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5 mai 2026
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5 mai 2026Entre aspirations européennes et liens avec la Russie, l’ Arménie signe un partenariat stratégique avec la France
Analyse : Notre rédaction met en lumière les points essentiels de cette information.
Notre rédaction partage quelques remarques sur « Entre aspirations européennes et liens avec la Russie, l’ Arménie signe un partenariat stratégique avec la France ».
À retenir
En Arménie, où le président de la République au deuxième jour de sa visite d’Etat a signé un partenariat stratégique, déclinaison concrète d’une amitié historique et profonde, souligne-t-on à l’Élysée. Les deux pays ont signé une série d’accords de coopération, notamment sur la recherche et l’innovation dans le domaine de la défense et sur l’intelligence artificielle, la cybersécurité et les semi-conducteurs.
Un contrat a par ailleurs été conclu pour la fourniture de six hélicoptères H145 de gamme civile à l’armée arménienne et celle d’équipement pour les Forces spéciales arméniennes formées par Paris.
La coopération de défense inclut déjà un volet aérien avec la commande de trois radars français et la formation par la France de soldats arméniens. L’Arménie a aussi passé commande de 36 canons Caesar en 2024.
Les groupes français Vinci et Razel-Bec ont de leur côté signé une déclaration d’intention pour la participation à la réalisation du tunnel stratégique de Bargushat sur l’axe routier nord-sud en Arménie.
Paris se positionne en allié principal d’Erevan, allié accueilli les bras ouverts, comme a pu le constater dans les rues de Gyumri, la deuxième ville du pays, notre correspondant dans le Caucase, Théo Bourgery Gonse
il y a Jeanne, la cinquantaine, professeure de français à Gyumri. Elle a pris sa jeune fille sous le bras, dans l’espoir d’apercevoir Emmanuel Macron : » Je pense que c’est une visite inoubliable dans notre pays et dans notre ville, c’est une visite historique «
Non loin, Astrik, un de ses six enfants dans les bras, ne cache pas son admiration pour le président français. Elle a fait la route de la capitale Erevan, à 1h30, rien que pour le voir » C’est un président si gentil. Et les arméniens l’aiment beaucoup. «
Le président arrive à Gyumri, petite ville dans le nord de l’Arménie, en terrain conquis. En 1988, à la suite d’un dévastateur tremblement de terre, la France s’investit largement dans l’aide humanitaire. Une marque de solidarité que n’oublient pas les habitants, affirme Manoushak, cheffe de projets dans une start-up à Gyumri.
Elle espère un rapprochement avec l’Europe de tout son cœur ». Nous avons besoin d’une plus grande présence de la société européenne et de la démocratie européenne. On sent déjà leur présence, mais ça sera encore mieux quand on se rapprochera de l’Europe encore plus «
Quelques heures plus tôt, Paris et Erevan signaient une douzaine d’accords bilatéraux, dont un partenariat stratégique… Il y est question de militaire, de grands projets d’infrastructure, mais aussi d’une plus grande coopération dans la culture et la recherche.
Le voyage d’Etat du président vient asseoir l’aspiration européenne de cette ancienne république soviétique, qui tente depuis plusieurs années de se défaire de ses chaînes russes.
Mais à Gyumri, l’heure est à la fête. Sous la pluie, le soleil au loin se dessinant entre les nuages, un concert est donné en honneur de la relation franco-arménienne. On y chante ‘Notre Dame de Paris’ .
L’ Union Européenne voit dans ce format à 47 pays une manière informelle d’afficher l’unité d’un bloc
Tout a commencé hier par un sommet de la Communauté politique européenne hier à Erevan en Arménie. Un pays voisin de l’Iran et de la Russie, au cœur des préoccupations géopolitiques de l’Union et de ses alliés. La Communauté politique européenne regroupe les Etats-membres de l’UE ainsi que le Royaume-Uni, la Turquie, l’Ukraine, les pays du Caucase et des Balkans. L’occasion pour les dirigeants européens de renforcer leurs liens avec leurs alliés. Les précisions de Fabien Cazeaux à Bruxelles.
Principale nouveauté de ce sommet de la Communauté politique européenne, le huitième en quatre ans d’existence : c’est la première fois qu’un partenaire non-européen sera invité. Il s’agit du Canada dont le Premier ministre Mark Carney est attendu en Arménie. Signe de la volonté des Européens de discuter avec tous les partenaires qui peuvent représenter une alternative aux Etats-Unis de Donald Trump.
