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Voici quelques observations de notre rédaction sur « À Washington, Charles III s’adresse au Congrès, et indirectement à Donald Trump ».
Points saillants
Le roi d’Angleterre a prononcé une allocution chaleureuse et pleine d’humour, mais où il a rappelé sans ambiguïtés l’importance d’une alliance transatlantique malmenée par Trump.
L’Otan, l’Ukraine et la Royal Navy ont fait partie des thèmes évoqués par le roi d’Angleterre dans son discours devant le Congrès mardi après-midi. Si Donald Trump était absent du Capitole pour des raisons protocolaires, il était difficile de ne pas prendre ses remarques, prononcées d’un ton courtois mais dépourvu d’ambiguïté, comme des répliques à un président américain qui dénigre l’Alliance atlantique, abandonne les Ukrainiens et moque la marine britannique. En rappelant l’importance des liens entre les États-Unis et son pays, le souverain a répondu en insistant sur des valeurs partagées, après des mois de provocations de Donald Trump, qui a déclenché la plus grave crise de confiance dans les relations transatlantiques depuis des générations.
Avec chaleur et un certain humour, le roi Charles III a rappelé aux élus américains quelques principes fondamentaux d’une république qu’ils ont fondée en se révoltant contre sa Couronne il y a 250 ans. Premier roi britannique à s’adresser devant le Congrès américain, et le deuxième souverain à le faire après sa mère la reine Elizabeth II en 1991, Charles III a élégamment évoqué l’épisode de l’indépendance des anciennes colonies britanniques pour rappeler un passé commun. «Soyez assurés, mesdames et messieurs, que je ne suis pas ici dans le cadre d’une quelconque manœuvre d’arrière-garde», a dit le roi en déclenchant les rires de l’assemblée. Le lointain descendant de George III, le dernier roi d’Amérique, a évoqué l’esprit de la déclaration d’indépendance de 1776 pour convenir que «si notre partenariat est né d’un différend, il n’en est pas moins solide».
«Les relations entre nos deux peuples s’étendent au-delà des 250 ans, elles courent sur plus de quatre siècles», a insisté Charles III. «Il est extraordinaire de penser que je suis le 19e de notre lignée de souverains à suivre quotidiennement les affaires de l’Amérique ; c’est donc avec le plus grand respect pour le Congrès des États-Unis, cette citadelle de la démocratie créée pour représenter la voix de tout le peuple américain, pour faire progresser les droits et libertés sacrés, que je me présente aujourd’hui devant cette célèbre assemblée.»
Un plaidoyer pour l’Alliance atlantique
Le roi a cité Oscar Wilde pour rappeler que son pays «a tout en commun avec l’Amérique, à l’exception de la langue». Cette allusion au conte du Fantôme de Canterville, où une famille américaine s’installe dans un château anglais hanté, n’était pas la seule référence littéraire pour évoquer les malentendus qui surviennent entre l’ancien royaume et la grande république. Il a aussi paraphrasé Charles Dickens, autre auteur britannique qui fut parfois critique des Américains, en soulignant que leur indépendance aurait pu s’appeler «le conte des deux Georges», en opposant le premier président américain, George Washington, et son arrière-arrière-arrière-arrière-grand-père, le roi George III.
«Les pères fondateurs étaient des rebelles audacieux et imaginatifs, motivés par une cause», a reconnu Charles III, rendant hommage à ces ex-sujets révoltés contre la Couronne. Mais il a surtout insisté sur le legs commun aux deux pays. «Nos nations sont, en réalité, sur la même longueur d’onde, fruit de traditions démocratiques, juridiques et sociales communes dans lesquelles notre gouvernance est enracinée. À ce jour, en s’appuyant sans cesse sur ces valeurs et ces traditions, nos deux pays ont toujours trouvé le moyen de s’entendre.»
Ces appels à la longue amitié entre le Royaume-Uni et les États-Unis étaient destinés à rappeler l’importance d’une relation qui traverse une crise de confiance profonde déclenchée par le président américain. Mais à la différence d’autres chefs d’États étrangers qui ont tenté de l’apaiser en se pliant à l’avance devant lui, le roi Charles III a choisi de rappeler quelques principes et quelques faits, qui sonnaient comme autant de répliques à des attaques récentes de Trump. Charles a ainsi parlé de l’importance de la foi chrétienne, mais pour appeler à une «meilleure compréhension interconfessionnelle» et souligner le «respect qui se développe quand des personnes de confessions différentes approfondissent leur compréhension mutuelle». Il a aussi insisté sur l’importance de l’Alliance atlantique, envers laquelle Donald Trump nourrit une vindicte presque personnelle. «Cette alliance fait partie de ce qu’Henry Kissinger a décrit comme la vision ambitieuse d’un partenariat atlantique reposant sur deux piliers, l’Europe et l’Amérique», a dit Charles. «Ce partenariat est plus important aujourd’hui qu’il ne l’a jamais été.»
