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12 avril 2026Blocus annoncé par Donald Trump, possible péage imposé par l’Iran, menace des mines… Quelle est la situation dans le détroit d’Ormuz, dont la paralysie se prolonge ? – franceinfo
Analyse : Notre rédaction met en lumière les points essentiels à retenir.
Notre équipe met en lumière les éléments clés de « Blocus annoncé par Donald Trump, possible péage imposé par l’Iran, menace des mines… Quelle est la situation dans le détroit d’Ormuz, dont la paralysie se prolonge ? – franceinfo ».
Les faits essentiels
C’est l’un des lieux les plus scrutés de la planète en raison de la guerre au Moyen-Orient. Le détroit d’Ormuz est encore un peu plus au centre de l’attention, dimanche 12 avril, alors que le président des Etats-Unis, Donald Trump, a annoncé le blocus naval de cette zone par la marine américaine, reprochant à l’Iran de ne pas avoir permis aux navires d’y circuler librement, et faisant part de son mécontentement après l’échec de négociations au Pakistan. En retour, les Gardiens de la Révolution iraniens ont affirmé sur X avoir « entièrement sous contrôle » le détroit, et ont menacé d’y piéger leurs ennemis dans un « tourbillon mortel ».
L’accord pour un cessez-le-feu, conclu mardi, avait laissé espérer une reprise de la circulation dans ce passage stratégique, où transite environ un quart du pétrole mondial. La paralysie du trafic, depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, le 28 février, a entraîné une flambée de prix de l’or noir, bouleversant l’économie planétaire, et inquiétant de nombreux gouvernements, notamment face à la hausse des prix à la pompe. Franceinfo vous résume une situation qui ne cesse de se complexifier.
Les navires passent au compte-goutte malgré la trêve
Si l’Iran comme les Etats-Unis ont assuré que le cessez-le-feu incluait la réouverture du détroit d’Ormuz, rares ont été les capitaines à se risquer dans ce passage que 120 navires franchissaient en moyenne chaque jour avant la guerre. Mercredi, au premier jour de la trêve, ils n’ont été que cinq, selon les données de l’entreprise Kpler, spécialisée dans l’analyse des flux maritimes. Deux jours plus tard, « seuls 19 navires ont été repérés traversant le détroit depuis le cessez-le-feu », a calculé la BBC, se basant sur les informations du site Marine Traffic, qui permet de suivre en direct les navires un peu partout dans le monde.
Ainsi, la situation est demeurée la même qu’avant la trêve : dix navires circulaient en moyenne chaque jour la semaine du 30 mars, tandis que la guerre faisait rage. Parmi eux figuraient des bâtiments opérés par l’Iran, mais aussi la Chine ou l’Inde, qui ont permis à la République islamique de continuer d’exporter le pétrole iranien.
Les transporteurs maritimes ont justifié leur grande prudence en expliquant avoir besoin de précisions sur les termes du cessez-le-feu, et ce, pendant que l’Iran a affirmé que la voie maritime restait fermée aux navires sans autorisation. Les garde-côtes de la République islamique ont même menacé de « cibler et détruire » ceux qui ne respecteraient pas les règles, a rapporté mercredi Reuters. Le même jour, l’agence de presse iranienne Fars, proche du régime, a affirmé que le trafic avait été complètement bloqué sur ordre des Gardiens de la Révolution, qui ont invoqué une violation du cessez-le-feu au Liban par Israël.
Citée jeudi par la chaîne américaine CNN, la compagnie Hapag-Lloyd, géant du fret maritime, a précisé « s’abstenir de traverser le détroit », où six de ses porte-conteneurs restaient bloqués. « Notre priorité absolue est la sécurité de nos employés, à terre comme en mer », a communiqué un porte-parole de l’armateur allemand. Comme les autres jours, le site Marine Traffic montrait dimanche une circulation presque à l’arrêt dans le détroit, et des centaines de bateaux postées de part et d’autre de la zone. Les Nations unies rapportaient le 31 mars qu’environ 2 000 navires et 20 000 marins restaient bloqués dans le détroit d’Ormuz, une situation inédite depuis la Seconde Guerre mondiale.
