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Voici l'avis général de nos rédacteurs sur « pourquoi des primaires peinent à émerger avant la présidentielle de 2027 ».
Résumé rapide
Aussi bien à gauche qu’à droite et au centre, les chantres de la primaire ont toutes les peines du monde à en organiser une dans leur camp. Si bien que ces systèmes de départage, présents aux élections présidentielles depuis une quinzaine d’années, pourraient ne pas l’être en 2027, au moins dans les principaux partis politiques. Comment l’expliquer? Le politologue Bruno Cautrès livre plusieurs éléments de réponse auprès de BFM.
Chou blanc? À gauche, mais aussi au sein de la droite et du centre, les tentatives pour faire émerger une primaire sont bien mal engagées.
Pour les uns (Marine Tondelier, Olivier Faure, François Ruffin…), partisans d’un candidat commun autre que l’insoumis Jean-Luc Mélenchon, les obstacles s’accumulent. D’abord, ce dernier leur a mis la pression en se déclarant officiellement dans la course dimanche dernier.
Ensuite, le Parti socialiste n’a toujours pas acté une participation à cette primaire. Ce vendredi, Boris Vallaud le patron des députés PS a claqué la porte de la direction du parti sur fond de fortes dissensions, notamment sur la question de la primaire.
Et enfin, les « unitaires » doivent composer avec le poids de deux sociaux-démocrates, ambitieux et hostiles à la primaire: Raphaël Glucksmann ainsi que François Hollande.
Pour la droite et le centre, le tableau des partisans de ce système de départage est tout aussi sombre. Certes, certains, qu’il s’agisse du ministre Gérald Darmanin ou du LR Gérard Larcher, ont plaidé pour. Pour autant, aussi bien Gabriel Attal qu’Édouard Philippe et Bruno Retailleau tracent leur route, sans enthousiasme pour ce processus.
Résultat: la présidentielle de 2027 pourrait se faire sans primaire d’envergure, contrairement à la plupart des échéances élyséennes des années 2000. Au-delà des critiques habituelles sur la pertinence de ces scrutins, Bruno Cautrès, politologue, chercheur CNRS au Cevipof et enseignant à Sciences Po, met en avant plusieurs facteurs liés au contexte actuel. Interview.
À gauche et à droite, les tentatives pour organiser une primaire sont mal engagées. Comment l’expliquez-vous?
Les primaires sont devenues quelque chose d’habituel ces quinze dernières années, mais depuis le début, elles font l’objet de réflexions critiques. Actuellement, on retrouve des débats que l’on connaissait déjà sur leur pertinence et leur efficacité.
Ensuite, il y a des spécificités liées au contexte 2026-2027. le situation que les enquêtes d’opinion indiquent que l’un des deux sièges pour la qualification au deuxième tour est déjà pré-réservé pour le Rassemblement national fait que l’enjeu de toutes les discussions est: qui d’autre peut se qualifier au deuxième tour?
À partir de là, les enquêtes d’opinion jouent un rôle peut-être trop exagéré.
Vous voulez dire que le cas que le seuil d’accès au deuxième tour soit potentiellement bas, derrière le RN, pousse les uns et les autres à se déclarer directement sans passer par une primaire?
Voilà, il s’agit de cranter le plus tôt possible, d’imposer aux autres membres de son propre camp un dossier de force. Si l’on pense à la gauche en particulier, on voit bien que Jean-Luc Mélenchon est parti très longtemps en avance. Cela, de manière à obliger les autres formations de la gauche – le Parti socialiste et Les Écologistes en l’occurrence – à admettre que même s’ils font une primaire et ont un candidat unique, ils n’arrivent pas au même niveau d’intentions de vote que lui.
Ensuite, je pense que les difficultés des primaires sont aussi liées aux dix ans de macronisme. Ces dix ans ont eu une conséquence importante: celle d’introduire une forme de crise d’identité chez les socialistes et Les Républicains.
En 2022, Les Républicains ont eu un score très mauvais avec Valérie Pécresse et les socialistes un score encore plus mauvais avec Anne Hidalgo. S’ils ne sont pas présents à la prochaine élection présidentielle, en raison d’une défaite dans une primaire avec d’autres partis, on comprend que cela peut accentuer leur crise existentielle. Notamment chez Les Républicains. L’élection présidentielle de la Ve République, c’est presque dans leur code génétique!
Le paradoxe dans la situation actuelle, c’est que les défenseurs de la primaire sont nombreux parmi les dirigeants politiques. Ils n’ont pas le poids nécessaire pour imposer ce système?
Effectivement, les leaders des formations politiques, qu’ils souhaitent ou non une primaire, n’ont peut-être plus autant la capacité qu’ils avaient avant à imposer la ligne du parti.
Si on prend le cas d’Olivier Faure, on voit qu’il est soumis à une grosse pression en interne. Certains disent qu’au niveau du bureau national du Parti socialiste, il n’est plus majoritaire sur l’idée de la primaire.
Après, derrière toutes ces considérations partisanes, il y a aussi des vraies raisons politiques fortes qui ne sont pas que de la tactique sur l’élection présidentielle.
C’est-à-dire?
Si on s’arrête une nouvelle fois sur la gauche, évidemment que les électeurs sont unis autour de grandes valeurs: la redistribution, la justice sociale et fiscale, un service public qui est fort, l’idée d’une société de l’égalité des chances et de la tolérance culturelle…
Mais il s’agit surtout de grands principes. Par exemple, sur la justice sociale et fiscale, tout le monde est d’accord pour taxer les riches, mais si on entre dans le détail, il y a de forts désaccords. Où est-ce que l’on met la barre entre les riches et les non-riches?
Vous parliez de la gauche, mais est-ce que vous voyez des différences entre sa situation et celle de la droite et du centre? Pour dire les choses autrement: qui a le plus de chance d’organiser une primaire?
À droite et au centre, les cartes sont déjà très largement distribuées. Bruno Retailleau a été choisi par les militants Les Républicains qui l’ont mandaté pour être candidat à la présidentielle et non pas à la primaire ; Gabriel Attal va se déclarer candidat ; Édouard Philippe s’est déclaré de très longue date et a également dit de très longue date qu’il ne participerait pas à une primaire.
Tant Gabriel Attal qu’Édouard Philippe ont fait passer le message depuis des semaines qu’il y aurait un deal entre eux: le moins bien placé à la fin de l’année ou dans le courant de l’automne lâchera l’affaire. Donc, de ce point de vue-là, il me semble qu’il n’y aura pas de primaire à droite.
Je pense que la primaire des écologistes et des socialistes a plus de chances de voir le jour parce que leurs deux leaders y sont favorables, même si Olivier Faure est sous pression en interne et qu’il commence aussi à y avoir des états d’âme chez Les Écologistes.
S’il n’y a aucune primaire dans les prochaines semaines, serait-ce forcément une mauvaise nouvelle pour la démocratie?
Non, si l’élection ne se réduit pas seulement au choix des sondages. S’il y a des débats internes au sein des différents mouvements politiques, que les militants à jour de cotisation ont vraiment leur mot à dire, qu’on ne les prend pas pour quantité négligeable, c’est aussi très bien pour la démocratie.
Source : www.bfmtv.com
Conclusion : Cette situation sera suivie de près par notre rédaction.

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