De la préhistoire à Donald Trump : comprendre l’usage politique de l’âge de pierre
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11 avril 2026« Oui, j’ai acheté des voix » : dans les campagnes hongroises, la fin du « système féodal » mis en place par Viktor Orban ?
Analyse : Notre rédaction met en avant les points essentiels à retenir.
Notre équipe met en lumière les éléments clés de « « Oui, j’ai acheté des voix » : dans les campagnes hongroises, la fin du « système féodal » mis en place par Viktor Orban ? ».
À retenir absolument
En Hongrie, le leader national-populiste Viktor Orban Ouverture dans un nouvel onglet au pouvoir depuis 2010, brigue un cinquième mandat et joue sa réélection dimanche 12 avril. Le président sortant est malmené dans les sondages par son rival conservateur et pro-européen Peter Magyar Ouverture dans un nouvel onglet qui promet la fin de la corruption et le rétablissement de l’état de droit.
**Viktor Orban compte sur ses fiefs ruraux réputés imprenables pour l’emporter, mais l’emprise de son parti le Fidesz est peut-être en train de s’effriter. Pour le comprendre, il faut donc bien quitter Budapest.
Achats de voix et domiciliations frauduleuses
À trois heures de route, un monde sépare la capitale de cet autre pays où la population rom vit dans des taudis, où le Fidesz règne en maître et où des voix peuvent être achetées pour quelques kilos de pomme de terre, ou de bois de chauffe pour l’hiver. « Oui, j’ai acheté des voix, à la demande de la maire du village », admet István Szálka. Pendant 12 ans, il a été une petite main du système dans ce gros village de Nyirbogat, 3 000 habitants, à l’extrême est du pays. « Je sais qui peut être acheté, c’est pour ça qu’ils m’ont donné de l’argent. 20 000 ou 30 000 forints par personne, ça fait 50, 75 euros pour acheter le vote et pour transporter les gens en voiture », raconte-t-il. Il poursuit : « Il y a aussi des inconnus qui avaient leur domicile déclaré chez moi, ils venaient d’Ukraine, ou d’ailleurs, seulement quand il fallait voter. »
Il y a deux mois, István Szálka a perdu sa jambe gauche après une infection mal soignée. « Après l’amputation, quand je suis rentré, j’ai eu 5 000 forints d’allocation, 13 euros, de madame la maire qui est aussi le médecin. Je m’en suis plaint sur Facebook. Tisza, le parti de l’opposition, a organisé une collecte pour m’acheter une voiture, pour que mon fils puisse me transporter à l’hôpital pour les traitements. Mais ce n’est pas vrai que j’ai été acheté, je ne demande pas d’argent, je veux juste dire la vérité. » Des fenêtres de sa maison où elle vit recluse depuis qu’elle est entrée en guerre contre la mairie, Erzsébet observe les allées et venues. « Ils viennent chercher les alcooliques, les plus pauvres, à une heure fixée à l’avance. Ils les emmènent au bureau de vote et ensuite ils reçoivent l’argent », assure-t-elle. « Ce sont les mêmes voitures qui font des allers-retours dans le village. Les gens n’osent pas dire non parce que beaucoup sont employés par la mairie ».
La parole se libère
Gabor Tuba est conseiller municipal, ancien candidat à la mairie de Nyrbogat. « Notre maire est la femme du député, elle est à l’assemblée départementale, c’est aussi le médecin du village, le médecin du travail, la responsable de la maison de retraite, c’est elle qui prescrit les ordonnances, qui dit qui peut travailler pour la mairie ou dans une usine, qui peut recevoir du bois de chauffe sur critère social. Elle décide de tout, toute seule. C’est un système féodal », dénonce-t-il.
« On veut construire un pays où il n’y a plus cette domination, ce féodalisme, un pays neuf, au niveau local comme au niveau national. »
Contactée par téléphone, la maire mise en cause dément tout achat de voix ou intimidation des électeurs. Elle précise qu’elle a porté plainte pour diffamation contre les auteurs du documentaire qui a mis le feu aux poudres.
Cette parole qui se libère dans les fiefs ruraux du Fidesz est inédite. C’est en réalité le résultat du travail d’un collectif de cinéastes et d’activistes mis en ligne fin mars et vu plusieurs millions de fois. Intitulé « Le prix du vote », il affirme que le parti au pouvoir a cherché à acheter 500 000 à 600 000 voix en vue du scrutin, soit jusqu’à 10% de l’électorat. Mais pour Gabor Tuba, ce système mafieux de domination qui manie à la fois la carotte et le bâton est voué à l’échec dimanche. « De plus en plus de gens sortent de l’ombre, ils assument qu’ils votent pour Tisza et qu’ils veulent un changement. »
Un socle électoral à ne pas minimiser
Ces campagnes historiquement acquises à Viktor Orban sont donc la clé du scrutin. Mais sont-elles réellement en train de basculer ? La prudence reste de mise car les électeurs ruraux du Fidesz ne sont pas tous achetés, loin de là. Le socle électoral du premier ministre est régulièrement sous-évalué et de nombreux Hongrois sont sincèrement attachés au parti au pouvoir.
Pour les rencontrer, il faut reprendre la route vers Budapest, et, à une petite demi-heure de voiture, voici le propret et ensoleillé village de Tiszaeszlár. « Ce bâtiment où nous sommes a été construit grâce à la mairie. L’école maternelle a été rénovée, le centre du village s’est embelli et la place devant l’église a été réaménagée », égrène Krisztina, comptable le matin et esthéticienne l’après-midi. Elle nous accueille dans son salon de beauté avec Margo, sa cliente et amie, qui est aussi l’ancienne institutrice de ses filles, désormais retraitée. « Nous avons un parc formidable et mes enfants ont du travail », se réjouit-elle.
« Tout va pour le mieux à Tissaeslare, tant que Viktor Orban est au pouvoir et protège le pays des migrants, de Bruxelles, et bien sûr de la guerre en Ukraine. »
Elle poursuit : « Ici, on est proche de la frontière ukrainienne et d’après ce que j’entends, je pense qu’on a raison d’avoir peur. Mon beau-fils et mon fils, ils ont 40 ans, l’âge d’être envoyés à la guerre. » Alors à ses yeux, les achats de voix dans les villages et la corruption au sommet de l’Etat, bien qu’un problème, n’est pas l’essentiel. « Il y aura toujours de la corruption, ce qui compte c’est que les gens ordinaires s’en sortent. Je pense qu’en Hongrie, les gens comme nous, ceux qui veulent travailler, peuvent se débrouiller. » Elle résume : « En fait, ici, on est bien, on vit en paix, on a de quoi vivre, on avance ».
Dans la balance, l’état de droit n’est pas ce qui pèse le plus lourd, mais qu’en sera-t-il dans les urnes dimanche soir ? Les sondeurs proches du gouvernement donnent Viktor Orban gagnant, alors que les instituts indépendants accordent 7 à 20 points d’avance à son opposant Peter Magyar : une fois de plus, comme un miroir de la fracture qui s’est installée en Hongrie et des réalités parallèles dans lesquelles évoluent désormais ses habitants, jusque dans les campagnes hier acquises à Viktor Orban.
Source : www.radiofrance.fr
Conclusion : Notre rédaction vous tiendra informés des changements importants.

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