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400.000 ressortissants français sont bloqués à l’étranger alors que le Moyen-Orient est en guerre, selon le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot. Si les rapatriements commencent doucement, certains auraient déjà dû reprendre le travail. Alors comment gérer cette situation? L’avocat en droit du travail Alexandre Dumortier nous éclaire sur RMC.
Conséquence de la guerre déclenchée au Moyen-Orient entre les Etats-Unis, Israël et l’Iran, des milliers de voyageurs sont bloqués à l’étranger. Mais bon nombre sont salariés français et n’ont pas pu reprendre le travail, certains à partir du lundi 2 mars.
Alors que dit le droit du travail dans ce genre de situation? Peut-on être sanctionné? L’avocat en droit du travail chez August Debouzy, Alexandre Dumortier, répond à ces questions ce mercredi 4 mars 2026 sur RMC Story.
Justifier son absence dans les 48h
Tout d’abord pas de panique, selon l’avocat, un salarié ne risque pas de sanction dans cette situation, puisque la fermeture des espaces aériens et les vols annulés peuvent qualifier « un cas de force majeure. » Ce dernier se définit comme « un évènement extérieur, imprévisible et irrésistible, rendant impossible l’exécution du contrat. » Dans ce cas, les contrats des salariés peuvent être considérés comme suspendus à cause de cela.
Malgré tout, le salarié doit quand même prévenir son employeur. En droit du travail, « on a 48h pour justifier de son absence auprès de son employeur », explique Alexandre Dumortier.
« Le plus tôt sera le mieux. Et le salarié doit apporter la preuve de son blocage, comme envoyer les justificatifs de l’annulation de son vol », détaille le spécialiste.
Demander des congés ou RTT
Sur le salaire en lui-même, mauvaise nouvelle, « qui dit force majeure et suspension dit pas de rémunération », sauf en cas de dispositions spécifiques dans le contrat de travail ou la convention collective, « mais c’est assez rare ». Le salaire ne sera donc pas versé.
C’est la raison pour laquelle Alexandre Dumortier conseille de se rapprocher de son employeur « au moment de la demande de la suspension du contrat de travail pour privilégier des prises de congés ou de RTT. »
Dans le détail, son premier conseil est de prévenir votre employeur, « avec un mail pour avertir que vous êtes bloqués et que vous allez le tenir au courant. » Puis de lui demander ce qu’il envisage pour la reprise du travail qui semble impossible, « demander la pose de congés ou RTT et organiser le roulement dans l’équipe » à laquelle vous appartenez.
Le télétravail envisageable?
Selon l’avocat, le télétravail peut être une solution aussi. « On peut la privilégier pour les salariés en Asie du Sud-Est, car ils sont dans une situation plus tranquille et moins tendue », explique-t-il.
En revanche, pour ceux qui sont au Moyen-Orient, « c’est légalement aussi une possibilité même si les contraintes de sécurité peuvent justifier de l’écarter », poursuit Alexandre Dumortier.
Il précise également que « le télétravail ne s’impose pas ». Il faut se rapporter aux règles dans l’entreprise. Si il en existent qui stipulent que le télétravail peut être exercé partout dans le monde, « il peut alors être demandé de travailler. » Mais ça pose aussi évidemment la « contrainte du décalage horaire », conclut l’avocat en droit du travail chez August Debouzy.
Dans une conférence de presse lundi 2 mars, le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a annoncé que 400.000 ressortissants français se trouvaient dans la région en guerre. Le premier vol de rapatriement de ressortissants français est arrivé dans la nuit du 3 au 4 mars à l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle, depuis Oman. À son bord, une centaine de Français.

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