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11 mars 2026« Même à 2 € le litre, je n’ai pas le choix » : dans les Pyrénées-Orientales, infirmiers libéraux, taxis et transporteurs fortement impactés par la hausse du prix du carburant
Alors que les prix du carburant repartent à la hausse en France en raison des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, les conséquences se font ressentir à la pompe pour les automobilistes des Pyrénées-Orientales. Une situation qui pèse particulièrement sur les professions dépendantes de leur véhicule, comme les taxis ou les infirmiers libéraux.
On l’a tous constaté. À la pompe, le prix de l’essence monte en flèche. Derrière cette hausse, la guerre qui sévit au Moyen-Orient. Depuis quelques semaines, les prix des carburants continuent de grimper partout en France. Les Pyrénées-Orientales n’échappent pas à la règle. Ce mercredi 11 février, à Perpignan, beaucoup se ruent à la pompe. Au Super U du Bas-Vernet, les prix n’ont pas encore dépassé les deux euros symboliques du litre : 1,99 €/l de gazole, 1,84 €/l de SP95-E10 et 1,94 €/l de SP98.
Mais l’inquiétude est déjà là. « Même à 2 €, qu’est-ce que vous voulez que je fasse. Je n’ai pas d’autres choix que de mettre de l’essence pour aller travailler… », souffle Jean-Philippe, fataliste. Isabelle, elle, préfère anticiper. « Là, j’ai un demi-plein. Mais je refais le plein avant qu’il n’augmente encore. J’ai fait mon plein il y a quelques jours pour 1,70 euro le litre. J’y suis retournée aujourd’hui, on est presque à deux euros. C’est la même essence dans la même cuve. On se moque de nous », soupire-t-elle. Même constat pour Abdel. « Vu comment ça a pris en trois semaines, ça ne présage rien de bon pour les semaines et les mois à venir… »
Des marges rognées
Si la hausse des prix du carburant pèse sur tout le monde, elle accable encore plus certains professionnels. Notamment les chauffeurs de taxi. Contrairement à d’autres secteurs, ils ne peuvent pas répercuter cette hausse sur leur clientèle. « On ne peut pas réévaluer nos tarifs vis-à-vis du coût de la vie. Les tarifs sont réglementés par l’État. Ils permettent un juste prix auprès des usagers, mais cela nous fait un grand manque à gagner », explique Christophe Borras, vice-président du syndicat des taxis de Perpignan et taxi de ville ainsi que taxi médicalisé.
Avec l’inflation du carburant, on gagne moins d’argent sur les courses. Parfois, on en perd même
Dans ce secteur, les prix des courses sont fixés par une grille nationale et ne peuvent pas être modifiés librement. « Nos tarifs sont gelés pour l’année. On a un compteur homologué par l’État et on ne peut pas y toucher. Par conséquent, chaque hausse du carburant rogne directement les marges. Avec l’inflation du carburant, on gagne moins d’argent sur les courses. Parfois, on en perd même », souligne le professionnel.
Face à la situation, cette fin de semaine, les représentants de la profession doivent se réunir en intersyndicale pour discuter d’éventuelles demandes d’aides ou d’une révision des tarifs.
Les infirmiers libéraux également touchés
Même combat pour les infirmiers libéraux. Eux aussi sont particulièrement exposés à cette hausse. Dans les Pyrénées-Orientales, ils sont environ 1 835 à parcourir chaque jour les routes pour se rendre au domicile de leurs patients.
« La hausse du carburant impacte directement leur chiffre d’affaires. La rémunération des actes est fixée par la nomenclature de la Sécurité sociale, donc même si le coût de l’énergie augmente, il n’y a pas de revalorisation automatique des indemnités kilométriques », explique Valentin Bisiaux, président de l’Ordre des infirmiers de l’Aude et des Pyrénées-Orientales. Il souligne également que dans les Pyrénées-Orientales, où de nombreuses communes se situent en zones rurales, « les distances peuvent rapidement s’accumuler ».
« Certains exercent en ville mais beaucoup d’entre nous couvrent de grands territoires avec pas mal de déplacements. Les kilomètres parcourus dans une journée peuvent être importants », poursuit-il.
Ainsi, pour ces professionnels, la hausse se ressent immédiatement à la station-service. « Si un infirmier fait plusieurs pleins par semaine pour travailler et que son plein passe de 80 à 120 euros, l’impact est immédiat sur son budget. »
L’inquiétude des sociétés de transport
La flambée des carburants n’épargne pas non plus les entreprises de transport. Pour ces sociétés qui consomment des milliers de litres chaque mois, la hausse se répercute immédiatement sur la trésorerie. « Déjà, premier scandale, j’achète 10 000 litres de carburant et je le paie quasiment au même prix que si je faisais le plein à la pompe avec ma voiture », déplore le dirigeant d’une société de transport de Perpignan. « Début février, je payais le gazole 1,33 euro hors taxe. En mars, j’ai dû le commander à 1,68 euro hors taxe, soit presque 2 euros le litre une fois les taxes ajoutées », détaille-t-il. Une augmentation d’environ 30 % en quelques semaines. Autre difficulté, des fournisseurs qui deviennent plus prudents. « Certains nous demandent de commander sans nous donner le prix à l’avance. C’est à l’aveugle. Et parfois ils commencent à rationner les quantités. »

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