
Zelensky ne veut pas « jouer » avec les courtes trêves proposées par Poutine
10 mars 2026
Bayrou affirme devant les chauffeurs de taxi prendre « très au sérieux » leur « émotion »
10 mars 2026Peut-on être un havre de paix et de prospérité au cœur d’une des zones les plus instables de la planète ? Cette question, les pays arabes du Golfe préféraient ne pas se la poser, plaçant leur confiance dans un jeu d’équilibrisme qui ne leur avait pas trop mal réussi jusqu’ici.
C’est terminé depuis le 28 février, date du début de la nouvelle guerre du Golfe, avec les bombardements massifs israélo-américains contre l’Iran. Le régime iranien a mis ses menaces à exécution en lançant des centaines de missiles et de drones en direction de ses voisins arabes, Qatar, Émirats arabes unis, Koweit, Bahrein et bien sûr Arabie saoudite. Certains ont encore été lancés hier, au dixième jour de ce conflit inédit par bien des aspects.
Les pays du Golfe pouvaient se croire à l’abri. En juin l’an dernier, lors de la « guerre des douze jours » menée par Israël, puis par les États-Unis, la riposte iranienne a été dirigée contre l’État hébreu. Les habitants du Golfe se contentaient de voir passer les missiles au-dessus de leur tête. Ils pensaient légitimement qu’il en serait de même cette fois, ils se sont trompés et la facture est lourde.
Téhéran justifie ses attaques par le fait que ces pays abritent des bases militaires américaines, la plus grande de la région se trouve au Qatar. C’est d’ailleurs au Koweit que les Américains ont perdu sept hommes jusqu’ici. Certains, comme les Émirats arabes unis, ont signé les Accords d’Abraham avec Israël, condamnés par Téhéran.
Mais la réalité est plus complexe. Ces pays ont également des relations suivies avec l’Iran. Dubaï est une plaque tournante du contournement des sanctions visant les intérêts iraniens, et l’Arabie Saoudite a renoué des relations diplomatiques avec Téhéran sous l’égide de la Chine il y a trois ans. Pour cette raison, les attaques des derniers jours ont surpris et ont même été considérées par certains analystes comme une erreur stratégique iranienne.
Il y a une autre interprétation possible. Donald Trump a beaucoup investi, dans tous les sens du terme, dans ses relations avec les pétromonarchies du Golfe. Son premier déplacement à l’étranger, à son retour à la Maison Blanche, a été pour le Qatar, les Émirats arabes unis et l’Arabie Saoudite. L’Iran sait ce qu’il fait en s’en prenant à eux.
Les pays du Golfe ont attiré ces dernières années des centaines de millions de dollars d’investissements, ils sont liés aux intérêts économiques américains et à ceux de la famille Trump en particulier. Si on veut faire comprendre au président américain que s’il n’arrête pas cette guerre le coût sera plus élevé chaque jour, taper sur le coffre-fort du Golfe peut être un bon moyen.
L’an dernier, toute la région a observé comment Donald Trump a imposé un cessez-le-feu au premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, après l’opération menée contre le Hamas au Qatar. Ca a été immédiat, Israël était allé trop loin.
Aujourd’hui, les monarchies du Golfe, y compris les Émirats qui sont les plus proches d’Israël, plaident pour un arrêt de la guerre. Elles ont besoin de restaurer leur image sérieusement écornée auprès des investisseurs et de cette population expatriée qui a eu la peur de sa vie. Donald Trump les écoute, mais les entendra-t-il ? Elles pèsent lourd dans sa vision transactionnelle du monde ; on saura rapidement si c’est suffisant pour stopper une guerre totale qui n’épargne personne au Moyen Orient.

9999999
