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Un regard de nos journalistes sur l'article « la presse internationale attend beaucoup de la chute d’Orban en Hongrie ».
Points clés à retenir
REVUE DE PRESSE – La victoire nette de Peter Magyar aux élections législatives a tout d’un désaveu de la politique de Viktor Orban, au pouvoir depuis 16 ans. Les Hongrois nourrissent l’espoir d’un nouveau départ, selon certains médias européens.
«C’est fini» («Es ist vorbei»), écrit sobrement le chroniqueur hongrois du quotidien allemand Suddeutsche Zeitung, apparemment très soulagé. Dans ce journal de tendance progressiste, il célèbre la chute de Viktor Orban avant d’analyser les ressorts de la victoire éclatante du candidat de centre-droit Peter Magyar. «La Hongrie est passée du jour au lendemain d’une terre de méfiance et de haine à une terre d’espoir», dit-il, se satisfaisant de la défaite cuisante du premier ministre sortant, 38% contre 54%. Face aux scènes de liesse observées à Budapest cette nuit, le correspondant du Figaro évoque, lui, «une immense catharsis après seize années de confiscation du pouvoir».
Aux États-Unis, les principaux médias ouvraient ce matin leur site avec la victoire de Magyar. Pour le New York Times, Viktor Orban, «n’a pas pu surmonter le mécontentement croissant de ses propres citoyens». Sur le plan intérieur, un éditorialiste du Monde affirme qu’Orban a enfoncé son pays dans l’impasse, mais aussi «opéré la construction méthodique d’un système clientéliste sans équivalent en Europe». Selon lui, le gouvernement hongrois déchu a démontré que «le populisme économique pétri de souverainisme et rongé par la corruption finit par produire de la stagnation».
Grâce à la «supermajorité» des deux tiers du parlement, le nouveau premier ministre aura désormais toute latitude pour gouverner comme il l’entend. Cela lui permettra, comme l’indique Politico Europe de «modifier la Constitution» et de démanteler les piliers de la «démocratie illibérale d’Orban», «anéantissant le contrôle strict exercé sur le pouvoir judiciaire, les entreprises publiques et les médias».
Désormais, les Hongrois espèrent «une reprise économique et un virage pro-européen avec Péter Magyar», selon le rédacteur en chef du journal conservateur autrichien Die Presse . Pour lui, «la Hongrie a désormais l’opportunité d’un nouveau départ». L’espagnol El Pais énumère avec enthousiasme les marqueurs du projet politique de Magyar : «l’européanisme, l’état de droit, le respect des voix critiques et de la communauté LGBTI».
«Bruxelles se débarrasse de son allié le plus encombrant»
À l’aube d’une nouvelle ère politique, un certain enthousiasme se répand donc dans de nombreux journaux européens de tendance centriste. Le Zeit estime que «la démocratie a triomphé» et que l’Union européenne se voit désormais «débarrassée de l’un de ses problèmes les plus urgents». El Pais juge également que Bruxelles se débarrasse de «son allié le plus encombrant, davantage aligné avec les États-Unis, la Russie et la Chine qu’avec ses partenaires européens». Parallèlement, indique le Washington Post, Washington et Moscou perdent leur « plus proche compatriote idéologique en Europe».
La défaite d’Orban est aussi un sévère coup porté à ceux qui l’avaient soutenu avec ferveur. Dans le média polonais Wyzborca, le chroniqueur affirme que ce sont aussi Trump et Poutine qui ont perdu les élections en Hongrie. «Aujourd’hui, Budapest a envoyé un signal au monde entier : la marche des autocrates peut être stoppée», écrit-il, plein d’entrain. Le Times britannique s’exprime dans le même sens, estimant qu’il ne s’agit pas que d’un «revers pratique» pour Trump, mais «d’une remise en question du principe central de toute sa stratégie européenne». À savoir, l’idée que «le vieux continent s’est enfoncé dans la décadence sous une coterie dirigeante hyperlibérale» et qu’il faudrait le sauver de lui-même en recourant aux forces nationalistes et réactionnaires telles que le Fidesz.
Magyar opposé à l’envoi d’armes à l’Ukraine
Toutefois, certains médias tempèrent leurs ardeurs, connaissant encore mal les ambitions de Peter Magyar, dont la campagne s’est centrée essentiellement sur la lutte contre la corruption. S’il promet de rétablir des relations plus apaisées avec Bruxelles, le journal roumain Adevarul se demande si «le nouveau gouvernement parviendra à tenir ses promesses de réformes et à rétablir les relations avec ses partenaires européens». Selon le Times, «les pressions politiques internes pourraient, à terme, limiter la volonté de Magyar de collaborer avec Bruxelles». Par ailleurs, le chef de file du parti Tisza a des réserves à l’égard de certaines politiques européennes, comme le rappelle le Washington Post : «il s’est opposé à l’envoi d’armes à l’Ukraine et a indiqué que les importations d’énergie russe par la Hongrie se poursuivraient pour le moment, malgré les efforts de l’UE pour réduire sa dépendance au gaz et au pétrole russes.»
Concernant spécifiquement la guerre en Ukraine, un tournant pourrait tout de même s’amorcer, notamment avec le déblocage d’un prêt européen de 90 milliards d’euros, gelé depuis des semaines, en raison d’un veto de Viktor Orban. Le New York Times reste prudent, se demandant si la Hongrie va effectivement passer du «statut de perturbateur à celui de soutien de l’Ukraine», car l’opinion publique hongroise «reste sceptique quant à un soutien inconditionnel à Kiev».
Source : www.lefigaro.fr
Conclusion : La rédaction continuera à observer cette actualité pour informer ses lecteurs.

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