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12 avril 2026Reuters.com
12 avril 2026« Chasse » à l’absentéisme et au coût des arrêts de travail : quel poids financier pèsent réellement les indemnités journalières dans l’Aude ?
Analyse : Un résumé des points clés mis en avant par notre rédaction.
Notre rédaction partage son avis sur les points importants de « « Chasse » à l’absentéisme et au coût des arrêts de travail : quel poids financier pèsent réellement les indemnités journalières dans l’Aude ? ».
Résumé pour le lecteur
Le jeudi 9 avril 2026, le gouvernement a présenté un plan pour « réduire l’absence au travail », pointant du doigt une hausse insoutenable des indemnités journalières, citant notamment une hausse de 45 % des IJ versées pour la maladie, les accidents du travail ou les maladies professionnelles entre 2019 et 2025. Un constat qui, à l’échelle de l’Aude, mérite d’être nuancé.
Quel »problème » ?
Le sujet des arrêts de travail et de leur coût s’invite régulièrement dans le paysage politique. 2026 ne fait pas exception à la règle. Avec une savante orchestration pour rendre la question incontournable : une « dérive très préoccupante » évoquée le 27 mars 2026 par le Premier ministre Sébastien Lecornu ; des arrêts de travail « courts et répétitifs », de « deux ou trois jours », qui « progressent fortement » et « désorganisent l’entreprise » pointés par la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, le 2 avril ; un amendement déposé le 7 avril, par la Droite républicaine, au cours de l’examen du projet de loi de lutte contre les fraudes sociales et fiscales, pour systématiser la suspension des indemnités si le médecin diligenté par l’employeur conclut à un arrêt de travail « injustifié » lors de sa contre-visite.
Et enfin, jeudi 9 avril, une conférence de presse menée par Stéphanie Rist, le ministre français du Travail, Jean-Pierre Farandou, et le secrétaire d’État à la Fonction publique, David Amiel. Au programme : un plan pour « améliorer la prévention des arrêts de travail et renforcer la lutte contre les comportements abusifs », face à une « hausse rapide du nombre d’arrêts […] et des dépenses d’indemnisation associées » qui n’est « pas soutenable ». Un adjectif illustré de chiffres : plus de 9 millions d’arrêts indemnisés en 2024, des dépenses d’indemnités journalières (IJ) pour les maladies, les accidents du travail (AT) et les maladies professionnelles (MP) de 17,9 milliards d’euros en 2025, et une hausse de ces IJ chiffrée à 45 % entre 2019 et 2025.
Quelles mesures ?
C’est une vaste boîte à outils qu’ont présentée les ministres le 9 avril : un kit clé en main sur le site du ministère pour permettre aux entrepreneurs « un autodiagnostic de la qualité de son plan de prévention en matière de santé au travail » ; mais aussi, sur le même site, un « bouton d’alerte », pour prévenir l’assurance-maladie d’un arrêt maladie suspect ; une intensification annoncée des contrôles des caisses primaires d’assurance maladie (CPAM) sur les arrêts, de 6 % en 2026, avec 740 000 actes tout particulièrement consacrés aux arrêts supérieurs à 18 mois, aux AT-MP de plus de trois ans, ou encore aux arrêts prescrits en téléconsultation ; la possibilité d’un signalement au ministère du Travail d’entreprises qui, frappées par un fort taux d’absentéisme, refuseraient des offres d’accompagnement.
Un arsenal qui renforce les mesures déjà prises dans la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) 2026, en limitant notamment à un mois les prescriptions d’arrêt de travail pour le 1er arrêt, et à deux mois en cas de prolongation, mais aussi en annonçant pour l’année 2027 la limitation de la durée de versement des indemnités journalières AT-MP. Et la prévention, dans un monde du travail où l’absentéisme a augmenté de 50 % depuis 2019 et 38 % des arrêts de travail de longue durée sont liés à des troubles psychologiques, selon le baromètre 2026 de l’assureur Axa, construit en sondant 3 millions de salariés du privé ? Le sujet tient en une page sur le plan 2026, en évoquant un renforcement de « la prévention et la santé au travail », le souhait d’« anticiper et faciliter les reprises de travail », ou encore de « favoriser la conciliation entre les temps de soin et le maintien en emploi en adaptant l’organisation du travail ».
Et dans l’Aude ?
En 2024, la CPAM de l’Aude a versé aux assurés 181,4 M€. Un montant ainsi ventilé : 60,5 M€ de prestations versées en invalidité ; 56,2 M€ en IJ maladie ; 25,6 M€ en rentes AT-MP ; 24,8 M€ en IJ pour AT ; 13,4 M€ pour des maternités ou paternités ; et enfin 900 000 € versés en capital décès. Mais le département affiche-t-il les mêmes évolutions pointées du doigt par le gouvernement, avec une hausse de 12 % du nombre des arrêts maladie et une baisse de 5 % des arrêts AT-MP entre 2019 et 2024, ou encore, sur la même période, une hausse de 34 % du montant des IJ versées ? L’Aude présente-t-elle la même structure des prestations, avec 85 % des arrêts indemnisés et 60 % des montants versés liés aux IJ maladie ? Des questions auxquelles permet de répondre la bulletin de séries de données en open data produites par l’Assurance Maladie et la branche risques professionnels.
Sur 2019-2024, une hausse de 18 % pour les indemnités journalières maladie et de 3,8 % pour les AT-MP
Le territoire affiche bien des particularités par rapport au national. D’abord sur l’évolution du nombre d’arrêts, en hausse sur 2019-2024 de 18 % pour la maladie et de 3,8 % pour les AT-MP ; une progression que l’on retrouve pour le nombre de journées indemnisées, avec une augmentation de 13,6 % pour les deux catégories, un signal de la hausse du nombre moyen de jours indemnisés caractérisé pour les accidents de travail et maladies professionnelles (de 81 à 98 jours indemnisés depuis le début de l’arrêt, un chiffre en recul entre 2019 et 2024 pour les IJ maladie (de 49 à 48 jours). L’Aude se distingue-t-elle aussi sur l’explosion du montant des IJ versées ? Oui, mais de façon moins marquée qu’à l’échelle nationale, avec + 29 %. C’est finalement du côté de la structure des prestations que le département rejoint le constat national : 86 % des arrêts relevaient de la maladie en 2024, correspondant à 69 % du montant total des IJ versées. Autant de sommes à relativiser : la même année 2024, la CPAM de l’Aude a remboursé 1,3 milliard de prestations, à 42 % pour des soins de ville, et 58 % pour des soins en établissement de santé. Un dernier chiffre pour confirmer, s’il en était besoin, que c’est sans doute du côté de la prévention que des solutions sont à trouver…
Source : www.lindependant.fr
Conclusion : Les prochaines informations compléteront notre analyse.

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