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Casquettes et sac à dos constellés d’épinglettes, espaces dédiés, files d’attente dès l’aube pour trouver la perle rare… Les JO d’hiver italiens perpétuent une tradition ancienne des Jeux, celle du troc de pin’s olympiques.
Sur l’esplanade du Duomo, à Milan, un Américain coiffé d’une casquette couverte de pin’s se fait arrêter par deux jeunes Italiens. Les deux hommes le complimentent pour une pièce rare qu’il porte, puis lui tapent dans la main, comme s’ils se connaissaient depuis toujours. Aux Jeux olympiques de Milan-Cortina, les pin’s sont une forme de sésame social, qui se collectionnent et s’échangent à tout-va.
Une tradition olympique qui ne date pas d’hier. Durant les JO d’Athènes en 1896, les toutes premières olympiades de l’ère moderne, les délégations portaient des badges en carton pour identifier les athlètes et les officiels. L’objet, d’abord utilitaire, devient rapidement un souvenir, et la production explose. À Lillehammer (Norvège), ville hôte des JO d’hiver en 1994, une entreprise locale en fabrique et en vend 18 millions d’exemplaires. Au point que sponsors et comités d’organisations se sont emparés de cette mode. L’échange d’épinglettes est ainsi «le sport officieux des Jeux», selon Coca-Cola, partenaire historique des JO. Le géant américain des sodas s’est inscrit très tôt dans ce phénomène, avec un premier centre d’échanges ouvert lors des Jeux olympiques d’hiver de Calgary (Canada), en 1988.
Jim, originaire de l’Utah, aux États-Unis, collectionne les pin’s depuis les JO d’hiver américains de Salt Lake City en 2002. «Les pin’s m’ont permis d’acquérir un morceau tangible de l’histoire olympique», raconte-t-il. Il n’a encore jamais assisté aux Jeux, mais échange ses trésors en ligne via des groupes Facebook. «Je suis un collectionneur atypique : j’ai fait la plupart de mes acquisitions à distance. Les réseaux sociaux sont essentiels pour savoir quels pin’s sortent et où les trouver», explique l’Américain.
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Un pin’s obtenu de… Snoop Dogg
Dan, 65 ans et originaire du Missouri, aux États-Unis, a également découvert le phénomène lors des JO de 2002, lorsqu’il travaillait comme agent de sécurité dans un hôtel du Comité international olympique (CIO). Depuis, il enchaîne les olympiades avec son épouse, Denise, tous deux bénévoles aux JO 2026. «C’est ma sixième participation. Nous avons déjà échangé environ 150 pin’s depuis le début des Jeux», évalue le policier à la retraite. Parmi ses pin’s préférés, l’un est en forme de colombe olympique, et un autre est une pièce rare représentant le «Taïpei chinois». «Chaque échange est un souvenir, ma femme en a même obtenu un de Snoop Dogg , qui était présent au village olympique le 11 février», sourit Dan.
Aux JO de Milan-Cortina, la fièvre des pin’s est intacte. La ville a même ses endroits dédiés, avec un espace «Looney Tunes», sponsorisé par Warner Bros, qui accueille les collectionneurs. Dans le parc Sempione, face à la fan-zone, un bâtiment surnommé «The Peak» par Coca-Cola attire des files d’attente quotidiennes. Les fans peuvent venir échanger leurs pin’s, mais aussi en tirer un, au hasard, de la collection dédiée aux villages olympiques de cette édition, comme Milan, Cortina, Bormio ou Livigno. De son côté, YesMilano, l’agence de promotion touristique de la ville, a créé douze pin’s officiels. Chaque matin, à 8h, son compte Instagram dévoile le lieu de distribution des 250 exemplaires du jour. Navigli, Brera, château des Sforza… Tous les quartiers de la ville sont mis à l’honneur, et les amateurs sont chaque jour prêts à se lancer dans une véritable chasse au trésor.
Coca-Cola
«Un moyen incroyable de faire des rencontres»
Pour certains, c’est aussi l’occasion de se découvrir une nouvelle passion. Silvia, bénévole italienne de 42 ans, n’avait jamais entendu parler des collections de pin’s olympiques avant les JO de Milan-Cortina : «Je viens de commencer par ceux de mon équipe, puis ceux des sponsors. Au village, des managers m’ont donné des pin’s d’athlètes. On m’arrête souvent pour m’en échanger.» Elle en compte déjà 23 et espère dénicher ceux des équipes néerlandaise et japonaise. «C’est une façon d’entrer pleinement dans l’esprit olympique», lance-t-elle.
Laurent, un Français de 47 ans, est, lui, un collectionneur assidu depuis les Jeux d’Albertville en 1992. Son truc à lui, ce sont les pin’s de mascottes. «J’en ai plus de 10.000, l’une des plus importantes collections au monde dans cette catégorie», affirme fièrement ce directeur administratif et financier. Le 13 février, il s’est rendu au Pin Trading Center pour retrouver «des amis venus du monde entier». «Les pin’s sont un moyen incroyable de faire des rencontres. Au village olympique, c’est même devenu le hobby principal des athlètes», assure-t-il.
Photo personnelle de Laurent
Dans les boutiques officielles des JO de Milan-Cortina, les pin’s arrivent ainsi en quatrième position des ventes, derrière les peluches des mascottes Milo et Tina. «Faciles à acheter, à conserver et à échanger, ils deviennent de véritables souvenirs des Jeux», se félicite l’organisation de ces JO. À Milan, comme ailleurs, la flamme olympique tient parfois à une simple épingle.

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