«Une ère plus instable et plus dangereuse»
Charles III a aussi rappelé que le premier souverain britannique régnant à avoir mis les pieds en Amérique était son grand-père, le roi George VI, venu en visite en 1939, «alors que les forces du fascisme en Europe gagnaient du terrain… Peu après, les États-Unis se sont joints à nous pour défendre la liberté. Nos valeurs communes ont prévalu». «Aujourd’hui, nous entrons dans une nouvelle ère qui, à bien des égards, est plus instable et plus dangereuse que le monde dont ma défunte mère a parlé dans cet édifice en 1991», a mis en garde le roi. «Les défis auxquels nous sommes confrontés sont trop grands pour qu’une seule nation puisse les supporter seule. Mais dans cet environnement imprévisible, notre alliance ne peut se reposer sur ses lauriers, ni présumer que ses principes fondateurs perdureront d’eux-mêmes… Notre partenariat est indispensable. Nous ne devons pas faire fi de tout ce qui nous a soutenus au cours des 80 dernières années. Au contraire, nous devons nous appuyer sur cela.»
Charles III a aussi répondu indirectement à Donald Trump en rappelant qu’il avait lui-même servi avec «une immense fierté dans la Royal Navy, suivant les traditions navales de mon père, le prince Philip, de mon grand-père, le roi George VI, de mon grand-oncle, Lord Mountbatten, et de mon arrière-grand-père, le roi George V». L’évocation de ces états de service n’étant évidemment pas complètement déconnectée des moqueries du président américain et de son secrétaire à la Défense envers la marine britannique.
Le roi a aussi répondu, courtoisement mais sans aucune équivoque, aux commentaires désobligeants de Trump qui avait accusé l’Otan «de ne jamais avoir été là pour nous». Le président américain avait aussi ulcéré les Britanniques en minimisant le sacrifice de centaines de soldats britanniques, prétendant qu’ils étaient «restés un peu en retrait» en Afghanistan.
POOL / AFP
L’urgence ukrainienne
«Cette année marque également le 25e anniversaire du 11 septembre», a dit Charles qui doit se rendre mercredi à New York pour une cérémonie commémorative. «Cette atrocité a été un moment décisif pour l’Amérique, et votre douleur et votre choc ont été ressentis dans le monde entier… Nous étions à vos côtés alors, et nous sommes à vos côtés aujourd’hui pour commémorer solennellement une journée qui ne sera jamais oubliée.» Il a aussi insisté sur le incident que l’Otan avait alors « invoqué l’article 5 pour la première fois… Le Conseil de sécurité des Nations unies s’est uni face au terrorisme, nous avons répondu ensemble à l’appel, comme nos peuples l’ont fait depuis plus d’un siècle, côte à côte à travers deux guerres mondiales, la guerre froide, l’Afghanistan et les moments qui ont défini notre sécurité commune.»
«Aujourd’hui, cette même détermination inébranlable est nécessaire pour la défense de l’Ukraine et de son peuple si courageux», a continué le roi, dans une autre critique, feutrée mais très claire, dirigée contre Trump, qui a mis fin à l’aide militaire à l’Ukraine, et contre son vice-président JD Vance, présent juste derrière lui, qui avait insulté publiquement Volodymyr Zelensky à la Maison-Blanche.
«L’engagement et l’expertise des forces armées des États-Unis et de leurs alliés sont au cœur de l’Otan, voués à la défense mutuelle, protégeant nos citoyens et nos intérêts, assurant la sécurité des Nord-Américains et des Européens face à nos adversaires communs», a aussi dit le roi, sans mentionner nommément la Russie. «Nos liens en matière de défense, de renseignement et de sécurité sont étroitement liés par des relations qui ne se mesurent pas en années, mais en décennies», a ajouté Charles III. «Nos idéaux communs ne sont pas seulement essentiels pour défendre la liberté et l’égalité, ils constituent également le fondement de notre prospérité partagée, de l’État de droit, de la certitude de règles stables et accessibles, d’un pouvoir judiciaire indépendant qui résout les litiges et rend une justice impartiale ; ces éléments ont créé les conditions de siècles de croissance économique inégalée dans nos deux pays», a insisté le père des princes William et Harry, dont le pays a subi comme d’autres les droits de douane infligés de façon aussi unilatérale qu’erratique par Donald Trump.
Le défi climatique
Même sa conclusion, consacrée à la protection de la nature, affichait sa divergence polie d’avec les mesures de déréglementation prises par l’administration Trump et le démantèlement parallèle de pans entiers des agences fédérales américaines chargées de la protection de l’environnement. «Notre génération doit décider comment faire face à l’effondrement des systèmes naturels… que nous ignorons à nos risques et périls : ils constituent le fondement de notre prospérité et de notre sécurité nationale», a insisté le roi.
«Les paroles de l’Amérique ont du poids et du sens, comme elles en ont toujours eu depuis l’indépendance, et les actions de cette grande nation comptent encore plus», a conclu Charles III, sans qu’il ait besoin de rappeler à qui il faisait allusion. Il a rappelé dans un discours concis, enlevé mais sans excès, que celles du roi d’Angleterre peuvent aussi peser.
Source : www.lefigaro.fr
Conclusion : L’équipe continuera à analyser les points saillants.

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