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La tension est encore montée d’un cran mardi dans le détroit d’Ormuz. L’armée américaine a annoncé avoir détruit seize navires iraniens poseurs de mines à proximité de la voie maritime, “craignant que l’Iran ne se prépare à y déployer des mines”, rapporte Axios.
Un tel déploiement “constituerait une menace extrême pour la navigation commerciale dans la région et empêcherait tout acheminement de pétrole par le détroit”, fermé de facto depuis le début de la guerre et où transite en temps normal un cinquième du pétrole mondial, observe le site.
L’opération américaine faisait suite à un message résolument menaçant de Donald Trump, publié en début d’après-midi sur son réseau Truth Social : “Si l’Iran a posé des mines dans le détroit d’Ormuz – et nous n’avons reçu aucune information en ce sens –, nous exigeons leur déminage IMMÉDIAT ! ”.
“Si, pour une raison ou une autre, des mines ont été posées et ne sont pas retirées immédiatement, les conséquences militaires pour l’Iran seront sans précédent”, a ajouté le président américain.
“Négociations de paix” ou “chaos mondial”
Or selon CNN, qui a recueilli les confidences de deux sources proches des services de renseignement américains, l’Iran a déjà “commencé à poser des mines dans le détroit d’Ormuz”, désormais contrôlé par le Corps des Gardiens de la révolution islamique, conjointement avec la marine iranienne traditionnelle.
“Le minage est pour l’instant limité, seules quelques dizaines de mines ayant été posées ces derniers jours”, assurent ces sources. Mais l’Iran “conserve entre 80 et 90 % de sa flotte de petites embarcations et de poseurs de mines, ce qui lui permettrait de poser des centaines de mines dans le détroit”, ajoutent-elles.
CBSNews précise que ces “petites embarcations” sont “capables de transporter deux à trois mines chacune”. Et si le nombre de mines détenues par la République islamique n’est pas connu du public, “les estimations oscillent entre 2 000 et 6 000, la plupart étant produites par l’Iran, la Chine ou la Russie”.
Alors que la fermeture du détroit affole les marchés et impacte de façon spectaculaire les cours du pétrole, son contrôle est “le dernier atout majeur de l’Iran”, dont “l’armée conventionnelle est en grande partie anéantie et incapable de contrer les frappes aériennes américaines et israéliennes”, analyse Bloomberg.
“Le minage du détroit d’Ormuz, l’utilisation de missiles antinavires contre les pétroliers ou la destruction des infrastructures pétrolières du Golfe pourraient mener à des négociations de paix – ou à un chaos mondial, avec des pénuries d’énergie et une inflation galopante”, ajoute le média économique.
“Cibles américaines de choix”
Ce dernier scénario constitue le cauchemar de la communauté internationale, et particulièrement de Donald Trump, qui voit avec inquiétude le prix de l’essence augmenter à la pompe – un sujet extrêmement sensible pour les consommateurs américains.
C’est pourquoi, avant même de viser les navires poseurs de mines de Téhéran, le locataire de la Maison-Blanche avait “promis l’aide des États-Unis pour les opérations de transport maritime mondial perturbées”, rappelle Al-Jazeera.
Dans un message publié le 3 mars sur son réseau Truth Social, il affirmait ainsi : “Si nécessaire, la marine américaine commencera à escorter les pétroliers dans le détroit d’Ormuz, dès que possible”. Et d’ajouter : “Quoi qu’il arrive, les États-Unis garantiront la LIBRE CIRCULATION DE L’ÉNERGIE DANS LE MONDE”.
“Cependant, l’efficacité de son administration pour protéger les navires traversant le détroit reste incertaine”, constate la chaîne qatarie. Et la fébrilité de Washington sur le sujet était évidente, mardi, lorsque le ministre de l’Énergie Chris Wright a été contraint de retirer un message publié sur X, dans lequel il affirmait que la marine américaine avait “escorté avec succès un pétrolier à travers le détroit d’Ormuz”.
“Interrogée à ce sujet, Mme Leavitt a déclaré que la marine n’avait escorté aucun pétrolier dans le détroit”, rapporte la BBC, tandis que l’armée américaine a confirmé qu’elle n’était pas encore prête à fournir une telle protection aux navires.
Pour une raison simple, relève The Economist : “L’escorte de convois de pétroliers par des navires de guerre pourrait offrir à l’Iran des cibles américaines de choix”.
Déblocage “historique” des réserves de pétrole
L’Iran ne s’en est d’ailleurs pas caché. Ali Larijani, chef du Conseil suprême de sécurité nationale, cité par The Hill, a averti mardi que le détroit d’Ormuz serait “soit un détroit de paix et de prospérité pour tous”, soit un “détroit de défaite et de souffrance” pour les “bellicistes” américains et israéliens.
Dans ce contexte hautement volatil, et pour tenter de faire redescendre durablement les prix du brut, “l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a proposé le plus important déblocage de réserves de pétrole de son histoire”, rapporte The Wall Street Journal.
“Ce déblocage dépasserait les 182 millions de barils de pétrole mis sur le marché par les pays membres de l’AIE en deux phases en 2022, au moment où la Russie lançait son invasion de l’Ukraine”, précise le quotidien économique. La proposition a été présentée mardi lors d’une réunion d’urgence des responsables de l’énergie des 32 pays membres de l’AIE.
Le président français Emmanuel Macron a quant à lui convoqué mercredi, en visioconférence, une réunion des chefs d’État et du gouvernement du G7 sur “les conséquences économiques” de la guerre en Iran, notamment la “situation énergétique”.

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