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En déclarant attaquer l’Iran notamment au nom de la non-prolifération, les États-Unis et Israël, qui comptent parmi les principales puissances nucléaires, ont entériné sous les bombes un ordre nucléaire mondial à leur avantage. Pour ce faire, les États-Unis ont par deux fois abandonné les processus politiques engagés avec l’Iran (sortie du Joint Comprehensive Plan of Action, ou JCPOA, en 2018, et fin brutale des négociations en février 2026) et ont fait le choix d’attaquer le pays aux côtés d’Israël.
Au-delà de la seule relation entre États-Unis, Israël et Iran, l’offensive actuelle révèle le cadre de pensée, c’est-à-dire l’arme nucléaire érigée en outil tout-puissant de la défense nationale, et le régime de domination des États dotés sur les États non dotés qui structurent l’ordre international depuis 1945. Elle est aussi l’illustration d’une accélération de la course aux armements nucléaires qui se vérifie partout dans le monde, et en particulier en France, comme en atteste le discours prononcé par le président Emmanuel Macron le 2 mars annonçant que “le demi-siècle qui se profile sera celui des armes nucléaires” et que la France abandonnait sa doctrine de “stricte suffisance” pour augmenter la taille de son arsenal.
En quoi l’alliance israélo-étatsunienne s’est-elle aussi cimentée à travers l’instauration d’un “ordre nucléaire” où les deux États se trouvent en position dominante ? Historiquement, comment le risque nucléaire a-t-il été mobilisé à plusieurs reprises par les États-Unis et Israël pour justifier des offensives contre l’Iran ? Au-delà du seul contexte moyen-oriental, quel signal la guerre actuelle envoie-t-elle aux pays non dotés ? Et comment l’accélération des guerres et du recours à la violence dans le monde risque-t-elle de contribuer à la prolifération, et donc au risque nucléaire ?
Julie Gacon s’entretient avec Benoît Pelopidas.
Focus — La politisation du travail de l’AIEA par les États
Avec Maïlys Mangin, maîtresse de conférences en science politique à l’université de Toulouse Capitole et chercheuse associée au CIENS (Centre interdisciplinaire sur les enjeux stratégiques).
L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), chargée de promouvoir les usages pacifiques de l’énergie nucléaire et d’en limiter les applications militaires, a joué un rôle central depuis le début des négociations internationales autour du nucléaire iranien en 2003. Bien qu’ayant exclusivement des compétences techniques, l’Agence se retrouve donc au cœur de processus hautement politiques engageant les délégations diplomatiques de différents Etats. Celles-ci n’hésitent pas à mobiliser les actions et l’expertise de cette organisation internationale comme des ressources politiques, conférant de facto un rôle politique important à l’Agence.

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