L’Iran est accusé d’avoir instauré un péage
Parallèlement, les Gardiens de la Révolution sont accusés d’avoir instauré un péage aux navires qui osent braver le détroit. Ils « facturent jusqu’à 2 millions de dollars par pétrolier pour le transit. Le paiement est accepté en yuans chinois ou en cryptomonnaies, contournant ainsi le système financier basé sur le dollar et les sanctions américaines », a ainsi rapporté Sanne Manders, président de Flexport, une entreprise mondiale de logistique et de transport maritime, interrogé par CNN. L’agence Bloomberg a également rapporté que les navires se verraient réclamer jusqu’à 2 millions de dollars par passage. Le Financial Times évoque, lui, une somme d’un dollar par baril de pétrole, payé en cryptoactifs ou en yuan, la devise chinoise.
Dimanche, Donald Trump a semblé reprendre cette accusation et en faire une des justifications du blocus décrété dans le détroit. « J’ai ordonné à notre marine de rechercher et d’intercepter tout navire en eaux internationales ayant payé un péage à l’Iran », a-t-il écrit sur Truth Social, ajoutant que « nul ne pourra naviguer en toute sécurité en haute mer s’il paie un péage illégal ». Le président américain semblait moins rétif à cette idée mercredi, quand il avait évoqué l’hypothèse d’une société commune (une « joint venture ») entre l’Iran et les Etats-Unis pour gérer la navigation et partager les recettes du péage.
Les mines marines restent craintes
Le spectre d’un minage de la zone amplifie l’incertitude. Après avoir nié toute action en ce sens malgré les accusations venues de Washington, les Gardiens de la Révolution iraniens ont déclaré jeudi que les navires passant le détroit devraient emprunter deux routes alternatives, proches des côtes iraniennes, invoquant la possibilité de rencontrer des mines sur l’itinéraire habituel, plus au large. Selon les estimations des autorités américaines, citées par le New York Times, l’Iran possède quelque 5 000 engins mines flottantes dans son arsenal. Donald Trump revendique cependant la destruction de tous les navires iraniens permettant de les poser.
Samedi, le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a affirmé que deux destroyers de sa flotte avaient franchi le passage pour commencer à « poser les conditions » d’un déminage de la voie, dans le cadre « d’une mission plus large visant à s’assurer que le détroit est entièrement débarrassé des mines marines précédemment posées par les Gardiens de la révolution iraniens ». Dans un message quelques heures plus tôt sur Truth Social, Donald Trump avait assuré que les Etats-Unis avaient commencé « le processus de déblocage du détroit d’Ormuz ».
Donald Trump veut maintenant imposer un blocus
Dimanche, quelques heures après l’échec des négociations avec l’Iran au Pakistan, Donald Trump a fait volte-face et annoncé un blocus naval américain du détroit d’Ormuz. « A compter de maintenant, la marine américaine, la meilleure au monde, entamera le processus de blocus de tous les navires tentant d’entrer ou de sortir du détroit d’Ormuz », a écrit le président américain sur son réseau social, précisant que « nul ne pourra naviguer en toute sécurité en haute mer s’il paie un péage illégal ». « L’Iran avait promis d’ouvrir le détroit d’Ormuz, et a sciemment manqué à sa parole », a-t-il justifié.
« Tout Iranien qui nous tire dessus, ou qui tire sur des navires pacifiques, sera pulvérisé », a menacé le dirigeant dans deux longs messages, laissant entendre que « d’autres pays » seraient impliqués dans l’effort de blocus, sans toutefois les nommer. Sur Fox News, un peu plus tard, il a assuré que le Royaume-Uni « et quelques autres pays » enverraient des navires dragueurs de mines dans le détroit. Londres n’a cependant annoncé aucun déploiement de navires de guerre dans la région.
Pour autant, sa décision d’instaurer un blocus naval et de sanctionner les compagnies acceptant de payer un droit de passage « ne fera que stopper un très petit nombre de navires. A l’échelle globale, cela ne change rien », déclare à la BBC Lars Jensen, spécialiste du transport maritime international. « Très peu de navires passent. Il y en a encore moins qui paient, et ceux qui paient sont déjà soumis aux sanctions américaines« , ajoute-t-il. Au final, « tout est question de confiance » pour les armateurs. Or, devant le flou de la situation, à leurs yeux, il semble surtout urgent d’attendre.
Source : www.franceinfo.fr
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