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6 mai 2026Au procès Athanor, la rencontre entre une victime « anéantie » et son « homme providentiel »
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À retenir absolument
« Je vais essayer de retracer ce que j’ai vécu. » Pour la première fois depuis le début du tentaculaire procès de l’affaire Athanor il y a plus d’un mois, la cour d’assises de Paris a écouté, ce mercredi 6 mai, le témoignage de celle par qui tout a commencé. Marie-Hélène Dini, 60 ans, a déroulé à la barre sa vie personnelle accidentée et son parcours professionnel dans le monde nébuleux du coaching, au cœur du projet d’assassinat qui la visait.
C’est cette affaire et le cas de cette femme, aujourd’hui dévastée psychologiquement et physiquement, qui a permis de mettre au jour une vaste officine criminelle organisée au sein d’une loge maçonnique, exécutant des contrats pour des motifs allant de la rancœur familiale à la jalousie professionnelle.
Pourquoi a-t-elle été l’un de ces contrats ? « Je suis quelqu’un qui ne cherche pas le conflit, je n’ai même pas de conflit avec mon ex-mari », confie-t-elle, ses lunettes posées sur ses courts cheveux blancs. Même si, dans son milieu professionnel, elle « sai(t) que (s)on projet ne fait pas l’unanimité ». Cheffe d’entreprise, fondatrice en 2004 d’une école de formation au coaching, elle milite pour l’harmonisation des critères de certification pour réguler le métier. À peine décrit-elle quelques accrochages, des « débats d’idées », avec un concurrent coach, Jean-Luc Bagur.
Le 24 octobre 2019, elle est agressée par deux hommes qui l’attendent en bas de chez elle et lui assènent de violents coups, dont un sur le crâne, en lui volant ses sacs. « Dans ma tête, c’était pas de chance », se remémore-t-elle. Un vol à l’arraché comme un autre, se dit-elle, qui la laisse tout de même « complètement hébétée ». « J’étais dans la terreur, la terreur, la terreur. » Puis vient le 24 juillet 2020.
Un projet meurtrier empêché par un passant
Ce matin-là, vers 8 h 30, Marie-Hélène Dini part travailler avec du retard. Sur le trottoir devant chez elle, elle voit « un attroupement, une voiture de police et deux hommes à l’intérieur ». Aucune information ne lui est communiquée jusqu’au lendemain, où on lui apprend qu’elle a été victime d’une tentative d’assassinat. « Il m’a fallu beaucoup de temps pour réaliser ce à côté de quoi j’étais passée. C’était très théorique quelque part », témoigne-t-elle de sa voix fragile.
Une question l’obsède alors : qui a bien pu vouloir la tuer ? Petit à petit, la paranoïa s’installe. « À un moment, on pense même à ses enfants. On passe de “personne n’est suspect” à “tout le monde est suspect” ». Elle n’apprendra la vérité que plus tard : elle est l’une des victimes de la loge maçonnique Athanor, installée à Puteaux dans les Hauts-de-Seine. Son rival, Jean-Luc Bagur, a commandité son assassinat que devront exécuter, pour « 70 000 euros hors taxes » selon l’enquête, deux militaires de la DGSE. Simples gardiens à la base de Cercottes, dans le Loiret, ces derniers assurent avoir été manipulés alors qu’ils pensaient éliminer une agente du Mossad en agissant pour le compte de l’État.
S’ils n’ont pas eu le temps de passer à l’acte ce 24 juillet 2020, c’est parce qu’un homme a permis leur arrestation à temps. Un conducteur de travaux, qui passe par là après avoir déposé son fils à la crèche, tique sur ces deux hommes dont l’un porte une capuche et l’autre un gant, alors « qu’il fait super chaud ». Il remarque le ruban adhésif collé sur les plaques d’immatriculation, et le mouvement de recul de l’un des deux hommes sur son passage, comme pour se cacher. « Je me suis imaginé plein de choses », raconte-t-il à la barre. Suspicieux, il appelle le 17 et arrête une voiture de police qui patrouille à proximité. Les deux hommes sont interpellés. Dans la voiture volée seront découverts un pistolet, un marteau et deux couteaux siglés « armée française ».
Face à Marie-Hélène Dini, les excuses des accusés
Avant ce mercredi, Marie-Hélène Dini n’avait jamais rencontré celui que son avocat, Me Jean-William Vezinet, qualifie « d’homme providentiel » à l’audience. Elle ne voulait pas être accusée de « polluer » le bon déroulé de l’instruction, selon lui. Elle est de toute façon trop méfiante aujourd’hui pour oser entrer en contact avec un inconnu. À la fin de la prise de parole du témoin, les deux se contentent donc de se serrer la main chaleureusement, comme pour sceller le lien qui les unit pudiquement.
Installé sur l’un des bancs réservés aux avocats de la défense, Hassan Touzani, ému, a également voulu rendre hommage à cet homme et à son pressentiment salvateur. Cet ouvrier dans une usine de plastique de l’Ain figurait lui aussi sur la liste des « missions » de la loge. Ses patrons ont reconnu avoir payé 80 000 euros pour faire assassiner leur employé, syndicaliste CGT et « gilet jaune », qu’ils jugeaient gênant. Le démantèlement de la cellule criminelle a eu raison de ce projet. « Je voulais vous dire qu’Hassan Touzani pense aussi que vous lui avez sauvé la vie », a tenu à lui dire l’avocat de l’ouvrier, Me Faure, alors qu’il était à la barre.
Depuis cet événement, Marie-Hélène Dini est « anéantie » et souffre d’un trouble sévère du stress post-traumatique, selon une experte psychologue. Se tenant à quelques mètres seulement de toute la chaîne de commandement à l’origine de sa tentative d’assassinat — des cerveaux aux exécutants, en passant par les petites mains chargées de faire des repérages ou de placer une balise sous sa voiture —, la coach décrit une vie en hypervigilance, dans un corps fragilisé par un cancer du sein qu’elle attribue à ce qui lui est arrivé, assurant avoir été ostracisée dans son milieu professionnel.
Invités à réagir à son témoignage, presque tous les accusés présents font part de leurs regrets. « Je veux vous dire le remord, cette douleur morale qui me poursuit et qui m’accable, d’avoir commis des actes graves qui vous ont plongé dans la peur, le désespoir, qui vous blessent encore », glisse l’imposant Jean-Luc Bagur, dans le box des accusés. « Mille fois pardon, infiniment pardon », ajoute dans un sanglot Frédéric Vaglio, chef de la loge maçonnique en 2020. Ils auront l’occasion de s’expliquer ce jeudi, lors de leur interrogatoire.
Source : www.huffingtonpost.fr
Conclusion : Notre équipe continuera d’examiner les faits et de proposer des analyses.

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