
l’administration Trump persiste et signe
11 mars 2026
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11 mars 2026C’en est trop, même pour Fox News, la chaîne de télé de la droite conservatrice américaine. Hier, la chaine a accusé Donald Trump d’avoir menti sur la mort de 175 élèves iraniens frappés par un tir de missile sur leur école dans le sud de l’Iran au premier jour de la guerre.
Cette affaire, sans doute une erreur de cible visant vraisemblablement une base navale voisine, ne disparait pas malgré les efforts de l’administration américaine. Elle illustre à la fois le rapport trouble, déjà bien connu, du président américain à la vérité, mais aussi les limites de ses tentatives de contrôler totalement le récit.
Les premiers jours, les officiels américains interrogés sur l’origine du bombardement de l’école, à commencer par le Secrétaire à la guerre, Pete Hegseth, ont répondu systématiquement qu’une enquête était en cours. Les journalistes ont continué à poser la question, s’attirant toujours la même réponse ; jusqu’à ce que Donald Trump s’en mêle, espérant clore le débat. Il n’a fait que s’enfoncer.
Dans l’avion présidentiel, lieu habituel de ses échanges avec la presse, Donald Trump a affirmé samedi que c’était l’Iran qui était responsable du tir. Il a même ajouté que le matériel iranien était médiocre et que c’était donc logique que le missile tombe au mauvais endroit.
Le problème est que des photos des débris du missile ont fait apparaître qu’il s’agit d’un Tomahwak de fabrication américaine. Confronté à ce nouvel élément, lors de sa conférence de presse lundi, Donald Trump ne s’est pas laissé démonter : il a affirmé que plusieurs pays disposaient de Tomahawk et que ça ne voulait rien dire.
C’est là qu’intervient Fox News. Une journaliste de la chaîne a indiqué hier qu’elle avait été surprise par la réponse de Trump : les Tomahawks, a-t-elle précisé, ne peuvent être tirés que par des navires de combat ou des sous-marins ; or seuls le Royaume Uni et l’Australie en disposent en dehors des États-Unis, et ils ne sont pas présents dans cette guerre. « Le président le sait, il sait que c’est certainement une erreur, il essaye de brouiller les pistes », a-t-elle dit à l’antenne.
Contredire Trump est d’autant plus inhabituel pour Fox News que la chaîne vient d’être prise en flagrant délit de manipulation de l’information pour protéger le président. Lors du retour des dépouilles de six soldats morts au Koweit, Donald Trump a choqué en gardant sa casquette de baseball blanche de golf et une cravate rouge. Fox News a préféré remplacer ces images par celles d’une autre cérémonie l’an dernier, où le président avait l’air plus digne. Ça s’est vu, et la chaîne a présenté ses excuses en invoquant une simple « erreur ».
Tout ceci est loin d’être anecdotique. On a parfois l’impression que Donald Trump a gagné la partie avec son concept de « vérité alternative », une manière très « orwélienne » de dire que « 2+2 =5 », pour reprendre le titre du documentaire de Raoul Peck sur Georges Orwell qui vient de sortir.
Mais les États-Unis ont longtemps été le pays qui considérait le mensonge comme plus grave que les faits cachés : leur histoire politique est jalonnée de chutes vertigineuses dues à ce qu’on n’appelait pas encore « vérités alternatives », comme Richard Nixon et ses mensonges du Watergate. Donald Trump n’en est pas là, mais il devrait s’inquiéter si Fox News ne suit plus.

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