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5 mars 2026« Une logique de martyrologie » : pour le régime islamique, « la vie des civils n’est pas un sujet », dénonce une Franco-iranienne
Les habitants de Téhéran se retrouvent bloqués sous les bombes, sous la coupe d’un régime qui se “renforce” par les morts de sa population, explique Aïda Tavakoli, Franco-iranienne et présidente de l’association « We are Iranian students ».
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Pas de répit. Les frappes s’enchaînent sans relâche, jeudi 5 mars, sur les capitales du Moyen-Orient, de Téhéran à Beyrouth en passant par les mégalopoles du Golfe, dans une guerre qui n’en finit pas de s’étendre et plonge la planète entière dans l’inquiétude.
L’offensive américano-israélienne sur l’Iran, officiellement destinée à empêcher Téhéran de se doter de l’arme nucléaire, a depuis samedi initié une incertaine recomposition des rapports de force dans la région. Il a surtout plongé dans l’insécurité la plus totale les Iraniens, et notamment les habitants de Téhéran.
Si les destructions sont visibles, la situation des habitants de la capitale est très incertaine, comme l’explique Aïda Tavakoli, doctorante franco-iranienne et fondatrice et présidente de l’association « We are Iranian students ». Ses parents sont bloqués à Téhéran et la communication avec eux est difficile.
« Les communications internet sont coupées, les seules communications que l’on peut établir sont celles par les lignes téléphoniques classiques », raconte-t-elle à franceinfo. Elle a réussi à contacter sa cousine, qui vit sur place. Lors de leur conversation, elle apprend que certaines frappes s’abattent « extrêmement proches » du quartier de Téhéran où réside sa famille, « le matin, le midi, le soir et la nuit. »
D’autant qu’il est très compliqué de fuir la capitale. « Ma cousine m’a expliqué que toutes les routes qui permettent de sortir de Téhéran sont fermées par des checkpoints qui ralentissent énormément le trafic et créent donc des embouteillages de plusieurs heures. » Le carburant manque aussi pour les véhicules, les pompes à essence étant soit détruites par les bombardements soit fermées. Une pénurie qui fait planer « l’angoisse de tomber en panne au milieu de la route et d’être pris au piège sous les bombes ».
« On sent que l’excitation du début avec la mort du guide (Ali Khamenei, NDLR) dès le premier jour a laissé petit à petit la place à la grande angoisse de cette séquence guerrière », poursuit Aïda Tavakoli, qui craint que la population civile ne devienne une cible du gouvernement. « C’est une stratégie du régime islamique qui souhaite, avec cette martyrologie très spécifique à ce régime, augmenter le nombre de morts civils de manière à pouvoir nourrir sa propagande anti-occidentale », explique-t-elle. Avant de trancher : « Deux pays se font la guerre, mais l’un d’entre eux ne protège pas sa société civile ».
Aïda Tavakoli rappelle aussi la forte répression des dernières manifestations par le régime : « On l’a vu en janvier, il est prêt à tuer autant qu’il faut pour se maintenir au pouvoir, c’est pour ça que cette séquence est aussi angoissante. « La protection de la vie et de la vie des civils notamment n’est absolument pas un sujet pour le régime islamique, insiste-t-elle. Il s’est établi au pouvoir à travers la guerre Iran-Irak qui a duré pendant 8 ans entre 1980 et 1988 et s’est nourri du demi-million de morts que cette guerre a causés. Avec cette martyrologie, chaque mort les renforce, donc ils ne sont pas du tout dans une logique, elles ne l’ont jamais été, de protection de la vie, ils sont dans une logique de martyrologie et de tuerie aussi de masse des civils pour se garder au pouvoir. »

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