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30 avril 2026Il se rêvait en big boss d’OpenAI, il voulait en faire une entreprise lucrative… Au procès qui l’oppose au fondateur de ChaptGPT, Elon Musk fragilisé par ses propres contradictions lors d’un contre-interrogatoire sous tension
Analyse : Un rapide aperçu de cette information selon nos journalistes.
L'article « Il se rêvait en big boss d’OpenAI, il voulait en faire une entreprise lucrative… Au procès qui l’oppose au fondateur de ChaptGPT, Elon Musk fragilisé par ses propres contradictions lors d’un contre-interrogatoire sous tension » a retenu l'attention de notre équipe.
Points importants
Face à un avocat déterminé à le confronter à ses déclarations passées, le milliardaire a multiplié les réponses évasives et les accrochages lors de son contre-interrogatoire au procès d’OpenAI. De quoi brouiller le récit d’un mécène trahi qu’il s’efforce d’imposer depuis le début de la procédure. Il avait pourtant promis de ne pas s’emporter…
Dans les procès à plusieurs milliards, il arrive que tout se joue sur des détails. Ou, en l’occurrence, sur la capacité d’un témoin à répondre simplement « oui » ou « non ». Mercredi 29 avril, Elon Musk s’est défendu pied à pied lors d’un contre-interrogatoire au procès d’OpenAI. Mais l’homme qui se posait en sauveur de l’humanité a perdu le contrôle de son récit… et de lui-même.
Au deuxième jour de son témoignage à Oakland, de l’autre côté de la baie de San Francisco, le multimilliardaire a réitéré sa conviction à l’origine de sa plainte contre son rival Sam Altman et les autres dirigeants d’OpenAI.
« J’ai donné 38 millions de dollars de financement essentiellement sans gain, qu’ils ont utilisés pour créer une entreprise à but lucratif valorisée à 800 milliards de dollars. J’ai été littéralement un idiot », a-t-il déclaré en réponse à son avocat, affirmant avoir été « naïf »
Oui, non, peut-être?
Au cœur de l’affaire, Elon Musk accuse OpenAI d’avoir trahi sa mission non lucrative originelle. Il répète en boucle depuis des mois que l’organisation qu’il a contribué à fonder en 2015 avant de claquer la porte en 2018 « vole une œuvre de charité » et « pille une organisation à but non lucratif. » « J’avais perdu confiance en Altman et je craignais qu’ils n’essaient de détourner les fonds de l’association caritative », a-t-il ajouté. « Et c’était bien le cas. »
Mais l’image parfaite qu’il s’est donné la veille du héros trahi par les cofondateurs vénaux s’est vite brisée une fois confronté au feu des questions de l’avocat d’OpenAI, William Savitt. De quoi obliger l’homme le plus riche du monde à contenir sa visible irritation. « Vos questions ne sont pas simples. Elles sont conçues pour me piéger », s’est plaint le patron de SpaceX.
« Monsieur Musk, vous êtes un homme brillant. Je vous pose des questions qui appellent pour la plupart une réponse par oui ou par non », a répliqué froidement William Savitt.
Mais rien n’y fait. Pendant des heures, le milliardaire a refusé de répondre par oui ou non, contredit certains de ses propres propos du matin et multiplié les passes d’armes avec l’avocat. Dans la salle, quelques jurés échangeaient des regards. Même la juge, Yvonne Gonzalez Rogers, a reconnu après le départ du jury qu’il était « parfois difficile ».
Elon Musk, qui assurait quelques minutes plus tôt « ne pas s’emporter » ni « crier sur les gens », a pourtant fini par faire tout l’inverse… et hausser le ton. « Vous posez surtout des questions injustes », a-t-il assuré.
Désir de pouvoir et frustration
William Savitt, de son côté, en a profité pour faire référence à la déposition précédente de l’entrepreneur sud-africain, où il avait répondu aux questions de manière légèrement différente. De quoi jeter le doute sur ses déclarations et sur sa crédibilité.
Le contre-interrogatoire a dessiné une autre version d’Elon Musk. Celle d’un entrepreneur frustré de ne pas avoir obtenu le contrôle, note The Verge. Dès novembre 2015, Elon Musk écrivait à Sam Altman qu’il serait « probablement mieux » de créer une société commerciale parallèlement à une structure non lucrative, a soulevé William Savitt. Le problème n’est pas le modèle hybride, a rétorqué le multimilliardaire, mais que « la structure lucrative d’OpenAI est devenue la structure principale« .
Surtout, il se rêvait en big boss de la structure. « Concernant le titre, que pensez-vous de moi comme président et vous comme PDG, ou de nous deux comme coprésidents », écrivait Musk à Altman dans un courriel de novembre 2015, au sujet de la structure d’OpenAI.
