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8 mars 2026Quelles sont les pistes pour sécuriser le détroit d’Ormuz, où plusieurs pétroliers ont été frappés par l’Iran ?
Depuis une semaine, Téhéran multiplie les attaques contre les navires circulant dans cet étroit bras de mer où transite près de 20% de la production mondiale de pétrole, suscitant l’inquiétude sur un effet durable sur l’économie mondiale.
Un nouveau navire touché. L’Iran a affirmé, samedi 7 mars, avoir visé un pétrolier dans le Golfe, au huitième jour de la guerre avec Israël et les Etats-Unis. « Ce matin, le pétrolier nommé Prima a été frappé par un drone explosif » dans le détroit d’Ormuz, ont indiqué les Gardiens de la Révolution iraniens, dans un communiqué relayé par l’agence de presse Tasnim.
Le navire « a ignoré des avertissements répétés de la part de l’armée des Gardiens de la Révolution concernant l’interdiction du trafic » dans ce passage entre le golfe d’Oman et le golfe Persique, qui permet d’accéder à l’océan Indien. Le régime des mollahs, qui multiplie les attaques contre les navires, a menacé de « brûler » toute embarcation qui tenterait de le franchir.
Le trafic y est de facto bloqué. Plus de 200 pétroliers sont actuellement à l’arrêt ou au mouillage dans ce passage essentiel du commerce d’hydrocarbures. Seuls neuf navires commerciaux (pétroliers, cargos ou navires-citernes), dont certains camouflant par moments leur position, ont été détectés traversant l’étroit bras de mer depuis lundi, selon les données du site MarineTraffic analysées par l’AFP.
En temps normal, environ 20% de la production mondiale d’or noir consommée dans le monde transite par le détroit d’Ormuz. Y circule également du gaz naturel liquéfié en provenance de la région, qui abonde la production d’environ 30% des engrais mondiaux, ainsi que d’autres matières premières très précieuses pour l’industrie, comme l’aluminium. En conséquence, les cours du pétrole se sont envolés début mars à des hauteurs qui n’étaient plus fréquentées depuis 2023, et les investisseurs ne cachent plus leurs inquiétudes face au blocage d’une grande partie des flux d’hydrocarbures en provenance du Golfe.
Face à l’incertitude qui pèse sur le commerce mondial, le président américain Donald Trump a affirmé mardi, dans un message publié sur sa plateforme Truth Social, qu’en cas de besoin, « la marine américaine [commencerait] à escorter les pétroliers dans le détroit d’Ormuz dès que possible ». « Nous attendons leur présence », a réagi le porte-parole des Gardiens. « Nous recommandons aux Américains, avant de prendre toute décision, de se souvenir de l’incendie du superpétrolier américain Bridgeton en 1987 et des pétroliers qui ont récemment été pris pour cible », a-t-il, selon l’agence de presse Fars.
Emmanuel Macron a de son côté assuré en début de semaine être « à l’initiative pour bâtir une coalition, afin de réunir les moyens, y compris militaires, pour reprendre et sécuriser le trafic dans ces voies maritimes essentielles », que sont le détroit d’Ormuz, mais aussi le canal de Suez et la mer Rouge.
Mais « pour l’instant, il ne se passe absolument rien » à ce sujet, souligne auprès de l’AFP Dirk Siebels, du cabinet de conseil RiskIntelligence. Et une telle opération « serait extrêmement difficile à mettre en œuvre », anticipe-t-il. Que les projets des Américains ou Européens prévoient des escortes, des convois ou une surveillance de la zone, sécuriser Ormuz reste « une question complexe », abonde l’analyste Kais Makhlouf, du même cabinet.
