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Dans un contexte rendu particulièrement instable par la guerre en Iran, l’agence de notation américaine prend le parti d’attendre avant une nouvelle révision de la qualité de la dette française.
Rien ne bouge, pour le moment. Fitch Ratings garde inchangée sa note de la dette souveraine française, en A+ perspective stable, ce qui signifie qu’elle la considère comme étant « de qualité moyenne supérieure ». La décision de l’agence américaine, dont la date était prévue depuis longtemps, intervient alors que la guerre en Iran et le blocage du détroit d’Ormuz qui en découle font craindre une déstabilisation économique et financière mondiale.
Fitch a relevé que la France dispose d’un revenu par habitant et d’indicateurs de gouvernance supérieurs à la médiane des pays notés dans la catégorie A+. En revanche, «un niveau de dette publique élevé et en hausse, un contexte socio-politique qui complique l’assainissement budgétaire à moyen terme et un potentiel de croissance relativement faible pèsent sur la notation», précise l’agence.
Roland Lescure, ministre de l’Économie, a pris acte de la décision de l’agence Fitch Ratings. «Elle s’inscrit dans le prolongement des efforts engagés par le gouvernement dans le cadre du budget 2026 pour maîtriser les finances publiques, accompagner la croissance de notre économie et renforcer l’attractivité de la France», a-t-il déclaré dans un communiqué. Avant d’ajouter : «Le gouvernement reste pleinement mobilisé pour poursuivre la réduction du déficit et de la dette, dans un cadre responsable et équilibre, afin de garantir dans la durée la stabilité financière et la compétitivité française».
La dette en constante augmentation
La situation au Moyen-Orient n’est pas prise en compte par Fitch, celle-ci étant beaucoup trop récente et incertaine en termes d’intensité comme de durée pour en déduire les conséquences sur les finances publiques françaises. Le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau a reconnu jeudi sur France Inter que la guerre pourrait « entraîner un peu plus d’inflation et un peu moins de croissance », tout en rappelant que la proportion « dépendrait de la durée du phénomène ».
Fitch Ratings avait été la première des trois grandes agences de notation américaines à dégrader la note de la dette française, la faisant passer en septembre de la catégorie des « AA » à celle des simples « A ». Si cette appréciation n’est en soi pas calamiteuse eu égard au niveau record d’endettement de la France (plus de 117 % du produit intérieur brut au troisième trimestre 2025), elle s’inscrit dans une tendance qui a de fortes chances de se poursuivre. « Il me semble que nous ne sommes pas arrivés au bout de la dégradation de notre note, cependant Fitch n’est pas pressée, elle peut très bien le faire dans la durée », estime Anthony Morlet-Lavidalie, économiste chez Rexecode. Il est vrai que, sauf crise aiguë, les agences de notation préférèrent généralement ne pas abaisser coup sur coup la note des pays.
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Structurellement, les faiblesses financières de la France demeurent. En septembre Fitch pointait du doigt « le faible bilan » du pays en matière de réduction du déficit public et de respect des règles budgétaires de l’UE. Elle s’inquiétait à ce moment-là « de la fragmentation et de la polarisation croissantes de la vie politique française ». Depuis, un budget pour 2026 a été adopté grâce à un compromis entre la majorité de centre droit et le Parti socialiste, et la baisse du déficit en 2025 s’est confirmée, passant de 5,8 % du PIB à 5,4 %. Si tout se passe comme prévu, il sera réduit à 5 % fin 2026. Le rythme est lent, toutefois, et l’espoir de revenir sous les 3 % en 2029 s’amenuise d’autant que l’imminence de l’élection présidentielle lors des débats budgétaires pour 2027 n’invitera pas au compromis.
Une charge d’intérêts toujours plus lourde
Le ratio d’endettement ne pourra commencer à se stabiliser que lorsque le déficit aura été ramené à 2,8 % du PIB. Compte tenu des inerties actuelles, la dette ne devrait pas tarder à dépasser les 120 %. Or Fitch a prévenu à l’automne qu’elle abaisserait encore la note, ou passerait au moins la perspective de stable à négative, si ce ratio « augmentait durablement à moyen terme ». Dans ce cas, les investisseurs exigeraient une plus importante prime de risque pour continuer de prêter à la France, ce qui alourdirait encore la charge d’intérêts. De 30 milliards d’euros en 2020, celle-ci a atteint 65 milliards d’euros en 2025. À politique inchangée, elle pourrait encore grimper de plusieurs dizaines de milliards d’euros.
La décision des deux autres grandes agences sera scrutée de près dans les prochaines semaines. Moody’s le 10 avril, qui classe toujours la France en Aa3, l’équivalent du « AA », et pourrait cette fois-ci la faire passer dans la catégorie inférieure. Puis S&P Global Ratings le 29 mai, qui a également abaissé la note à A+ l’automne dernier, avec perspective stable. D’ici là, en fonction de l’évolution de la guerre en Iran, la donne pour les finances publiques françaises pourrait ne plus être la même.

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