Face à la guerre déclenchée par le président américain contre l’Iran. Mais aussi à celle qui fait toujours rage entre la Russie et l’Ukraine.
L’Union européenne voit, dans ce format élargi à 47 pays, une bonne occasion d’échanger entre dirigeants sur la situation géopolitique de manière informelle, et d’afficher l’unité d’un bloc qui concentre tout de même quasiment un quart des pays du monde.
Après le Conseil européen informel qui s’est tenu à Chypre il y a dix jours, en présence de plusieurs dirigeants de pays arabes, ce nouveau sommet sera aujourd’hui l’occasion, pour l’Union européenne, de tester la solidité de ses liens avec son voisinage proche.
» La désinformation est pour la Russie une manière de garder le contrôle. «
Au chapitre de la sécurité européenne. Il fut notamment question d’ingérences russes.
L’ Arménie, qui se prépare à des élections législatives début juin, subit en effet une campagne de désinformation massive, orchestrée par Moscou. Notre correspondant Théo Bourgery Gonse a rencontré des membres de la société civile.
Ani Boghossian, jeune trentenaire chargée de communication, est formelle : depuis peu, la désinformation russe a pris un nouveau tournant…
» On est en train d’assister à la mise en œuvre de tout l’arsenal russe en matière de désinformation et de guerre hybride. Ce n’est pas seulement la diffusion de fausses informations, mais aussi l’exploitation de toutes les inquiétudes et les craintes qui existent en Arménie. «
Selon elle, Moscou veut faire perdre le Premier ministre Nikol Pachinian à l’issue d’élections législatives prévues le 7 juin, au profit de l’opposition pro-russe : » On a plusieurs partis politiques très étroitement liés à la Russie. Il y a aussi d’anciens responsables politiques qui disent assez ouvertement qu’ils souhaitent que l’Arménie fasse presque partie de la Russie. «
Depuis son arrivée au pouvoir en 2018, le Premier ministre se rapproche de l’Union européenne et veut réduire la dépendance du pays à Moscou. En août dernier, il scelle les prémisses d’une paix durable avec l’Azerbaïdjan, sous l’égide de Donald Trump. Une perte d’influence pour la Russie. Menaces d’une guerre imminente, création de milliers de faux sites, tout est fait pour reprendre l’avantage, explique Maria Titizian, rédactrice en cheffe du média EVN Reports : » Les Russes sont passés maîtres dans l’art de l’ingérence étrangère. On l’a vu en Moldavie, en Roumanie, des pays vassalisés à la Russie ont commencé à prendre leurs distance. La désinformation est pour la Russie une manière de garder le contrôle. «
Le sujet sera en tête des priorités lors du sommet de la Communauté politique européenne. Pour Maria Titizian, ces grandes conférences diplomatiques sont un soutien évident de la part de Bruxelles au gouvernement pro-européen de Nikol Pachinian, n’en déplaise au Kremlin !
La Russie qui a pris acte de cette cinquantaine d’Etats européens invités par l’Arménie. De quoi agacer Moscou, l’allié historique d’Erevan, encore très influent.
Tigrane Yégavian, spécialiste de l’Arménie, par ailleurs, directeur de recherche à la revue Conflits était l’invité du journal de la mi- journée.
Il faut rappeler que Moscou maintient toujours une base militaire sur place. De plus, en 2015, Erevan a rejoint l’Union économique eurasiatique, une alliance douanière créée par la Russie. Mais depuis deux ans, elle a pris ses distances. D’où la première question posée par Thomas Cluzel : jusqu’à quel point cette émancipation est-elle ainsi réaliste ? En clair, les Arméniens en ont-ils les moyens ?
