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12 avril 2026« Quand il y a un arrêt long, c’est bien qu’il y a une problématique de santé au travail à traiter » : entre prévention et accompagnement, les vérités du directeur de la médecine du travail de Narbonne
Analyse : Notre rédaction met en lumière les points essentiels à retenir.
Notre rédaction partage quelques remarques sur « « Quand il y a un arrêt long, c’est bien qu’il y a une problématique de santé au travail à traiter » : entre prévention et accompagnement, les vérités du directeur de la médecine du travail de Narbonne ».
Ce qu’il est utile de savoir
Philippe Rolland, directeur du service interprofessionnel de santé au travail (SIST) de Narbonne, est à la tête d’une personnel éditorial de sept médecins et sept infirmiers qui oeuvrent auprès de 4 500 entreprises et 36 000 salariés. Alors que la hausse des arrêts de travail s’est à nouveau imposée dans le débat politique, il rappelle tout l’intérêt d’un accompagnement renforcé du monde du travail.
En septembre 2024, déjà, lorsque le directeur général de la Sécu avait clamé sa volonté de « réagir » face à la hausse « de plus d’un milliard d’euros en 2024 » des « indemnisations des arrêts de travail (AT)« , Philippe Rolland, directeur du service interprofessionnel de santé au travail (SIST) de Narbonne, n’avait guère été supris par le retour de cette « Arlésienne ». Moins de deux ans plus tard, le sujet est de retour. Toujours autour de la thématique du « pognon de dingue » que représentent les indemnités journalières (IJ) versées aux salariés en arrêt. Le jeudi 9 avril, les ministres de la Santé et du Travail présentaient leur plan destiné à lutter contre l’absentéisme au travail, pointant le contexte d’une hausse de 10 % des arrêts entre 2019 et 2024 et un coût chiffré à 17,9 milliards d’euros en 2025, en cumulant les IJ maladie (12,1 milliards) et celles liées aux accidents du travail et maladies professionnelles (5,8 milliards).
Pour Philippe Rolland, l’annonce et les discours répétés qui ont précédé ces annonces relèvent d’une « stigmatisation », en jouant sur le caractère d’« irritants sociaux » que peuvent revêtir ces arrêts, surtout s’ils sont abusifs : « Bien sûr qu’il peut y avoir des doutes, bien sûr qu’on voit des « fake » arrêts, mais c’est une très très faible part. » Pas plus de goût pour le « bouton d’alerte » présenté le 9 avril, mis à disposition des chefs d’entreprises pour signaler à l’assurance maladie un arrêt suspect : « Les possibilités de contrôles, elles existent déjà. »
Un arrêt long, c’est terrible. Vous vous déconnectez du travail, et le travail se déconnecte de vous.
Un rappel de la réalité, avant d’inviter à bien saisir les significations et conséquences que peuvent avoir les arrêts, courts ou longs, sur les finances publiques, bien sûr, mais aussi pour les salariés et les entreprises. « Quand il y a un arrêt long, c’est bien qu’il y a une problématique de santé au travail à traiter, insiste le directeur d’un SIST qui œuvre auprès de 4 500 entreprises et 36 000 salariés, avec sept médecins du travail et sept infirmiers de santé. Un arrêt long, c’est terrible. Vous vous déconnectez du travail, et le travail se déconnecte de vous. Les arrêts longs, c’est ce qui coûte le plus cher, bien sûr. Mais ce sont aussi ceux qui sont les moins prescrits, à la différence des arrêts courts, qui ne font pas de mal à la Sécu, puisque c’est l’entreprise qui indemnise. Mais une succession d’arrêts courts, ça embête tout le monde : les collègues, l’entreprise. Et dans de nombreux cas, cette succession, c’est un signal faible, symptomatique d’un état de santé en lien avec le travail. »
Une connexion sur laquelle la médecine du travail ne peut pourtant intervenir : « Nous n’avons pas connaissance de ces arrêts courts. » Un angle mort pour le SIST, qui, espère Philippe Rolland, va bénéficier de la loi du 2 août 2021 pour renforcer la prévention en santé au travail, et d’un numéro 19 autorisant, notamment dans le cas d’un « risque de désinsertion professionnelle », la transmission « des informations relatives aux arrêts de travail » au service de prévention et de santé au travail, avant la reprise. Reste, comme c’était déjà le cas à l’automne 2024, à attendre qu’enfin tombe le décret d’application. La nouveauté pourrait, assure Philippe Rolland, changer beaucoup de choses dans l’accompagnement : « Vous ne pouvez pas imaginer tout ce qu’on déploie pour dire aux salariés de venir nous voir avant la fin de l’arrêt. C’est également souhaitable qu’un médecin du soin nous l’adresse quand le salarié est en phase de récupération. » Pas question ici de précipiter les choses. Mais au contraire de préparer au mieux le terrain, « pour étudier la situation de santé, voir avec le salarié s’il se resitue dans une perspective de reprise. Avec ça, je pense qu’on pourrait avoir des gains sur les jours d’arrêt ».
639 075 € d’aides financières versées en 2025 pour mettre en place de la prévention collective
Voilà pour les salariés déjà arrêtés. Mais c’est aussi, et toujours plus en amont, dans la prévention, que le SIST veut peser. Toujours avec les Relais de prévention, une formation de quatre modules d’une demi-journée, pour acquérir les connaissances sur la sécurité et la prévention dans l’entreprise, la rédaction du document unique (DU), la gestion des accidents du travail, des échanges autour des risques liés au secteur d’activité. « L’utilité de ces Relais a fait l’objet d’un consensus scientifique lors des Journées nationales Santé Travail d’octobre 2025. Et il y a une attente, qui ne se limite plus au DU, mais à de vrais plans d’actions pour la maîtrise des risques. » Et sur le sujet, assure Philippe Rolland, les « entreprises du secteur de Narbonne sont vertueuses ». Un engagement notamment autorisé par des aides mobilisables auprès de la branche risques professionnels de la Carsat : « 639 075 € d’aides financières ont été versées en 2025 pour mettre en place de la prévention collective. » Du concret, que le directeur du SIST choisit aussi d’illustrer par l’exemple d’un chef d’enreprise pour qui un « aménagement de poste » a été pensé, et financé « à 80 % pour la Carsat. Sans ça, on allait à la fermeture. Non seulement ça permet au patron de continuer, mais c’est aussi un dispositif qui va bénéficier à la santé de ses apprentis ». Et ainsi éviter de futurs arrêts.
Source : www.lindependant.fr
Conclusion : L’équipe éditoriale continuera à analyser les faits.

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