« De nombreux éléments doivent être réunis. (…) Le simple fait que les ressources [soient] mobilisées pour des opérations militaires limite considérablement le nombre de moyens que l’on peut consacrer à l’escorte des navires. »
Kais Makhlouf, du cabinet RiskIntelligenceà l’AFP
Un constat partagé par Adel Bakawan, chercheur associé à l’Institut français des relations internationales, interrogé par le quotidien suisse Le Temps. Il note que « la France est déjà engagée par des accords de défense avec le Koweït, le Qatar et les Emirats, lourdement frappés par les représailles iraniennes ». « Est-ce que cela veut dire ‘entrer en guerre ou pas ?’. On n’en est pas loin », considère-t-il. Sans compter que l’opération pourrait s’avérer coûteuse pour les Etats-Unis, car, comme l’écrivait alors le Washington Post, lors de la guerre Iran-Irak dans les années 1980, l’escorte dans le golfe Persique des pétroliers koweïtiens qui battaient pavillon américain avait coûté près d’un million de dollars par jour.
« Même si on escorte les bateaux, on est en zone de guerre (…). Cela devient tellement cher que les armateurs préfèrent ne pas y passer », a fait valoir jeudi le général Dominique Trinquant, ancien chef de la mission militaire de l’ONU, sur le plateau de LCI. Le coût des assurances pour couvrir les trajets dans le Golfe et le détroit d’Ormuz a en effet bondi depuis le début du conflit, avec une augmentation des prix pouvant aller jusqu’à 50%, relaie le Financial Times. Pour un navire d’une valeur de 100 millions de dollars, cela représenterait une augmentation de 250 000 à 375 000 dollars par voyage, calcule le journal britannique. Les assureurs ont donc d’ores et déjà prévenu leurs clients de la résiliation imminente de leurs contrats.
Pour y faire face, Donald Trump a annoncé dans son message posté mardi qu’il comptait proposer aux transporteurs des polices d’assurance « contre le risque politique ainsi que des garanties pour la sécurité financière de tout le commerce maritime ». Et ce, « à un prix très raisonnable« .
Son administration est en discussion avec au moins un grand courtier ayant proposé d’aider le gouvernement américain « à créer un mécanisme d’assurance qui pourrait réduire le risque lié au transport maritime et rendre l’assurance des navires plus abordable », relaient Les Echos investir. « Nous avons déjà fait des suggestions [au gouvernement américain] sur ce qu’il pourrait faire. Ils vont maintenant y réfléchir », a simplement précisé ledit courtier, mardi.
« Il est plus réaliste de penser que les primes d’assurance resteront élevées, mais que certains acteurs concluront des accords avec les Iraniens pour obtenir des exemptions pour leurs navires », estime Rohit Rathod, analyste principal chez Vortexa, une société de suivi des navires, cité par La Tribune.
Les assureurs devraient rester d’autant plus frileux que les forces militaires de Téhéran sont loin d’être éradiquées. Même si la marine iranienne est « totalement anéantie » et que ses sous-marins ne peuvent « certainement plus bouger sans être détectés », sa « capacité à être une nuisance pour la libre navigation dans le détroit d’Ormuz est une réalité« , analyse Xavier Tytelman, ancien pilote et consultant aéronautique et défense, auprès du « 20 Heures » de France 2. Un constat partagé par le chercheur Alessio Patalano, du King’s College britannique, qui considère auprès de l’AFP qu’« il subsistera des menaces asymétriques ».
« La République islamique dispose en fait de trois moyens de dissuasion militaires très importants pour geler et paralyser tout flux maritime. Il y a évidemment les mines flottantes, puis les drones – qui ne coûtent pas cher – et enfin les missiles balistiques intelligents », détaille le chercheur Adel Bakawan auprès du journal suisse Le Temps. Il note que les Gardiens de la Révolution « disposent encore d’un stock considérable de ces missiles ».
Le désarmement complet de la zone pourrait encore être long, pointe un rapport du congrès américain, cité par les équipes du « 20 Heures » de France 2. Le document estime qu’« un tel effort prendrait probablement un certain temps – des jours, des semaines, voire des mois – en particulier si un grand nombre de mines iraniennes devaient être retirées du Golfe ».

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