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Quelques observations clés de notre rédaction sur « Roberta Flack, génie soul de l’interprétation et du sens ».
Points saillants
Roberta Flack nous a quittés à 88 ans en février 2025. D’elle, en France, on se remémore surtout une seule de ses chansons, sa version de “Killing Me Softly With His Song”. On connaît de fait trop peu cette immense artiste. Un biopic de sa vie a été annoncé récemment, ainsi qu’un documentaire. En attendant leur sortie, un coffret, With Her Songs : The Atlantic Albums 1969-1978, est paru en février 2026, peut-être la meilleure porte d’entrée pour comprendre cette figure.
Pianiste surdouée devenue l’une des plus grandes interprètes de l’histoire, Roberta Flack émerge ainsi dans une Amérique des années 1960 marquée par la lutte pour les droits civiques, qu’elle embrasse pleinement. Elle collabore avec l’artiste soul Donny Hathaway et transforme des chansons célèbres ou méconnues en œuvres d’art inclassables, sa voix empruntant tant à la tradition gospel qu’à l’opéra, à la country, à la soul ou au jazz.
L’émotion primaire de la musique classique
Moins célèbre en France que Aretha Franklin ou Nina Simon, Roberta Flack partage avec elles une immense virtuosité du piano classique et une personnalité tout aussi rayonnante, lesquelles font d’elle l’une de plus grandes chanteuses de soul.
Lorsque Clint Eastwood intègre sa version de “The First Time Ever I Saw Your Face”, une chanson qu’elle a enregistrée 3 ans plus tôt chez Atlantic Records, dans son premier film de réalisateur, Un frisson dans la nuit (1971), il la révèle au grand public. De fait, malgré sa solide formation de musique classique, Roberta Flack compose peu, s’affirmant davantage dans sa capacité à entendre une musique et à la passer à son propre filtre. En l’occurrence, c’est avec elle que la chanson country “The First Time Ever I Saw Your Face” est devenue un tube.
Roberta Flack ne veut jamais raconter mais toujours faire ressentir. Dans son style, elle impose une intimité presque radicale, refusant le spectaculaire et créant un effet de proximité. On l’appelle aussi la “crooneuse”, car elle travaille toute sa vie le revue au micro, recherchant un son peu chargé qui donne l’impression d’être avec elle dans la même pièce.
Le choix définitif de la scène
Née en 1937 en Caroline du Nord, Roberta Flack grandit sous l’influence notamment de la musique religieuse noire, très présente dans sa ville natale ségrégationniste. S’affirmant comme une enfant prodige de la musique classique, elle ne cesse, dans son répertoire plus populaire, de chercher l’émotion primaire que lui procurait un Chopin.
Après avoir été professeure d’anglais et de musique en Caroline du Nord, Roberta Flack se rend à Washington, cette ville où la question des droits civiques s’impose, pour enseigner la musique, le sport ou encore l’anglais. En parallèle, elle accompagne au piano les chanteurs d’opéra au Tivoli Club et chante elle-même. C’est là que le pianiste et chanteur de jazz Les McCann la repère et la pousse à aller vers le label Atlantic Records, qui compte Ray Charles parmi ses artistes.
Elle enregistre son premier album, First Take, en à peine trois jours. Avec des titres comme “Go up Moses”, elle glisse déjà une réflexion sur le racisme et l’oppression, s’imposant par la suite comme une figure de la lutte des droits civiques. Expérimentée et surdouée, Roberta Flack rêve d’être sur le devant de la scène malgré les réalités économiques et sociales de son temps. Elle démissionne de son poste d’enseignante pour se consacrer à la musique, n’étant pas autorisée à cumuler les deux carrières.
Le succès, de Donny Hathaway à “Killing Me Softly With His Song”
Dans les années 1970, à travers Atlantic Records, Roberta Flack fait aussi la rencontre de l’auteur-compositeur-interprète de musique soul Donny Hathaway, avec qui elle formera un duo mémorable et chantera des tubes comme “You’ve got a friend”. Ensemble, ils enregistrent l’album Roberta Flack & Donny Hathaway (1972), au succès inouï. Donny Hathaway, pour qui il faut partir du blues comme matrice à enrichir pour construire une musique moderne, meurt tragiquement en 1979, à 33 ans. Une disparition dont, semble-t-il, Roberta Flack ne se remettra jamais vraiment.
C’est aussi dans ces années-là que, lors d’un voyage en avion, Roberta Flack entend la chanson “Kiling Me Softly With His Song” alors chantée par Lori Lieberman. Transformant à sa manière ce titre sorti en 1972 et encore peu connu, elle remodèle l‘accompagnement, ralentit le tempo et met le phrasé au centre. Cela donne un véritable tube, que les Fugees reprendront en 1996.
A noter :
- With Her Songs : The Atlantic Albums 1969-1978 (Atlantic/Warner) est paru en février 2026
Programmation musicale et archives :
- Archives : Roberta Flack sur la place de la musique dans sa vie, postée par Roberta Flack fans, 1992
- Roberta Flack, “Bridge Over Troubled Water”, album Quiet Fire, 1971
- Roberta Flack, “The first time ever I saw your face” (2020 remaster), album With her songs : The Atlantic albums, 1969 -1978, 2026
- Peter, Paul and Mary, “The First Time Ever I Saw Your Face”, album See What Tomorrow Brings, 1965
- Archive : Roberta Flack sur sa rencontre avec Clint Eastwood, Roberta Flack Fans, 19 nov. 2025
- Roberta Flack, “Ballad of the sad young men » (2020 remaster), album With her songs : The Atlantic albums, 1969 -1978, 2026
- Archive : Roberta Flack sur l’émotion que la musique classique créait en elle, postée par Roberta Flack fans, 1992
- Les McCann, “Compared to What”, album Swiss Movement, 1969
- Roberta Flack, “Compared to what » (2020 remaster), album With her songs : The Atlantic albums, 1969 -1978, 2026
- Archive : Roberta Flack sur son passage de l’enseignement à la musique, The Dick Cavett Show, 13 mars 2024
- Roberta Flack, “Go up Moses » (2021 remaster), album With her songs : The Atlantic albums, 1969 -1978, 2026
- Archive : Roberta Flack sur l’aspect sacré de la musique, “Roberta Flack: documentary”, posté en 2016
- Roberta Flack, “Angelitos negros” (2020 remaster), album With her songs : The Atlantic albums, 1969 -1978, 2026
- Roberta Flack, “Trying Times” (2020 remaster), albumWith her songs : The Atlantic albums, 1969 -1978, 2026
- Archive : Donny Hathaway sur le blues, These Songs for You, Live!, Atlantic Recording Corp., 2004
- Roberta Flack & Donny Hathaway, “You’ve got a friend” (2026 remaster), album With her songs : The Atlantic albums, 1969 -1978, 2026
- Archive : Roberta Flack sur le processus créatif, Roberta Flack Fans, 19 nov. 2025
- Lori Lieberman, “Killing Me Softly With His Song”, album Before they were hits / Vol.3, 2003
- Roberta Flack, “Killing Me Softly With His Song” (2025 remaster), album With her songs : The Atlantic albums, 1969 -1978, 2026
Source : www.radiofrance.fr
Conclusion : La rédaction reste attentive et continuera à observer les faits.

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