Un an après, en décembre 2016, l’homme d’affaires écrivait à des associés que faire d’OpenAI un organisme à but non lucratif était peut-être « la mauvaise décision ». C’était une « spéculation » dans un e-mail interne, pas une position ferme, s’est-il défendu mercredi.
Des échanges internes de 2017 avec Shivon Zilis, son ancienne chef de cabinet, montrent qu’il réclamait jusqu’à 51% des parts et la majorité des sièges au conseil. Faute d’accord, il aurait cessé ses financements, puis tenté d’attirer des talents vers Tesla, comme l’ingénieur Andrej Karpathy. « Je pense que chacun devrait avoir le droit de travailler où il le souhaite », a déclaré Elon Musk à la barre. Forcément, quand ça l’arrange…
Une mémoire sélective
William Savitt n’a d’ailleurs pas manqué de rappeler qu’en 2018, Elon Musk proposait une fusion entre Tesla et OpenAI, estimant que l’organisation était « sur la voie de l’échec certain ». Tesla est la seule voie qui puisse rivaliser avec Google », écrivait-il alors.
Le principal intéressé justifie ce désir de contrôle par la nécessité de maîtriser le progrès de l’IA, capable selon lui d’éradiquer l’humanité si elle est placée dans les mauvaises mains. « S’il y avait une décision que j’estimais très mauvaise, j’aurais pu l’arrêter », a-t-il justifié, assurant que ses parts auraient été diluées avec le temps pour une direction plus collégiale.
Autre point de friction: le timing. Car lorsqu’OpenAI a proposé la création d’une branche à but lucratif vers 2018, Elon Musk a reçu un courriel détaillant la structure d’entreprise envisagée. A la barre, le milliardaire a déclaré n’avoir lu que la toute première section, qui précisait que les contributeurs devaient considérer leurs investissements comme des dons sans retour sur investissement. « J’ai lu l’encadré surligné avec la mention ‘avertissement important' », a-t-il affirmé.
« Je n’ai pas lu les petits caractères… Nous allons examiner les petits caractères de ce document », a-t-il ajouté, alors que l’avocat lui a rappelé que le note faisait 4 pages.
Une énième imprécision. Rarement un avantage devant un jury… Puis, lors de sa déposition, Elon Musk a affirmé avec véhémance « ne pas être sûr d’avoir lu le analyse » puis avoir simplement « lu le titre ». Un peu agressif pour quelqu’un qui n’était pas censé s’emporter.
Un timing qui interroge
De son côté, Elon Musk justifie son action en justice tardive par un déclic: l’investissement de 10 milliards de dollars de Microsoft en 2022.
« Microsoft n’investirait 10 milliards de dollars – une somme colossale – que s’il est convaincu d’en retirer un profit. Il est impossible que Microsoft fasse un tel don à titre philanthropique. Un tel montant est tout simplement absurde », a-t-il lancé, affirmant avoir immédiatement écrit à Altman: « Qu’est-ce qui se passe? »
Au premier rang, Sam Altman, en costume sombre, n’a rien raté des plus de quatre heures de témoignage de son protecteur devenu son ennemi et concurrent. A ses côtés, son compagnon de route Greg Brockman, le président d’OpenAI, était très appliqué à prendre des notes manuscrites sur un grand bloc-notes jaune. Tous deux devront témoigner à leur tour d’ici mi-mai.
Dix ans après sa fondation, OpenAI est devenu un colosse commercial, valorisé à 852 milliards de dollars et sur la voie d’une entrée en bourse retentissante. Elon Musk est devenu son concurrent direct, après avoir créé xAI, sa propre société d’IA, à l’origine du modèle Grok. En février, il a absorbé le laboratoire dans son vaisseau amiral SpaceX, valorisé à 1.250 milliards de dollars et aussi en lice pour une introduction en bourse hors du commun.
D’ici mi-mai, aidée par l’avis consultatif du jury, la juge Yvonne Gonzalez Rogers entend trancher trois questions soulevées par la plainte d’Elon Musk: OpenAI a-t-elle violé sa mission philanthropique originelle? S’est-elle enrichie injustement? Ses liens avec Microsoft violent-ils les règles antitrust?
Outre un retour au statut non lucratif, qui bloquerait l’entrée en Bourse d’OpenAI, Elon Musk réclame l’éviction de Sam Altman et de Greg Brockman, cofondateur et président d’OpenAI, ainsi que la rupture des liens avec Microsoft. Son PDG Satya Nadella doit aussi témoigner début mai. À ce stade, une certitude s’impose. Dans ce procès, la bataille ne se joue pas seulement sur les faits, mais sur la crédibilité de ceux qui les racontent.
Source : www.bfmtv.com
Conclusion : L’équipe continuera à analyser les points saillants.

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