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12 avril 2026Donald Trump prêt au blocus du détroit d’Ormuz ? Un expert nous décrypte l’échec des négociations
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Résumé synthétique
FAROOQ NAEEM / AFP
JD Vance a quitté les négociations avec l’Iran en annonçant leur échec, après seulement une journée de discussions.
Les négociations entre les États-Unis et l’Iran, organisées à Islamabad au Pakistan, se sont soldées par un échec ce dimanche 12 avril, après une seule journée de discussions. Chacun des deux pays était arrivé avec une liste d’exigence qui a semblé faire blocage à un possible accord de paix sur le long terme. Le vice-président américain JD Vance a fait savoir qu’il avait, selon lui, fait une « offre finale et la meilleure possible » à l’Iran.
Le Pakistan, qui joue un rôle de médiateur dans ce conflit, a rapidement appelé à ce que le cessez-le-feu de deux semaines soit tout de même observé. Éclairage avec David Rigoulet-Roze, spécialiste du Moyen-Orient, chercheur associé à l’Institut français d’analyse stratégique et rédacteur en chef de la revue Orients Stratégiques.
Le HuffPost : Alors que les deux pays affichent depuis le début des objectifs bien distincts, est-ce une surprise que les négociations aient échoué ?
David Rigoulet-Roze : L’échec de ces négociations n’est pas nécessairement surprenant. Les Iraniens ne venaient pas pour accepter une “capitulation” mais pour faire valoir leurs demandes. Un député iranien du Majlis, Hamidreza Haji Babaï est même allé plus loin dans la posture intransigeante, en considérant que la délégation iranienne au Pakistan n’avait pas pour mission de “négocier” mais de confronter les Américains.
Les deux parties étaient d’emblée peu optimistes sur les attendus de cette rencontre à Islamabad, dont le caractère inédit tenait néanmoins au fait qu’il s’agissait de la première rencontre en face-à-face à ce niveau depuis les négociations sur le JCPOA de 2015, au regard des exigences respectives qui paraissaient inconciliables. La liste de course des Iraniens était surréaliste.
Les États-Unis et l’Iran ont tous deux dénoncé des exigences déraisonnables de leur adversaire. Quels ont été les points de blocage dans ces négociations ?
En réalité, le “nœud gordien” est toujours le même depuis plusieurs décennies et c’est ce qui a directement été la cause du lancement de cette guerre : il s’agit du problème nucléaire qui bloque tout. Pour les Américains la ligne rouge demeure inchangée : les Iraniens doivent s’engager à renoncer à son programme d’enrichissement sur l’uranium de manière vérifiable et contraignante sous l’égide de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).
Mais c’est aussi un critère sur lequel les Iraniens ne sont pas disposés à céder, et ils ont le mérite de la constance sur ce sujet. Ils en font une question de fierté nationale. Or, c’est la demande qu’a explicitement rappelée J.D. Vance aux Iraniens. Et l’Iran n’est pas prêt à cela.
Le deuxième point de blocage c’est évidemment le problème du verrouillage du détroit d’Ormuz. Un problème qui ne préexistait pas au lancement de la guerre et qui est venu s’ajouter de manière coextensive au reste.
Si les deux pays sont revenus sur l’échec des négociations, aucun n’a clairement commenté la suite des événements. À quoi faut-il s’attendre ?
Les Américains ont fait savoir que cet échec des négociations était « une mauvaise nouvelle pour l’Iran bien plus que ce ne l’est pour les États-Unis ». Et les Iraniens ont de leur côté considéré qu’il n’y avait aucun calendrier défini pour d’éventuelles prochaines négociations. Aucune des deux parties ne s’est pour l’instant prononcée sur une possible reprise du conflit armé. Mais rien ne peut être exclu.
D’ailleurs le dispositif militaire américain ne diminue pas. Au contraire, des renforts supplémentaires arrivent sur zone. L’Iran a un avantage pour lui en termes de temporalité. Ils s’inscrivent dans le temps long. Or, le temps c’est le talon d’Achille de Trump. Outre le occurrence qu’il est d’un caractère impatient à titre personnel, il est contraint par une temporalité politique courte. Au lancement de l’offensive, il avait assuré que le conflit serait court et il fait désormais face à un désaveu de plus en plus important au niveau national. L’horizon rapproché des Midterms de novembre prochain lui fait craindre de perdre à la Chambre des représentants voire au Sénat.
Une option semble se dessiner : celle qui consisterait à retourner l’arme du verrouillage du détroit d’Ormuz décrété par les Iraniens, en mettant en place un blocus naval comme le président américain l’a laissé entendre. Il s’agirait alors d’empêcher les pétroliers iraniens de sortir du Golfe persique pour livrer ce pétrole sous sanctions, notamment à destination de la Chine.
Cela permettrait à Donald Trump d’éviter à avoir à s’emparer de l’île de Kharg, terminal pétrolier iranien d’où partent 90 % des cargaisons du pétrole, avec l’idée d’assécher les revenus de régime iranien. Mais une telle option induirait logiquement une réplique iranienne avec la perspective d’une reprise des hostilités à plus ou moins grande échelle, sans résoudre nécessairement la problématique de l’obstruction de fait du détroit.
Depuis le début du conflit les Européens évitent autant que possible d’y prendre part et ont même refusé plusieurs appels du pied de Donald Trump. Sont-ils condamnés à rester spectateurs ?
Les Européens n’ont eu de cesse de faire valoir qu’ils ont été mis devant le élément accompli avec le lancement de cette guerre par Donald Trump. Mais ils sont aussi parmi les plus impactés par les conséquences de la fermeture du détroit d’Ormuz en termes d’approvisionnement énergétique. Les Européens disent désormais dit qu’ils sont prêts à participer à une coalition maritime destinée à sécuriser le détroit d’Ormuz, mais une fois que la situation le permettrait, c’est-à-dire de manière non-offensive. Or, on en est encore loin.
Il demeure que les Européens vont être contraints à un moment ou à un autre d’adopter une posture plus proactive en raison du risque qui prend forme, au-delà d’une hausse sur le coût des hydrocarbures, de réelles difficultés, sinon de rupture d’approvisionnement, notamment sur le gaz naturel liquéfié, mais pas seulement.
Source : www.huffingtonpost.fr
Conclusion : Notre rédaction vous tiendra informés des changements importants.

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