
pas de rencontre directe au Pakistan
11 avril 2026
comment après un an d’enquête minutieuse, un journaliste star du New York Times en est arrivé à cette conclusion
11 avril 2026Pourquoi les sondages de la présidentielle un an avant l’élection sont à prendre avec beaucoup de pincettes
Analyse : Un résumé des points clés mis en avant par notre rédaction.
Un point rapide sur l'article « Pourquoi les sondages de la présidentielle un an avant l’élection sont à prendre avec beaucoup de pincettes » selon nos journalistes.
Faits marquants
JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP
Alain Juppé, photographié le 20 avril 2016, à un an de la présidentielle 2017 (Photo by JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP)
• Un an avant le scrutin, se fier aux sondages pour prédire le futur deuxième tour a peu de sens au regard des précédentes élections.
• En 2011, DSK était favori pour affronter Marine Le Pen quand en 2016 Alain Juppé caracolait en tête des intentions de vote.
Théoriquement, c’est dans un an. Le 11 avril 2027 fait partie des deux dates évoquées pour organiser le premier tour de la prochaine élection présidentielle. Lequel pourrait aussi, au regard de ce qu’en dit l’article 7 de la Constitution, se tenir une semaine plus tard, le 18 avril. Quoi qu’il en soit, et avant que la date officielle soit confirmée dans les prochains mois, il est raisonnable d’affirmer qu’un an nous sépare de l’élection présidentielle.
Un an. C’est court, et c’est long à la fois. Pour les écuries déjà en pré-campagne, le temps risque de filer à la vitesse de la lumière, tant la mise en orbite d’un candidat répond à des logiques de calendrier qu’il convient de maîtriser et de mettre en musique. Mais d’un observation de vue strictement politique, demain est encore loin.
Pour s’en convaincre, il suffit de regarder ce que disaient les intentions de vote à un an de l’échéance en vue des précédentes élections présidentielles, en mettant de côté 2022, une édition autant parasitée par la persistance du Covid que par la guerre en Ukraine.
Marine Le Pen ? Oui mais non
Premier bond dans le passé. Avril 2011, le temps des premiers iPhones et des printemps arabes. Comme c’est l’usage, les médias (obnubilés comme la classe politique par l’élection suprême) commandent des intentions de vote. Le 20 avril 2011, quasiment un an jour pour jour avant le premier tour de l’année suivante (le 22 avril 2012) Le Parisien publie un sondage choc réalisé par Harris Interactive : « Le Pen au second tour de la présidentielle quels que soient ses adversaires ». La fille de Jean-Marie Le Pen, qui a récupéré la présidence du Front national au mois de janvier, est donnée à 22 % au premier tour. Soit un aspect de plus que Nicolas Sarkozy, mesuré à 21 %. Seul le socialiste Dominique Strauss-Kahn surclasse la candidate d’extrême droite, avec 30 % d’intentions de vote. Un mois plus tôt, Marine Le Pen était donnée devant le président du FMI, qui demeurait pourtant le favori. Car oui, nous parlons d’un temps où la question du front républicain était une évidence pour une grande majorité d’électeurs.
22 avril 2012 : sur les écrans des Français, c’est le visage de François Hollande qui s’affiche, victorieux face à Nicolas Sarkozy. Ayant obtenu 28,6 % au premier tour, le candidat socialiste s’impose avec 51,6 % face au président sortant, qui recueille 48,4 % des voix. Entre-temps, l’affaire du Sofitel a mis fin à la carrière d’un DSK que beaucoup imaginaient déjà à l’Élysée en 2011. Et un François Hollande revenu de nulle part a surclassé la première primaire ouverte organisée par le Parti socialiste. Quant à Marine Le Pen, elle a échoué loin du second tour, avec 17,9 % des suffrages. Effectivement, il s’en passe des choses en un an.
Juppé l’étoile filante
On prend (presque) les mêmes, et on recommence cinq ans plus tard. Et alors que François Hollande bat des records d’impopularité, le favori des sondages s’appelle Alain Juppé. Candidat déclaré depuis 2014, l’ancien Premier ministre de Jacques Chirac est constamment donné au deuxième tour. Le 19 avril 2016 par exemple, le « bonze » de Bordeaux affiche 34 % d’intentions de vote dans un sondage Ifop-Fiducial. Il frôle même les 40 % dans une étude Elabe réalisée quelques jours plus tard. Entre 25 et 27 %, Marine Le Pen est aussi donnée au deuxième tour ce qui, dans la tête des juppéistes, dégage la voie vers l’Élysée. Moins évident que cinq ans auparavant, le front républicain demeure solide et la candidate du FN présente un programme trop farfelu pour être crédible, comprenant notamment la sortie de l’euro.
À cette époque, Emmanuel Macron est ministre de l’Économie. Il vient de lancer En marche et oscille entre 14 et 16 % d’intentions de vote quand le chef de l’État demeure sur la ligne de départ. Mais, un an plus tard, le résultat est très éloigné de ces projections. Premier élément : Alain Juppé échoue à la primaire de la droite fin novembre, à l’issue de laquelle c’est François Fillon qui s’impose (ce qui est d’une importance capitale pour la suite). Quelques jours plus tard, François Hollande prend une décision inédite sous la Ve République : renoncer à briguer un second mandat en raison son impopularité record ayant nourri les coups tordus dans son dos.
Ce renoncement présidentiel ouvre la voie d’Emmanuel Macron qui, après avoir démissionné de Bercy, profite d’un alignement des planètes spectaculaire et de péripéties de campagne rocambolesques. Primo : la victoire de Benoît Hamon à la primaire socialiste. Proposant une offre de gauche plutôt radicale, cette candidature lui ouvre l’espace du centre gauche. Deuzio : François Fillon aussi porte un projet très à droite, ce qui lui ouvre l’espace du centre droit orphelin d’Alain Juppé. Tertio : ce même François Fillon est rattrapé par ses affaires d’emplois fictifs, ce qui profite à Emmanuel Macron, qui ne cache pas son logiciel économique libéral. À mesure que la campagne avance, il engrange des soutiens venus de l’ex-UMP ainsi que le ralliement décisif de François Bayrou, qui renonce à se présenter pour ne pas éparpiller les voix du centre. La photo finish n’a rien à voir avec ce qui s’affichait dans les sondages un an plus tôt.
De quoi rappeler cette évidence à un an de l’élection présidentielle 2027 : les intentions de vote ne sont pas des prédictions. Et ce n’est pas Ségolène Royal, donnée gagnante face à Nicolas Sarkozy dans un sondage d’avril 2006, qui dira le contraire. Ni François Bayrou, passé de sondages à 5 % à un score 18 % en an. Ni ceux qui ont fait campagne pour Lionel Jospin, donné systématiquement qualifié au deuxième tour en avril 2001. Ces derniers peuvent se reconnaître chez Édouard Balladur. Un an avant la présidentielle de 1995, il est alors considéré comme le favori des sondages. Il n’a jamais été qualifié au second tour.
Source : www.huffingtonpost.fr
Conclusion : Les développements à venir permettront de compléter notre point de vue.

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