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ANDREW CABALLERO-REYNOLDS / AFP
Donald Trump a déroulé un discours vantant une Amérique « plus forte que jamais », tout en assumant un affrontement frontal avec les démocrates dans un Congrès profondément divisé.
Son entrée est longue, ponctuée de poignées de main et de selfies. Donald Trump savoure. Au milieu de cette traversée triomphale, une brève tension : le représentant démocrate Al Green brandit un panneau dénonçant une vidéo raciste relayée par le président. Il est rapidement escorté hors de la salle. Le 47e président des États-Unis poursuit sa marche sans s’arrêter.
C’est le deuxième discours sur l’état de l’Union de son second mandat, et le président entend installer un décor : celui d’un pays qui, selon lui, a déjà basculé dans l’ « âge d’or » promis par sa devise désormais célèbre « Make America Great Again ».
Ses premiers mots donnent le ton : « Notre nation est de retour, plus grande, meilleure, plus riche et plus forte que jamais. » Quelques minutes plus tard : « Ce soir, après seulement un an, je peux dire avec dignité et fierté que nous avons redressé la situation pour les générations à venir. »
À l’entendre, tout va pour le mieux
Dans la salle, le rituel est bien huilé. À chaque phrase martiale, le président de la Chambre Mike Johnson et le vice-président JD Vance se lèvent. Les élus républicains applaudissent en cadence, conquis. Les démocrates, eux, restent assis, bras croisés ou impassibles.
Donald Trump déroule pendant ce temps sa (longue) litanie de victoires. Rarement étayées par les faits, mais qu’en tout cas il s’attribue. « L’économie rugit comme jamais auparavant », clame-t-il, à rebours de ce que disent les chiffres du chômage comme de l’inflation. Il affirme que « nos ennemis ont peur » et qu’« aujourd’hui notre frontière est sécurisée ». Il se félicite d’avoir « mis un terme aux politiques de diversité, d’équité et d’inclusion en Amérique », ce qui provoque des acclamations nourries dans les rangs de ses supporters.
À l’entendre, tout va mieux, tout va plus vite, tout va plus fort. Il martèle que le pays « gagne à nouveau ». C’est d’ailleurs à ce moment-là qu’il fait entrer l’équipe masculine américaine de hockey, championne olympique, sous des chants « USA ! USA ! », et promet au gardien la médaille présidentielle de la Liberté.
Sur le fond, pourtant, la croissance américaine reste autour de 2 % l’an dernier : ce qui est solide, mais bien loin d’un boom historique. Trump préfère insister sur ses baisses d’impôts qu’il a promises, sur sa « Grande et Belle Loi » dont les conséquences à long terme inquiètent les observateurs et sur les exonérations fiscales pour les pourboires ou les voitures produites aux États-Unis, sans évoquer l’extension des allégements fiscaux pour les plus aisés. Puis conclut cette première séquence par la formule consacrée : « L’état de notre Union est fort. »
« Des gens malades »
À mesure que le discours avance (plus d’une heure et demie, un record), le ton change. Le président s’adresse désormais directement aux démocrates. « Ces gens sont fous », lance-t-il. « Les démocrates détruisent notre pays. » Il raconte des drames individuels, puis interpelle les élus d’en face : « Comment pouvez-vous ne pas vous lever ? » Quand il affirme avoir « mis fin à huit guerres », des rires éclatent. « Des gens malades », leur répond-il.
Sur le terrain international, Trump accuse encore l’Iran de développer des missiles capables « d’atteindre bientôt les États-Unis », évoque des « ambitions sinistres » mais continue à assurer privilégier la diplomatie. À la fin, la formule tombe une dernière fois : « L’état de notre Union est fort. »
Dans l’hémicycle, l’image raconte autre chose. Deux Amérique se font face : l’une debout, applaudissant un président qui promet un « âge d’or » qui serait déjà avenu ; l’autre assise (ou déjà partie) face à un discours ennuyeux, chorégraphié et bourré de mensonges, taillé pour exciter un camp plutôt que pour rassurer une nation.

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