
Tirs au gala de la presse de Donald Trump à Washington : ce que l'on sait
26 avril 2026
le dîner des correspondants de la Maison-Blanche avec Donald Trump vire au cauchemar à Washington
26 avril 2026Analyse : Cette nouvelle a été étudiée par nos journalistes pour une synthèse rapide.
L'article « 40 ans après l’accident nucléaire, Tchernobyl n’est pas devenu le « paradis » des animaux » a retenu l'attention de notre équipe.
Ce qu’il est utile de savoir
ALEKSNDR SIROTA, ALEKSANDER SIROTA / AFP
Des chevaux de Przewalski galopent dans la zone d’exclusion de Tchernobyl, le 26 août 2017.
• Les espèces qui sont présentes subissent tout de même les conséquences des radiations loin de l’image de paradis qui fleurit sur Internet.
• La zone d’exclusion est un terrain d’étude pour comprendre l’impact des radiations, mais les recherches sont perturbées par le conflit en Ukraine.
Des cerfs dans la neige, des chevaux de Przewalski galopant dans une prairie verdoyante ou des lynx dans la forêt : les photos de mammifères prospérant autour de Tchernobyl, 40 ans après la pire catastrophe nucléaire de l’Histoire, abondent sur Internet. Mais derrière ces scènes semblant presque irréelles, les chercheurs constatent, au fil de leurs découvertes, que ces animaux ne sont pas tous en bonne santé.
Les scientifiques ont d’abord cru que la nature ne retrouverait jamais sa superbe lorsque, le 26 avril 1986, le quatrième réacteur de la centrale de Tchernobyl (alors en Union soviétique) a explosé, forçant l’évacuation de 135 000 habitants et provoquant la mort des plantes et des animaux les plus fortement irradiés. « Dans les deux à trois mois après l’accident, les niveaux élevés de rayonnements radioactifs ont provoqué une mort massive de pins. Les milliers d’arbres morts, devenus roux, ont donné à la forêt de Tchernobyl son nom de “forêt rousse” », raconte Olivier Armant, chef du laboratoire d’écologie et d’écotoxicologie des radionucléides à l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ANSR).
Moins de quinze ans plus tard, la nature reprend pourtant ses droits, comme par miracle. « Aux alentours des années 2000, on observe un retour des loups, des bisons, des lynx, des chevreuils… », cite notamment Olivier Armant, qui souligne que ces « grands animaux se sont retrouvés libérés de toute pression humaine » dans la zone d’exclusion de l’ancienne centrale. Devenue une réserve naturelle, elle s’étend sur 4500 km2 – soit plus de 40 fois la taille de Paris – , à cheval entre l’Ukraine et la Biélorussie, et est toujours interdite d’accès à la population.
SERGEI SUPINSKY / AFP
Un cheval de Przewalski près d’une route forestière dans la zone d’exclusion de Tchernobyl, le 13 avril 2021.
Des champignons et grenouilles noirs
La surprise a été tout aussi grande pour les chercheurs quand ils sont tombés sur des espèces « métamorphosés » par la radioactivité. Au cœur du sarcophage endommagé de la centrale, une staff de scientifiques américains et russes a trouvé, à la fin des années 1990, de drôles de champignons, riches en mélanine, un pigment noir similaire à celui présent dans la peau humaine leur permettant de survivre à des « radiations ionisantes très élevées », relate le chercheur de l’ANSR. Certains scientifiques, comme la microbiologiste Ekaterina Dadachova, émettent même l’hypothèse vertigineuse que ces micro-organismes sont capables d’utiliser les particules radioactives pour grandir plus vite, à l’instar des plantes qui utilisent les UV du soleil.
Des grenouilles sont aussi plus souvent noires que vertes à Tchernobyl, apprend au HuffPost Germán Orizaola, chercheur à l’unité de zoologie du département de biologie des organismes et des systèmes de l’université d’Oviedo, en Espagne. « Nos travaux révèlent que les rainettes de l’Est sont plus foncées dans les zones avec des niveaux élevés de rayonnement, alors qu’elles conservent leur coloration vert vif habituelle dans les localités non contaminées situées à proximité », développe le spécialiste.
GERMAN ORIZAOLA/PABLO BURRACO
Une grenouille « noire » découverte dans la zone d’exclusion de Tchernobyl et une verte, retrouvée en dehors de la zone.
Ce phénomène est lié, d’après ses recherches, à « un processus de sélection naturelle favorisant les individus qui étaient légèrement plus foncés au moment de l’accident. » Concrètement, grâce à leur forte teneur en mélanine, les rainettes noires auraient mieux résisté aux radiations, survécu et davantage transmis leurs gènes.
Mutations et réduction de la taille du cerveau
Olivier Armant a aussi beaucoup étudié le cas des « rainettes arboricoles » à Tchernobyl, car elles sont des « espèces sentinelles », c’est-à-dire que leur état de santé reflète celui de l’écosystème dans lequel elles vivent. Or, elles connaissent « des problèmes de reproduction » et sont « plus petites » par rapport à des populations non exposées à la contamination radioactive, pointe le chercheur.
Des mutations ont aussi été observées chez certains oiseaux, « notamment les hirondelles, avec une réduction de la taille du cerveau », souligne Olivier Armant. À Tchernobyl, il reste difficile de relier précisément ces effets à une dose de radiation, car les oiseaux se déplacent beaucoup et ont des régimes alimentaires différents, ce qui complique les estimations. En revanche, sur le site Fukushima, des études robustes sur des macaques japonais ont clairement montré une diminution de la taille du cerveau chez les fœtus.
Beaucoup d’oiseaux et de pollinisateurs, comme les abeilles, sont aussi pénalisés par la diminution des arbres fruitiers, qui poussent beaucoup moins sur une terre irradiée, a démontré une étude publiée en 2012. Quant aux rongeurs, les campagnols vivant sur les sites hautement contaminés sont plus souvent atteints de cataractes, une maladie rendant aveugle.
Un « laboratoire » pour la science
Les images montrant l’abondance de la faune sont donc ternies par les avancées scientifiques, qui leur dressent un bilan de santé préoccupant. Cette zone, qui « va rester inhabitable pour l’Homme encore plusieurs centaines d’années, voire des milliers d’années, n’est pas le paradis sur Terre », insiste à cet égard Olivier Armant, qui préfère parler d’un « laboratoire pour les scientifiques ».
La zone d’exclusion constitue effectivement un véritable terrain d’étude à ciel ouvert : « nous avons appris que l’activité humaine est en réalité un facteur bien plus pénalisant pour la faune, que ne l’est le rayonnement résiduel », décrypte le docteur en zoologie Germán Orizaola. Par ailleurs, l’étude à long terme des effets d’un stress environnemental sur la faune sauvage permet « d’anticiper la capacité des espèces à faire face à d’autres pressions futures, comme le changement climatique », souligne Olivier Armant.
Les travaux des chercheurs ont toutefois été arrêtés net par la guerre en Ukraine et ils n’ont plus accès à la zone d’exclusion. Malgré une occupation d’un mois de la centrale par les troupes de Vladimir Poutine en février 2022, Germán Orizaola reste optimiste, « car la majeure partie de la zone est restée inoccupée », laissant penser que de nombreux animaux ont pu s’y réfugier. Une fois de plus, les animaux de Tchernobyl pâtissent directement des conséquences des activités humaines.
Source : www.huffingtonpost.fr
Conclusion : Cette situation fera l’objet d’une observation continue de notre rédaction.

9999999
