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Capture d’écran France 2
Interviewé au « 20 heures » de France 2, Volodymyr Zelensky donne un rare bilan de la guerre en Ukraine plus de trois ans après le début du conflit.
Le président ukrainien était le grand invité du 20 heures de France 2. Après près de quatre ans de conflit, Volodymyr Zelensky a donné un rare bilan de la guerre en Ukraine lors de son interview par Léa Salamé à Kiev, la capitale régulièrement touchée par des frappes russes. « En Ukraine, officiellement, sur le champ de bataille, le nombre des militaires tués, qu’ils soient de carrière ou mobilisés, c’est 55 000 », a-t-il indiqué, évoquant également le « grand nombre de personnes que l’Ukraine considère comme des disparus ».
« Ce bilan officiel reste à prendre avec prudence », tempère pour sa part franceinfo, rappelant que les pertes militaires ukrainiennes pourraient être bien plus nombreuses. Un rapport du Centre pour les études stratégiques et internationales (CSIS) cité par le média public français estime ainsi qu’« entre 100 000 et 140 000 » soldats ukrainiens sont morts depuis le début de l’invasion russe en février 2022.
Lors de son interview pour France 2, que vous pouvez visionner ci-dessous, Volodymyr Zelensky est revenu sur la progression russe dans l’est de l’Ukraine. « Conquérir » cette partie du pays « leur coûterait 800 000 cadavres de plus », a-t-il affirmé. « Il leur faudra deux ans au minimum avec une progression très lente. À mon avis ils ne tiendront pas aussi longtemps », a-t-il estimé, selon la traduction de ses propos par cette télévision française.
Côté ukrainien, en plus des victimes tuées ou disparues, on dénombre des millions de personnes réfugiées à l’étranger, fuyant ce qui reste le pire conflit armé sur le continent européen depuis la Deuxième Guerre mondiale.
« Poutine n’a peur que de Trump », pas des Européens
Cet entretien sur France 2 a eu lieu plus de trois ans après un premier JT délocalisé en Ukraine – à Lviv plus précisément – et assuré à l’époque par Anne-Sophie Lapix. Au micro de la télévision française, Volodymyr Zelensky en a profité pour marteler un message très clair, et peu rassurant, à ses alliés européen. « Si l’Ukraine n’arrête pas [Vladimir] Poutine, il va envahir l’Europe », a-t-il déclaré.
« Les pays voisins de l’Ukraine comprennent qu’ils seront les premières victimes » de l’appétit territorial du maître du Kremlin, a commenté le chef d’État ukrainien, évoquant les drones russes qui « peuvent agir en profondeur » et les missiles à portée « illimitée ». « Ils frapperont partout », a-t-il prévenu au sujet des forces armées russes.
Tout en exprimant la reconnaissance de l’Ukraine envers les Européens et leur soutien, le président ukrainien a averti que le président russe n’avait « pas peur » d’eux. Selon lui, le président américain tient un rôle crucial dans le contexte actuel puisque « [Vladimir] Poutine n’a peur que de [Donald] Trump ».
Le locataire de la Maison Blanche « sait qu’il a un moyen de pression par l’économie, par les sanctions, par les armes qu’il pourrait nous transférer s’il ne veut pas engager directement l’armée américaine », a exposé Volodymyr Zelensky avant d’ajouter : « À travers notre armée, il peut maintenir cette pression sur Poutine ».
Vers l’envoi d’une « force internationale » en Ukraine ?
L’échange du président ukrainien avec Léa Salamé intervient alors qu’un nouveau cycle de négociations en présence des Américains s’est ouvert à Abou Dhabi pour tenter de trouver une issue à cette guerre. Mais peu après son ouverture, le Kremlin a insisté de nouveau pour que l’Ukraine accepte ses demandes, notamment un retrait ukrainien de la région orientale de Donetsk.
Cette requête ne fait que renforcer les doutes sur les chances de succès de ces efforts diplomatiques, menés depuis des mois sous l’impulsion de Donald Trump. Au micro de France 2, Volodymyr Zelensky a rappelé que les Ukrainiens, eux aussi, avaient des lignes rouges. « Le président américain veut arrêter cette guerre avec des compromis » et « nous avons soutenu ses propositions », a-t-il insisté, « mais il ne pourra pas y avoir de compromis sur la question de notre propre souveraineté ».
Le président ukrainien s’est également exprimé sur un possible « gel » de la ligne de front. « Si […] on garde nos positions respectives, c’est déjà une concession énorme », a-t-il jugé, soulignant qu’une telle issue bénéficierait aux Russes dont les troupes ont « besoin d’une pause ». « Entre nous [les territoires sous contrôle russe et ukrainien] il faut une force d’interposition internationale, une présence internationale », a ajouté Volodymyr Zelensky.
Cette solution a été défendue par Emmanuel Macron début janvier. Le président français et le Premier ministre britannique, Keir Starmer, ont signé une déclaration d’intention sur le déploiement d’une « force internationale » après un éventuel cessez-le-feu – une perspective qui reste néanmoins lointaine à ce stade.

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