La prochaine récession pourrait en fait être une victoire pour les actions – si vous parvenez à ignorer le bruit du marché
30 avril 2026
Stellantis repasse dans le vert au premier trimestre 2026 avec des ventes en hausse de 6%
30 avril 2026Analyse : L’équipe éditoriale propose un résumé des informations principales.
Voici notre analyse rapide sur « Minerais « sales » pour technologies « propres » : un rapport pointe la contradiction ».
Points importants
C’est l’un des paradoxes les plus choquants de notre époque : pour assurer la transition vers les technologies dites « propres », il faut des minerais qui accentuent les problèmes écologiques et sociaux de notre planète. Ces technologies reposent sur ce que l’auteur d’un livre récent appelle « la chaine d’approvisionnement la plus sale au monde ».
un compte-rendu publié hier par l’Institut de l’eau, de l’environnement et de la santé de l’Université des Nations Unies décrit en détail l’impact négatif de l’extraction de minerais comme le lithium, le cobalt ou le graphite, indispensables pour les batteries des voitures électriques, les semiconducteurs de nos outils numériques, ou les panneaux solaires. Ce n’est pas l’extraction en tant que telle qui est en cause, mais les conditions dans lesquelles elle se produit, principalement dans les pays du Sud.
L’étude met en avant les problèmes posés pour l’approvisionnement en eau, pour la santé des communautés affectées, ou pour la pollution des sols agricoles dans les régions minières, ou encore la corruption.
L’impact concerne des millions de personnes qui travaillent dans l’extraction ou qui vivent à proximité des sites et en subissent les conséquences. Ce sont surtout des hommes, des femmes et des enfants, qui ne bénéficient pas des effets positifs de la transition vers des technologies propres, mais qui, au contraire, sont sacrifiées pour que d’autres en profitent.
La question de l’eau est centrale. Selon le analyse, 465 milliards de litres d’eau ont été utilisés en 2024 pour extraire 240.000 tonnes de lithium dans le monde. Or les régions concernées, en Afrique ou en Amérique latine, sont touchées par la pénurie d’eau, la pollution des rivières, ou la mauvaise répartition des ressources. C’est le cas, par exemple, en Bolivie ou au Chili, dans le « triangle du lithium », où des communautés entières sont affectées par l’assèchement des sols, tandis que les deux tiers de l’eau disponible sont utilisés pour l’industrie minière. Le plus inquiétant, est que les besoins en lithium vont être multipliés par neuf au cours des prochaines années, selon les études, avec le progression des véhicules électriques.
Les auteurs du rapport préconisent des règles internationales contraignantes au service des communautés affectées par l’extraction minière, et la traçabilité des minerais pour en garantir les conditions d’exploitation. Des mesures que les rivalités géopolitiques autour de l’accès aux minerais critiques, rendent difficiles.
Mais l’exemple de l’Est de la République démocratique du Congo, dans les zones d’extraction du cobalt, montre qu’on est dans des zones de non-droit, où, à côté des mines des multinationales occidentales ou chinoises, existent des exploitations sauvages où des dizaines de milliers de mineurs, dont de nombreux enfants, travaillent dans des conditions indignes ; leur production se retrouve en Chine pour y être raffinée, mêlée à celle des grandes sociétés minières. Elle termine dans les batteries électriques qui nous font croire que nous construisons un monde meilleur.
Pour Nicolas Niarchos, l’auteur d’un nouveau livre en anglais, « Nous avons, explicitement ou implicitement, accepté certaines des conséquences pernicieuses de la révolution énergétique comme inévitables, notamment le risque de violations des droits humains et d’exploitation du travail, sans trop réfléchir à la manière de les atténuer ». De tous les dérèglements du monde, celui-ci est peut-être le moins visible ; il devrait pourtant secouer notre indifférence.
Source : www.radiofrance.fr
Conclusion : Cette situation fera l’objet de mises à jour régulières par nos journalistes.

9999999