
De multiples explosions dans le ciel iranien pour la première fois depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu
24 avril 2026
Elle fixe le taux du Livret A et fabrique les billets… Qui parviendra à raffler le stratégique poste de gouverneur de la Banque de France ? (Une femme pourrait être nommée pour la première fois)
24 avril 2026Analyse : Nos journalistes proposent quelques éléments à retenir de cette actualité.
Quelques observations clés de notre rédaction sur « le régime iranien est-il aussi « divisé » que le prétend Donald Trump? ».
À ne pas manquer
Les dirigeants iraniens maintiennent un front uni face aux Américains malgré les récentes affirmations de Donald Trump. Si des désaccords existent au sein du régime, ils n’apparaissent pas au grand jour.
Les négociations entre les États-Unis et l’Iran sont toujours au point mort et le détroit d’Ormuz est devenu le théâtre d’un bras de fer naval entre les deux camps. Si les discussions s’enlisent, c’est la faute de Téhéran, selon Donald Trump.
En annonçant mardi une prolongation sine die du cessez-le-feu et une poursuite du blocus américain, le président a notamment justifié sa décision par de « graves divisions au sein du gouvernement iranien ».
« Il nous a été demandé de suspendre notre attaque contre l’Iran jusqu’à ce que ses dirigeants et représentants présentent une proposition unifiée », a-t-il avancé.
Une version immédiatement rejetée côté iranien. « Les discours sur les divisions au sein des hauts responsables ne sont qu’une vieille manœuvre politique et de propagande des adversaires de l’Iran » a rétorqué mercredi sur X un porte-parole adjoint du président iranien. « L’unité et le consensus entre le terrain, l’opinion publique et les diplomates ont été exceptionnels et remarquables en ce moment », a-t-il assuré.
« En Iran, il n’y a ni extrémistes ni modérés; nous sommes tous ‘iranien’ et ‘révolutionnaire’, avec une union de fer entre la nation et le gouvernement, en suivant pleinement le Guide suprême de la Révolution », a de son côté affirmé le président iranien Masoud Pezeshkian.
Refus collégial d’aller à Islamabad
Qu’en est-il réellement? Si l’on s’en tient aux déclarations publiques, les dirigeants iraniens ont parlé d’une seule voix pour rejeter les pourparlers avec les Américains et refuser de se rendre à Islamabad pour négocier sous l’égide du Pakistan. Le régime a accusé Washington de violer le cessez-le-feu et de manquer de « sérieux dans la recherche d’une solution diplomatique ».
« Tous les responsables du régime disent qu’il faut que les États-Unis lèvent le blocus des ports iraniens pour que les négociateurs puissent aller reprendre les négociations avec les Américains », explique à BFM Azadeh Kian, professeure de sociologie politique à l’université de Paris-Cité et spécialiste de l’Iran.
« Ils sont tous d’accord pour ne pas céder aux menaces de Trump et estiment qu’avant de pouvoir négocier, il faut déjà rétablir la confiance avec les Américains, dans la mesure où ils ont été attaqués une fois en juin 2025 et une deuxième fois en février 2026 au moment même où ils étaient en train de négocier avec eux », poursuit-elle.
Cette analyse est partagée par de nombreux observateurs de l’Iran. « Il n’existe aucune preuve d’une profonde fracture à la tête de l’Iran à l’heure actuelle », affirme auprès de l’AFP Sanam Vakil, directrice du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord du groupe de réflexion britannique Chatham House. Le système iranien est « parcouru par des divisions entre factions (…) mais celles-ci n’apparaissent généralement pas au grand jour », selon elle.
« Existe-t-il des divergences? Bien sûr », abonde auprès de CNN Trita Parsi, du think-tank américain Quincy Institute. Mais affirmer que l’incapacité des deux camps à conclure un accord serait due à des messages contradictoires iranien est « déconnecté de la réalité », selon cet analyste d’origine iranienne.
Un pouvoir qui se concentre
Le paysage politique iranien n’a jamais été monolithique depuis la Révolution islamique de 1979, qui a créé une théocratie avec à sa tête un guide désigné à vie, dont dépend le puissant corps des gardiens de la révolution, mais aussi un président et un Parlement élus au suffrage universel.
Le système était toutefois dominé par le guide suprême Ali Khamenei, à son poste pendant plus de 36 ans, dont les décisions s’imposaient au reste du pouvoir iranien. Sa mort dans une frappe israélo-américaine a changé la donne. Son fils et successeur, Mojtaba Khamenei, n’est toujours pas apparu en public depuis sa nomination. On le dit défiguré et gravement affaibli, au point que certains experts mettent en doute son réel pouvoir de décision.
Au fil de la guerre, le régime a changé de visage. L’élimination de nombreux hauts dirigeants – le guide suprême Ali Khamenei mais aussi le chef des Gardiens de la Révolution, Mohammad Pakpour, ou encore le chef de la sécurité Ali Larijani – a eu pour effet de concentrer le pouvoir aux mains d’un plus petit groupe.
« Ce sont désormais les gardiens de la révolution et l’armée qui dominent le régime », affirme la chercheuse Azadeh Kian, qui estime qu’on ne devrait plus utiliser l’expression de « régime des mollahs » pour désigner l’Iran.
Selon elle, « l’Iran est devenu un régime militarisé ». Et celui-ci s’est durci. « À chaque fois que les Israéliens ou les Américains ont éliminé un responsable, il a été remplacé par quelqu’un d’encore plus dur », assure la spécialiste de l’Iran.
Une frange plus radicale opposée aux négociations
Si tous les dirigeants iraniens actuels sont tenants d’une ligne farouchement anti-américaine, cela n’empêche pas certains d’entre eux de vouloir s’engager sur la voie diplomatique. L’un des dirigeants les plus visibles ces dernières semaines a été le président du parlement Mohammad Bagher Ghalibaf, un ancien commandant des Gardiens de la Révolution et chef de la police.
C’est lui qui a mené la délégation iranienne à Islamabad le 11 avril, face au vice-président américain JD Vance, pour des négociations directes inédites depuis la Révolution islamique de 1979, conclues sans accord. Décrit comme un tenant de la ligne « pragmatique » à Téhéran, il a accordé un entretien à la télévision d’Etat pour défendre l’option diplomatique. Une prise de parole qui peut être perçue comme une possible réponse à certaines critiques internes.
Lorsque le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a indiqué la semaine dernière que le détroit d’Ormuz était ouvert à la navigation commerciale, il a ainsi été vivement critiqué par les tenants de la ligne la plus dure du régime. L’agence de presse Tasnim, réputée proche des gardiens de la Révolution, a ainsi dénoncé « un manque total de tact dans la diffusion de l’information ».
« Il y aussi à Téhéran des manifestations où s’expriment les partisans les plus radicaux du régime. On y entend des slogans très hostiles aux ‘pragmatiques’ comme Abbas Araghchi », complète Azadeh Kian. Des voix discordantes qui, à ce jour, n’ont pas directement mis à mal les négociations avec les Etats-Unis.
Source : www.bfmtv.com
Conclusion : Nous restons vigilants sur les évolutions de cette information.

9999999
