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8 mars 2026affaires, sécurité, logement… Ce qu’il faut retenir du grand débat des quatre principaux candidats
À désormais huit jours du premier tour du scrutin, l’édile sortant Christian Estrosi (Horizons), Éric Ciotti (UDR), Juliette Chesnel-Le Roux (Les Écologistes, PS, PC) et Mireille Damiano (LFI) se sont affrontés lors d’un débat organisé par BFM-TV, en partenariat avec Le Figaro.
L’affrontement était attendu. D’abord entre les deux rivaux emblématiques de la Côte d’Azur, l’édile sortant Christian Estrosi (Horizons) et député maralpin, président de l’UDR et par ailleurs favori dans les sondages, Éric Ciotti ; ensuite, entre les principaux prétendants à l’hôtel de ville de la baie des Anges, parmi lesquels Juliette Chesnel-Le Roux, qui mène une liste d’union de la gauche autour des Écologistes et des partis socialiste et communiste, et la candidate mélenchoniste Mireille Damiano (LFI).
Sous les ors de la Villa Masséna et à quelques mètres de la Promenade des Anglais, les quatre candidats à la mairie de la cinquième ville de France ont débattu avec virulence pendant près d’une heure et demie, au cours d’un débat diffusé sur BFMTV, en partenariat avec Le Figaro et Nice-Matin. Et ce, en dépit d’une situation internationale particulièrement tendue, ayant obligé un premier report du débat lundi soir à ce samedi 7 mars. «Nous n’avons pas besoin de querelles d’ego, ni de guerre fratricide», a entamé la candidate écologiste.
La situation géopolitique internationale
Un vœu pieux qui n’aura été respecté qu’au cours de la première thématique abordée, fort loin de la Côte d’Azur. Interrogé sur le sort des ressortissants français bloqués en Israël, Christian Estrosi a assuré que Nice «était la seule ville de France à avoir mis en place une cellule de crise avec le Quai d’Orsay afin de prendre en charge au plus vite nos ressortissants».
L’ensemble des candidats a tenu à adresser ses «pensées aux Iraniens et Iraniennes». «Mais ce n’est pas en piétinant le droit international qu’on peut installer la démocratie», a jugé Juliette Chesnel-Le Roux, en accord avec la seconde candidate de gauche, laquelle aurait souhaité «une condamnation forte de cette violation» de la part de la France.
La tête de liste écologiste a également fait part de son inquiétude quant à l’impact «très concret pour les Niçois, avec l’augmentation du coût du gaz» ; préoccupation partagée par le député maralpin, qui s’est engagé à baptiser une rue «Mahsa Amini», en hommage à ce «symbole de l’émancipation et de la liberté».
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L’ambiance de campagne vire au grand déballage
Après quelques minutes passées à aborder la situation internationale, les débats se sont orientés vers une «introspection» de la campagne municipale niçoise, jugée «sale» par nombre de Niçois et d’observateurs extérieurs. Il n’aura effectivement suffi que de quelques secondes pour illustrer la teneur des échanges, glaciaux et acerbes, qui se tiennent entre les deux frères ennemis depuis plusieurs semaines.
Au cœur des tensions, la récente interpellation de deux personnes, une semaine après la découverte d’une tête de cochon devant le domicile de Christian Estrosi. «Une barbouzerie», s’agace le maire qui subodore une «tentative d’infiltration de nos équipes. Viendra un temps où la justice dira toute la vérité». Si son adversaire rappelle un «acte ignoble», lui penche davantage pour une «manipulation qui ressemblerait à “l’attentat de l’observatoire” (contre François Mitterrand en 1959 et que ce dernier aurait monté de toutes pièces, NDLR)». Et d’enfoncer le clou : «Aucune équipe de campagne autre que la vôtre n’était en contact avec l’un des mis en cause…» insistant tout de même sur la «présomption d’innocence». «Comme dans toutes les autres affaires qui le concernent». Une allusion à peine voilée aux «dix-sept affaires judiciaires du maire».
S’enclenche dès lors une avalanche de dossiers judiciaires niçois visant tantôt le maire, tantôt le député. Les voix se superposent . «Si on peut commencer à parler du fonds», râle Mireille Damiano. «Oui», renchérit Juliette Chesnel-Le Roux, «parce que si on commence à parler d’éthique, on n’a pas fini avec nos deux voisins». «Affligeant» sera le dernier mot de cette séquence longue d’une trentaine de minutes, prononcée par la candidate mélenchoniste qui déplore un «spectacle qui abîme tous les politiques».
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Sécurité et vie chère pour «enfin parler du fond»
Place enfin aux préoccupations des Niçois. Et d’abord en matière de sécurité : le maire sortant, qui vise un quatrième mandat, réitère sa volonté de passer de «6500 à 10 000 caméras de surveillance », insistant sur «une mesure essentielle». «Aucune caméra n’a jamais couru après un voleur», tance sa rivale écologiste, en faveur de «plus de bleu (de policiers, NDLR) dans la rue», au même titre qu’Éric Ciotti. Ce dernier pointe le manque crucial de «250 policiers nationaux» et considère les forces de sécurité «mal dirigées» par la mandature actuelle. «Je ne désarmerai pas la police», rassure la candidate LFI, qui opte pour «un état des lieux» afin de «mieux évaluer les besoins».
Cinquième ville de France et «deuxième ville plus chère derrière Paris», la gauche unie axe un programme autour de l’encadrement des loyers «sans pour autant pénaliser les propriétaires» et insiste sur «l’évident problème des 14 000 logements Airbnb » – point sur lequel le maire sortant se dit «en totale harmonie». «Moi je propose de construire 10 000 logements, sociaux, étudiants, d’accession libre», tente Christian Estrosi, interrompu par un « Mais ça fait dix-huit ans que vous auriez pu le faire », venu de la gauche unie.
«Je rappelle accessoirement que le maire est hors la loi», rebondit Mireille Damiano face au manque de logements sociaux comme exigés par la loi SRU. La conversation évolue vers le projet la zone franche dans la plaine du Var (permettant aux entreprises monégasques de venir s’installer en bénéficiant des mêmes avantages fiscaux qu’en Principauté, NDLR) et, soudain, vers une passe d’armes entre les deux éternels rivaux. «Écoute Éric», lance Christian Estrosi, désarçonnant le plateau, «on a passé 40 ans ensemble, du temps professionnel comme familial, comment tu peux dire autant de mal là où j’ai eu le sentiment de faire autant de bien ?» Un ange passe, et tous deux finissent par se serrer la main, au milieu de l’arène. Fin du volet logement.
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La gauche se maintiendra coûte que coûte au second tour
En conclusion, chacune des deux listes de gauche écarte toute possibilité de retrait au second tour. «Nous nous maintiendrons», martèle Mireille Damiano au pupitre. «Estrosi et Ciotti sont les deux faces d’une même pièce», répète, convaincue, Juliette Chesnel-Le Roux, qui se pose en «vraie alternative». «L’ère de Christian Estrosi est finie et passer la main à son ancien collaborateur, d’extrême droite, n’est pas envisageable».
Derniers mots pour le susnommé qui maintient que «Oui, je resterai à Nice quoi qu’il se passe» à la présidentielle et «non, le maire n’assume pas ses liens avec le macronisme». Ce dernier admet qu’il n’a «peut-être pas tout bien fait» mais espère faire de «ce nouveau mandat, une nouvelle étape». Éléments de réponse dans huit jours.

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