» C’est une excellente question parce que la société arménienne est très très polarisé. Et l’Arménie reproche à la Russie de l’avoir lâchée, de l’avoir laissée tomber lors de la dernière guerre du Haut-Karabakh et surtout lors de l’agression militaire de l’Azerbaïdjan en 2022. Étant donné que l’Arménie fait partie, avec la Russie de cette fameuse organisation du Traité pour la sécurité collective, ce qui est l’équivalent de l’OTAN russe, donc les Arméniens accusent leur suzerain de les avoir lâchés et depuis lors, essaient de diversifier leurs partenariats, reconstruire une architecture de sécurité qui est hautement improbable parce que l’ Arménie, ce n’est pas l’Ukraine, ce n’est pas la Moldavie non plus, c’est l’ultra périphérie du Caucase. C’est un pays enclavé avec un conflit qui n’est toujours pas réglé avec l’Azerbaïdjan, une frontière fermée avec la Turquie. Donc, lorsqu’on parle d’un mirage, une adhésion de l’Arménie à l’Union européenne, eh bien on a du mal à percevoir la clarté de l’exécutif arménien. L’année dernière, le Parlement a voté une loi pour susciter, pour émettre un vœu d’adhérer à l’UE. »
Mais sans déposer sa candidature …
« Exactement, donc on n’arrive pas à comprendre jusqu’où ils peuvent aller. Mais surtout, ce qu’on comprend bien, c’est que l’exécutif arménien teste les Russes et les Russes ne sont pas du tout contents puisqu’ils n’arrêtent pas d’exercer une pression maximale, compte tenu de leurs leviers et de leurs leviers sont très, très forts. Le levier énergétique. L’ Arménie achète le gaz à la Russie, qui a pris quatre fois inférieur au prix du marché international. L’économie, les secteurs stratégiques sont tous aux mains de la Russie. Donc il faut croire que les Russes ont encore les moyens de leur politique. »
Il se trouve que le 7 juin prochain se tiendront des élections législatives en Arménie, un scrutin regardé de près par Moscou. La démocratie arménienne est elle en danger aujourd’hui?
« Je dirais que l’Arménie en train d’emprunter une voie dangereuse parce que le principal leader de l’opposition aujourd’hui est embastillé. C’est un oligarque, un milliardaire qui a la nationalité russe. On a aujourd’hui en Arménie un schéma d’ultra polarisation. Le gouvernement fait la chasse aux sorcières contre les opposants qui soient ou non pro -Kremlin. Mais en tout cas, il y a un maccarthisme intellectuel. C’est à dire que si des voix émettent des critiques contre le pivot occidental de Pachinian , ils sont automatiquement estampillés pro – Kremlin, ce qui peut peut être à terme entretenir une prophétie auto-réalisatrice. Mais ce qui est inquiétant, c’est qu’on voit en Arménie quand même, la priorité, en fait, la mère des priorités pour Pachinian, c’est se maintenir au pouvoir. Et cette grande conférence, cette messe européenne qui a lieu, c’est aussi un enjeu de politique intérieure parce que les élections approchent. Il y aura aussi un développement important le 28 mai en Arménie, un très grand défilé militaire, qui sera une façon aussi de s’exprimer auprès de son opinion publique. Et encore une fois, je suis très inquiet parce qu’on ne parle pas des vrais sujets, c’est à dire le sujet de comment apaiser une société extrêmement polarisée. On a l’impression que ces élites là jouent sur le feu et entretiennent en fait un climat de guerre froide qui ne profite pas à la stabilité. »
À l’occasion de ce double sommet organisé à Erevan, un Emmanuel Macron effectue sa toute première visite bilatérale en Arménie, on évoque un possible accord de partenariat stratégique. Quel est l’enjeu pour les Arméniens dans ce rapprochement entre Paris et Erevan?
» Diversifier au maximum en fait les sources, les partenariats. Mais malheureusement, la France n’a pas les moyens de remplacer la Russie. Moi, je me suis un petit peu intéressé aux armes que la France livre à l’Arménie, c’est une trentaine de canons Caesar, qui vont être livrés sur plusieurs années. Ce sont des hélicoptères Airbus qui coûtent rubis sur l’ongle mais qui sont sans équipement militaire, donc pas assez pour faire preuve de dissuasion face aux velléités belliqueuses de l’Azerbaïdjan. Cela étant, l’amitié franco-arménienne est quelque chose de précieuse. Il y a une diaspora aussi qui joue un rôle important, mais il faut raison garder, être réaliste et essayer de voir comment la France peut s’inscrire comme une puissance d’équilibre, et pas un acteur qui jetterait de l’huile sur le feu contre la Russie. »
Pour aller plus loin :
Source : www.radiofrance.fr
Conclusion : Notre équipe vous tiendra informés des faits marquants.

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