President Trump Delivers Remarks, May 6, 2026
6 mai 2026
Les images du porte-avions Charles de Gaulle traversant le canal de Suez
6 mai 2026Detroit d’Ormuz : hésitations américaines, tour de vis iranien aux dépens de milliers de marins
Analyse : Cette nouvelle a été analysée par nos rédacteurs pour vous donner un aperçu.
Voici l'avis général de nos rédacteurs sur « Detroit d’Ormuz : hésitations américaines, tour de vis iranien aux dépens de milliers de marins ».
À retenir absolument
Hier le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a préféré prendre les devants en annonçant la fin de la phase offensive du conflit avec l’Iran. Préfiguration de la suspension de l’opération « Projet Liberté » lancée lundi dernier, qualifiée « d’effort humanitaire » par le président américain et visant à rétablir le trafic dans le détroit d’Ormuz. Opération éphémère puisqu’elle aura duré à peine 24 heures, » le temps de voir si « un accord peut être finalisé et signé » avec Téhéran. Il s’agit là surtout d’un énième revirement de la Maison Blanche.
D’autant que juste avant que ne soit décidé cette suspension, une attaque a visé un porte-conteneurs, laissant à penser qu’on est encore très loin d’une quelconque issue au conflit.
Ce cargo battant pavillon maltais et appartenant à l’armateur français CMA CGM a été touché par un projectile dit-on « d’origine inconnue« , occasionnant non seulement des dommages. Mais aussi et surtout, des blessés. Précisions de Virginie Pironon.
Selon un communiqué de la CMA-CGM, il y a donc plusieurs blessés parmi les membres d’équipage. Tous ont été évacués et pris en charge. Le porte-conteneurs San Antonio a été la cible d’une attaque hier soir, lors de son passage dans le détroit d’Ormuz. Le navire, selon l’armateur français, a été endommagé. Alors ce matin, la CMA-CGM dit suivre la situation de près et rester pleinement mobilisés aux côtés de l’équipage, sans en dire plus pour le moment sur la nature de l’attaque, l’état précis du navire ou le nombre de marins blessés. En conseil des ministres ce matin, Emmanuel Macron a déclaré, je cite que « ce n’est en aucun cas la France qui a été visée ». La CMA- CGM est bien un armateur français, mais le chef de l’État a tenu à rappeler que le navire bat pavillon maltais avec un équipage philippin.
L’incident survient alors que Donald Trump a annoncé une suspension temporaire de l’opération américaine destinée à escorter les navires dans le détroit d’Ormuz. Le président américain justifie cette pause, je cite, par des progrès importants dans les discussions avec l’Iran. Selon le site américain Axios, un accord entre les deux parties n’aurait jamais été aussi proche. Les Etats-Unis attendraient des réponses de Téhéran dans les 48 h.
Les transits de navires par le détroit d’Ormuz sont au plus bas depuis lundi, malgré une tentative américaine de débloquer ce passage stratégique, selon les données maritimes de la société Kpler. Kpler, qui ne recense que les navires de matières premières, n’a repéré qu’un seul franchissement lundi et n’en a repéré aucun mardi. Jamais aussi peu de franchissements n’avaient été enregistrés depuis le début de la guerre déclenchée par l’offensive israélo-américaine en Iran le 28 février.
En temps de paix, on recense environ 120 transits quotidiens, selon le site d’information maritime Lloyd’s List. Avant la guerre, le détroit voyait passer un cinquième des exportations mondiales d’hydrocarbures, ainsi que d’autres matières premières essentielles.
La suspension de l’opération américaine » Projet liberté » est considérée comme » une victoire » par Téhéran
Dès-lors, que faut-il en déduire sur les règles de circulation désormais en vigueur à l’intérieur de ce corridor maritime stratégique ? C’est l’Iran qui dicte ses exigences. Eléments de réponse avec Marie-Pierre Vérot.
L’Iran réaffirme son contrôle souverain sur le détroit d’Ormuz. La chaîne internationale de la République islamique annonce un nouveau mécanisme pour les navires qui souhaitent l’emprunter. Tous vont recevoir un mail officiel les informant des règles qui gouvernent désormais le trafic maritime. Ils devront obtenir un permis. Pas plus de détails pour l’instant, mais on sait que l’Iran impose des routes précises et entend vérifier la nationalité comme la cargaison des bâtiments. Dans le même temps, un projet de loi soumis au Parlement prévoit l’interdiction aux navires de pays dits hostiles, Israël en tête, et le paiement d’un péage. Un texte qui n’a pas encore été voté. Avant la guerre, la navigation dans le détroit était libre et fluide. Les gardiens de la révolution ont donc décidé d’affirmer leur autorité, malgré le droit international maritime, qui devrait garantir un passage sans entrave. Mais la guerre lancée le 28 février, puis le blocage américain de leur port, ont radicalisé les autorités iraniennes. Elles voient bien que leur blocus aura du mal à être brisé par la force. Le recul américain 48 h après avoir annoncé que le détroit serait libéré et d’ailleurs considéré comme une victoire à Téhéran.
Ce soir encore, les Etats-Unis font miroiter l’espoir d’une reprise des négociations avec Téhéran qui, je cite le porte-parole de la diplomatie iranienne » examine toujours le plan et la proposition américaine ». Le principal négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, déclare que Washington cherche à obtenir la « reddition » de Téhéran par une « nouvelle stratégie » visant à « détruire la cohésion du pays« .
