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MANDEL NGAN / AFP
Donald Trump a encore changé d’avis samedi 8 mars, cette fois sur l’implication des Kurdes dans la guerre en Iran.
Une énième volte-face dans ses plans de bataille. Donald Trump a affirmé, ce samedi 8 mars, ne « pas vouloir » que les Kurdes lancent une offensive contre l’Iran, dans un échange avec la presse à bord de son avion Air Force One. Pourtant, il avait déclaré l’inverse il y a quatre jours.
« Je ne veux pas que les Kurdes y aillent », a assuré le président américain, avant de poursuivre : « Nous avons une relation très amicale avec les Kurdes, vous le savez, mais nous ne voulons pas rendre cette guerre plus compliquée qu’elle ne l’est déjà. »
Dans une interview jeudi avec l’agence Reuters, Donald Trump s’était à l’inverse dit « tout à fait pour » une offensive des milices kurdes iraniennes contre le pouvoir en place à Téhéran.
Exploiter les tensions ethniques
Inquiète des déclarations du locataire de la Maison Blanche, la Turquie avait mis en garde contre toute tentative de « déclencher une guerre civile en Iran en instrumentalisant les clivages ethniques ou religieux. » « Il s’agit d’un scénario extrêmement dangereux. Nous mettons ouvertement en garde tout le monde, Occidentaux comme Orientaux, contre ce scénario », avait insisté le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, en conférence de presse à Istanbul, en disant avoir abordé la question avec le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, au cours d’un entretien téléphonique.
Pour faire tomber la République islamique, les États-Unis et Israël pourraient en effet être tentés d’exploiter les tensions ethniques internes à l’Iran, notamment la « carte kurde ». Les Kurdes, un peuple sans État principalement réparti entre Turquie, Irak, Syrie et Iran, sont alliés aux États-Unis depuis de longues années.
La majorité de la population iranienne est Perse et ce pays de 90 millions d’habitants est dans l’ensemble moins touché par des tiraillements ethniques ou religieux que ses voisins afghan, pakistanais ou irakien, malgré un mécontentement certain envers le clergé chiite au pouvoir. Mais depuis la mort samedi dans des frappes de l’ayatollah Ali Khamenei, qui détenait le pouvoir suprême dans cette théocratie, Téhéran a lancé des projectiles sur des groupes armés kurdes iraniens basés dans une région montagneuse du nord de l’Irak, près de la frontière iranienne, qui sert depuis longtemps de refuge à ces factions opposées à Téhéran.
Besoin d’une « présence armée au sol »
Des médias américains ont affirmé que les États-Unis comptaient profiter de ces tensions pour armer des milices kurdes afin de susciter un soulèvement contre le pouvoir. La Maison Blanche, par le biais de sa porte-parole Karoline Leavitt, a démenti ces informations. Elle avait en revanche confirmé que le président américain avait « parlé avec des dirigeants kurdes » à propos de la base militaire dont disposent les États-Unis dans le nord de l’Irak.
Les combattants kurdes, que Téhéran qualifie de « terroristes », plaisent à Washington car ils représentent « la frange la plus organisée du mouvement d’opposition iranien au sens large », explique Mohammed Salih, chercheur au Foreign Policy Research Institute, aux États-Unis. A contrario, dit-il, si le fils de l’ancien chah d’Iran, Reza Pahlavi, dispose d’une certaine reconnaissance grâce à son nom, il n’a pas de soutien armé sur le territoire iranien.
« Vu la direction que prennent les opérations en Iran, les États-Unis et Israël vont vraiment avoir besoin d’une présence armée au sol, étant entendu qu’ils n’ont pas l’intention d’envoyer leurs propres troupes », juge Mohammed Salih.
Risque de conflits interne
Les combattants kurdes pourraient plus ou moins remplir le rôle d’appui tenu par l’Alliance du Nord en 2001 contre les talibans en Afghanistan, en créant une zone à partir de laquelle les forces spéciales américaines pourraient opérer, pense Stefano Ritondale, un responsable chez Artorias, entreprise spécialisée dans l’analyse du renseignement.
« Ce qui est intéressant dans la logique de réflexion de l’administration (Trump), remarque-t-il, c’est d’utiliser les Kurdes comme une opposition armée afin de remettre suffisamment en cause le pouvoir en place pour créer un effet en cascade qui pousserait les gens à redescendre dans la rue et à manifester », quelques semaines après la répression sanglante de manifestations contre le coût de la vie.
Des observateurs soulignent toutefois le risque de miser en Iran sur des groupes ethniques, qui pourrait déclencher des conflits internes. Par exemple entre les groupes kurdes et Reza Pahlavi, qui vit en exil près de Washington.
D’ailleurs, quelques jours avant le début de l’opération militaire israélo-américaine, cinq groupes kurdes ont annoncé la formation d’une coalition visant au renversement de la République islamique mais aussi à « l’autodétermination kurde ».

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