
Just eleven days into Operation Epic Fury, the POWERFUL of the United States mil
11 mars 2026
Guerre en Iran : ce que l'on sait du groupe Handala qui revendique des cyberattaques contre Israël et les Etats-Unis
11 mars 2026
– / AFP
Vue satellite de l’île iranienne de Kharg, principal terminal d’exportation de pétrole du pays, capturée le 7 mars 2026 par le satellite Sentinel-2 du programme Copernicus de l’Agence spatiale européenne.
Dans le Golfe persique, une petite île pourrait faire basculer la guerre au Moyen-Orient. Kharg, située à une trentaine de kilomètres des côtes iraniennes, abrite le principal terminal d’exportation du pétrole du pays : environ 90 % des exportations de brut iranien y transitent.
Longue d’à peine quelques kilomètres, l’île reçoit par oléoducs le pétrole des grands champs du sud-ouest du pays avant qu’il ne soit chargé sur des superpétroliers. La plupart des côtes iraniennes étant trop peu profondes pour ces navires géants, Kharg constitue un passage quasiment incontournable pour les exportations du pays. Autrement dit : si Kharg tombe, l’essentiel du pétrole iranien ne peut plus quitter le pays.
Or selon le média américain Axios, des responsables de l’administration Trump ont évoqué la possibilité de s’emparer de cette île afin d’accentuer la pression sur Téhéran. Une option également évoquée par certains responsables israéliens, qui estiment qu’une telle opération priverait l’Iran de sa principale source de revenus.
L’enjeu est considérable. L’Iran est le quatrième producteur de brut de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et, malgré les sanctions internationales, il continue d’exporter entre un et un million et demi de barils par jour. Une grande partie de ces revenus alimente les finances de l’État iranien et celles des Gardiens de la Révolution, pilier sécuritaire du régime.
Des risques de réaction en chaîne
Mais frapper Kharg pourrait déclencher une réaction en chaîne bien au-delà de l’Iran. Selon une note de la banque JP Morgan, une attaque contre le terminal interromprait immédiatement l’essentiel des exportations de brut iranien et risquerait de provoquer des représailles contre les infrastructures énergétiques du Golfe ou dans le détroit d’Ormuz.
Or ce passage maritime est l’un des plus stratégiques au monde : environ un cinquième du pétrole transporté par mer y transite habituellement. Chaque jour, des dizaines de superpétroliers y transportent également du gaz naturel liquéfié et des produits pétroliers vers l’Asie, l’Europe et les États-Unis. Depuis le début de la guerre, les combats et les frappes iraniennes perturbent déjà fortement le trafic dans la zone.
Dans ce contexte, toucher Kharg pourrait provoquer un nouveau choc sur les marchés énergétiques mondiaux. Certains analystes estiment que le prix du baril, déjà repassé au-dessus des 100 dollars ces derniers jours, pourrait grimper bien plus haut si les exportations iraniennes étaient brutalement interrompues. Le think tank Chatham House évoque même un baril pouvant atteindre 150 dollars dans un tel scénario.
Pour l’instant, les infrastructures pétrolières majeures de l’Iran ont été largement épargnées par les bombardements. Israël a bien visé certains dépôts de carburant et raffineries ces derniers jours, mais le principal terminal d’exportation du pays reste intact. Une retenue qui s’explique aussi par le risque d’escalade. Téhéran a déjà prévenu que toute attaque contre ses installations énergétiques ferait l’objet d’une riposte « œil pour œil ».
Et l’Iran dispose lui aussi de nombreuses cibles potentielles dans la région. « Il pourrait infliger beaucoup plus de dégâts aux installations pétrolières et gazières du Golfe s’il le souhaite », avertit Farzin Nadimi, chercheur au Washington Institute.
Autrement dit, ce qui apparaît comme l’un des points faibles économiques de l’Iran pourrait aussi devenir l’un des déclencheurs les plus dangereux d’une escalade régionale.

9999999