« La ligne entre droit du travail et droits humains disparaît «
En attendant, les marins souffrent. Invité du journal de la mi-journée, Mohamed Arrachedi coordinateur Réseau de la Fédération Internationale des travailleurs du Transport pour le Monde Arabe et l’Iran. La Fédération internationale des ouvriers du transport (ITF) est une fédération dirigée par ses affiliés, reconnue comme la plus grande organisation mondiale du secteur des transports. En tous 730 syndicats représentants 150 pays en tous 16,5 millions de travailleuses et travailleurs à travers le monde. Mohamed Arrachedi répond aux questions de Ouafia Kheniche .
Quelles sont les nouvelles que vous avez? Les nouvelles les plus récentes que vous ayez justement à propos des marins qui sont toujours coincés dans ce détroit? Combien y a t il de navires et combien de personnes sont encore présentes là bas?
Malheureusement, malgré toutes les négociations de paix, malgré tout le temps qui a passé, déjà plus que deux mois, il y a plus que 20 000 marins affectés dans des navires là bas dans le détroit d’Ormuz et les demandes d’aide et des consultations ne cessent d’arriver chez nous. À l’ITF, on reçoit chaque jour presque deux trois demandes, soit de consultations, soit de demandes d’aide. Les problèmes sont toujours là, le sentiment de manque de protection est là, persiste encore et on reçoit des des demandes tous les jours. Comme je le disais tous les jours concernant le manque de provisions. Il y a des marins qui nous disent qu’ils mangent une fois par jour. Il y a des marins qui qui nous contactent pour dire qu’ils demandent de l’aide pour être rapatriés, soit tout l’Irak, soit dans les pays, dans les pays du Golfe en général. Il y a aussi les problèmes. Ces problèmes, malheureusement, ne viennent pas tout seul. Il y a des cas d’abandon, de marin, d’abandon, comme défini dans la Convention Maritime Internationale. Là, on se rend compte que ces marins, même s’ils sont en train de souffrir, étant exposés à ce danger d’une guerre réelle, une guerre continue, ces marins, il y a plusieurs cas n ont pas reçu leur salaire pendant cinq mois, pendant huit mois, pendant onze mois. Et on a des situations vraiment de travail forcé, qu’on considère comme de travail forcé, parce qu’il y a des cas des marins qui ont demandé d’être désembarqués, d’être rapatriés avant même d’aller dans le Détroit. Et les armateurs, leur employeur a ignoré leur demande. Vous pouvez imaginer la pression, la frustration de ces marins, parce que souvent les demandes sont faites par WhatsApp. Le marin n’a pas toujours Internet. C’est un grand problème. Internet, c’est toujours limité à bord. Alors si le marin est en haute mer et au mouillage, parfois il ne sait même pas où il est exactement.
Pourtant là, en France, on entend beaucoup d’armateurs qui disent Nous, notre priorité, ce sont les équipages. Nous, notre priorité, ce sont les hommes. Ce que vous dites, c’est que sur le terrain, ce n’est pas toujours vrai.
Malheureusement non. Il y a de bons armateurs, il y a des armateurs avec de bonnes pratiques, mais nous, ce qu’on voit ici, malheureusement , on a des évidences. A la Fédération Internationale des Transport, depuis que la guerre a commencé, on a reçu plus que 2000 demandes. Ça ne fait pas 2000 marins, c’est beaucoup plus que 2000 marins. Parce que parfois on reçoit une consultation ou bien une demande d’aide, et ça affecte dix marins, voire tout l’équipage. Parfois, une partie importante de ces contacts sont liés à des demandes express de rapatriement dans des situations dramatiques, vraiment à la limite dramatique des situations, pas seulement d’un conflit de travail, parce que les marins ne sont pas des touristes à bord. Les marins sont des hommes et des femmes avec un contrat. Souvent, ce sont des marins de pays en voie de développement de Global South du tiers-monde. Ces marins ont un contrat. Ces marins sont des travailleurs des transports civils qui n ‘ont aucune relation avec cette guerre, qui n’ont aucun intérêt, qui ne l’ont pas provoquée et ils peuvent pas l’arrêter.
Que l’état physique et psychique de ces hommes.
C’est vraiment à la limite, la très faible ligne entre le droit du travail et les droits humains tels qu’ils sont dans la Déclaration universelle des droits de l’homme disparaissent ici. Et il y a des marins qui dénoncent être sous pression après nous avoir contactés. Il y a des marins qui ont été confinés dans leur cabine. La majorité des cas qui vient vers nous par WhatsApp sont accompagnés, souvent de photos et de vidéos de bombardements. Les marins ont peur. On a des situations où les marins disent qu’ils ne peuvent pas dormir. Tous les cas qu’on reçoit, c’est avec une charge émotionnelle très forte. Il y a des marins qui pleurent au téléphone, qui nous disent ‘Je veux partir, on ne veut pas mourir ici’. Nous, ce qu’on veut, on demande, c’est que il doit y avoir plus d’information entre les parties. Il faut qu’il y ait une garantie, venant aussi de l’Iran, garantie d’une protection des marins.
Mohamed Arrachedi coordinateur Réseau de la Fédération Internationale des travailleurs du Transport pour le Monde Arabe et l’Iran. La Fédération internationale des ouvriers du transport (ITF)
Source : www.radiofrance.fr
Conclusion : La rédaction suivra cette actualité pour vous fournir un point de vue complet.

9999999