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La diplomatie chinoise s’affirme sur la scène internationale en proposant d’accueillir le secrétariat d’un traité pour la protection des mers. Ce geste symbolique contraste avec la posture protectionniste des États-Unis sous Donald Trump.
L’information est passée presque inaperçue, mais elle mérite qu’on s’y arrête à l’heure où les tensions internationales s’aiguisent. Vendredi 16 janvier, la diplomatie chinoise a proposé d’accueillir sur son sol le secrétariat du nouveau traité international pour la protection des mers.
Un geste d’apparence technique, mais hautement symbolique : tandis que les États-Unis de Donald Trump s’enfoncent dans une posture à la fois illibérale et impériale, multipliant les retraits d’organisations onusiennes et prônant un protectionnisme toujours plus agressif, l’autoritaire régime chinois cherche désormais à incarner un pôle de stabilité. Le tout, en continuant d’accentuer la pression sur Taïwan.
« La loi de la jungle »
À Davos, mardi 20 janvier, le vice-Premier ministre chinois He Lifeng a déploré qu’« un petit nombre de pays privilégiés ne devraient pas bénéficier d’avantages fondés sur leurs seuls intérêts, et que le monde ne peut pas revenir à la loi de la jungle, où les forts s’en prennent aux plus faibles ». En décembre dernier déjà, il alertait contre le « retour d’une mentalité de guerre froide », dénonçant un monde où « la force piétine le droit, la puissance défie la justice et l’hégémonie remplace le dialogue ».
À Washington, le ton est tout autre. Ce mercredi 21 janvier, Donald Trump a multiplié les provocations, réclamant « un bout de glace en échange de la paix mondiale ». « Ce n’est pas grand-chose en retour de ce que nous avons donné depuis des décennies », a-t-il justifié.
Make… China great again ! ?
Résultat, un an après le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, de nombreux pays estiment désormais que la Chine est sur le point de renforcer encore sa puissance, selon une étude (« How Trump is making China great again ») publiée le jeudi 15 janvier par le think tank européen ECFR. « Avant même son intervention spectaculaire au Venezuela, son approche agressive de l’America first poussait déjà de nombreux pays à se rapprocher de la Chine », qui a enregistré un excédent commercial de près de 1 200 milliards de dollars pour la seule année 2025.
Les gestes d’ouverture de la Chine trouvent ainsi un écho croissant. Et rien n’illustre mieux cette situation que la visite du Premier ministre canadien, Mark Carney, à Pékin, la semaine dernière. Après des années de brouille entre Justin Trudeau et Xi Jinping, Ottawa a salué « un nouveau partenariat stratégique » avec Pékin qui, en retour, s’est félicité de ce « nouveau chapitre » ouvert. Les deux dirigeants se sont entendus sur une réduction des droits de douane imposés par Pékin sur les graines de canola canadiennes et certains produits de la mer, tandis qu’Ottawa autoriserait l’importation de 49 000 véhicules électriques chinois.
Pas plus tard qu’hier, Emmanuel Macron a aussi indiqué que « la Chine est la bienvenue ! Nous avons besoin de plus d’investissements directs chinois en Europe dans certains secteurs clés pour contribuer à notre croissance. »
Pendant ce temps, à Taïwan…
Juste avant l’enlèvement de Nicolas Maduro par les forces américaines, le 29 et 30 décembre, la Chine a mené deux jours de manœuvres militaires, avec notamment la simulation d’un blocus des ports de l’île que Pékin considère comme faisant partie de son territoire.
Une vingtaine de navires et 207 chasseurs et bombardiers ont pris part à ces exercices à tirs réels baptisés « Mission justice 2025 ». Selon les observateurs de la Chine, ces « exercices » ont été les plus importants jamais organisés autour de Taïwan depuis ceux de 2022.
Une mise en garde adressée à Washington, après l’annonce le 18 décembre de livraisons d’armes pour un montant record de 11,1 milliards de dollars à Taïwan. Mais aussi, et pour la première fois de façon aussi nette, au Japon, après des propos tenus en novembre par le Premier ministre Sanae Takaichi suggérant explicitement qu’une attaque chinoise contre Taïwan pourrait déclencher une réponse militaire du Japon.

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