’internet imposée par les autorités bat tous les records de durée à l’échelle d’un pays : 40 jours de coupure Internet extérieure. Seules quelques vidéos nous parviennent d’Iran, via des VPN, des logiciels de contournement ou des terminaux Starlink, mais leur possession est passible de prison, rappelle le Guardian. Ouverture dans un nouvel onglet
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Depuis le début de la guerre, Téhéran a condamné et exécuté au moins 13 prisonniers politiques liés aux manifestations anti-régime de janvier, rapporte le Wall Street Journal Ouverture dans un nouvel onglet. Lundi, un Iranien de 23 ans a été pendu, reconnu coupable dans une attaque contre une base de la milice Bassidj des Gardiens de la Révolution à Téhéran pendant les manifestations, décrit l’agence Reuters Ouverture dans un nouvel onglet : le site du pouvoir judiciaire iranien, Mizan Online, l’a décrit comme « l’un des éléments ennemis impliqués dans les émeutes terroristes ». Au moins 11 hommes arrêtés, eux aussi en janvier, risquent d’être exécutés prochainement, alertent Iran International Ouverture dans un nouvel onglet et Amnesty International Ouverture dans un nouvel onglet : l’organisation dénonce de mauvais traitements en détention, de la torture allant jusqu’à des aveux forcés suivis de procès qu’Amnesty Ouverture dans un nouvel ongleta qualifiés de « profondément injustes. » Par ailleurs, 466 personnes ont également été arrêtés, fin mars, accusées d’avoir voulu déstabiliser l’Iran sur Internet, rapporte l’agence d’État Irna ainsi que le quotidien panarabe Asharq al-Awsat Ouverture dans un nouvel onglet.
Entretien avec Bernard Hourcade, géographe, directeur de recherche émérite au CNRS et membre du comité de rédaction de la revue « Orient XXI »
Le chef du pouvoir judiciaire en Iran a demandé aux tribunaux de prononcer des verdicts encore plus rapidement contre les prisonniers politiques. Sait-on combien d’opposants ont été condamnés à mort et même exécutés depuis le 28 février, date de début des frappes américaines et israéliennes ? Et quels sont leurs profils ?
On sait qu’un grand nombre de personnes ont été arrêtées pendant les événements dramatiques et les massacres du mois de janvier, et un certain nombre de personnes ont été jugées et condamnées à mort. Certaines ont été exécutées.
Cela peut être n’importe qui : je veux dire par là qu’on tue des jeunes pour dire aux jeunes, qui ont tendance à manifester, « ne manifestez pas ! On peut vous tuer, même si vous avez 17 ans, 18 ans, ce n’est pas un problème ». On attaque aussi les anciens militants de la gauche, des Moudjahidines du peuple, qui avaient pratiquement disparu du système. Là encore le message qui passe, c’est « vous êtes toujours là ? On peut vous exécuter. On exécute deux ou trois Moudjahidines du peuple ». Les Baha’ís [la plus grande minorité religieuse non musulmane d’Iran] sont hélas sur la liste des condamnés à mort, de façon permanente.
Ce sont des exécutions ciblées concernant les jeunes, des minorités, la gauche, pour bien montrer que la répression est toujours là et que le régime islamique sera toujours là pour pouvoir défendre ses intérêts morbides. On a beau supprimer une tête, un autre chef du pouvoir judiciaire arrivera. C’est une question de système. Ce n’est pas une question de personnes.
Donc cela veut dire que le bras armé du régime, du côté répressif, judiciaire, est toujours aussi féroce contre les civils. La guerre n’a donc rien changé, si ce n’est, peut-être, des têtes sur cette hydre du pouvoir en Iran ?
La guerre n’a rien changé. Elle a peut-être même accéléré et aggravé la situation : quant il y a une guerre, tout est plus radical. Et donc on accuse des « traîtres » qui ont affaibli la défense nationale. C’est traditionnel dans ce genre de situation : la guerre radicalise.
Ce qui est intéressant de noter, c’est que : 1) le système répressif est toujours en place. La République islamique fonctionne toujours. 2) Les Gardiens de la Révolution sont arrivés au pouvoir, même si les mollahs ont été partiellement éliminés. Donc l’État iranien est attaqué, les Iraniens sont victimes de cette guerre et ils ont, en plus, la répression intérieure qui reste extrêmement forte. On a nommé comme nouveau secrétaire général du Comité national de défense, c’est-à-dire le patron de la défense nationale iranienne, un ancien Gardien de la Révolution qui a été, dans toute sa carrière, le chef des services de renseignement, de la répression intérieure. Autrement dit, le message est clair : « ne bougez pas, sinon vous savez que la répression vous tombera dessus. »
Ces dernières semaines, les civils en Iran ont été pris entre le marteau et l’enclume : avec un pouvoir toujours aussi répressif à Téhéran et puis les frappes américaines et israéliennes qui auraient tué 1 500 civils dans le pays. Est-ce que tout cela alimente la colère des Iraniens contre le pouvoir ? Ou bien est-ce que cela alimente plutôt une colère contre les États-Unis, contre Israël vus comme des agresseurs ?
Les deux, c’est-à-dire les Iraniens se rendent compte que cette guerre a été causée par le réalité que la République islamique était agressive vis-à-vis des pays voisins. C’est une chose.
Or, quand ils voient effectivement une destruction sans limite, dans les écoles, les hôpitaux, les monuments historiques, les Iraniens se rendent compte qu’ils sont victimes, hélas, aussi. Et donc il y a un phénomène « drapeau ». Non pas massif : les Iraniens ne vont pas s’unir derrière la République islamique, mais il y a le phénomène d’unité nationale qui se crée. Et cela profite au régime, puisque le régime est là, il fait « son travail » avec des Gardiens de la Révolution qui sont derrière leurs missiles et défendent le territoire national. Ils peuvent se draper dans un drapeau nationaliste qui les renforce. La guerre renforce encore plus les Gardiens de la Révolution et les forces répressives. C’est le cadeau qu’a fait Israël : il a débarrassé l’Iran des mollahs et a donné le pouvoir aux militaires et aux Gardiens de la Révolution. Je ne suis pas sûr que les Iraniens aient gagné au change.
Ce qu’il faut retenir, c’est que le pouvoir iranien est très divisé après quarante-cinq ans de lutte. Il cherche à sortir du système. C’est pour ça qu’ils ont accepté un cessez le feu avec avec les Américains, parce qu’ils savent très bien qu’ils ne peuvent pas durer longtemps comme ça et qu’il faut trouver des solutions. Les militaires sont des gens rationnels. Ils sont violents, ils sont durs, mais ils sont rationnels. Ils se rendent compte lorsque le analyse de force n’est pas positif, il faut trouver une solution. Ce ne sont pas des idéologues, beaucoup moins que les religieux. Et donc on peut espérer que le transfert de pouvoir des mollahs aux Gardiens de la Révolution soit finalement, malgré le drame, une façon de commencer à essayer de sortir de la crise. Espérons-le.
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Source : www.radiofrance.fr
Conclusion : Notre équipe continuera d’examiner les faits et de proposer des analyses.

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