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12 mars 2026« Donald Trump ne respecte pas les règles du droit international, ce n’est pas une bonne chose », reconnaît Thomas Ménagé, député RN du Loiret
Invité des « 4V » ce jeudi 12 mars, le député du Rassemblement national est revenu sur la situation au Moyen-Orient, admettant que si Donald Trump n’est pas dans « les règles » du droit international, « à chaque fois, il fait tomber des gouvernements, des personnalités qui sont mauvaises pour la stabilité du monde », notamment au Venezuela et actuellement en Iran.
Prix des carburants, diplomatie française et droit international… Le député Thomas Ménagé, élu Rassemblement national dans le Loiret et porte-parole du groupe RN à l’Assemblée nationale, commente l’actualité internationale et notamment les conséquences de la guerre au Moyen-Orient, face à Alexandre Peyrout dans les « 4 Vérités » du jeudi 12 mars.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l’interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Alexandre Peyrout : Ce matin, l’actualité, c’est le prix des carburants qui flambe à cause du conflit au Moyen-Orient. Emmanuel Macron a annoncé hier que les pays membres de l’Agence internationale de l’énergie allaient libérer jusqu’à 400 millions de barils des réserves stratégiques. La France va en libérer 14 millions et demi. Est-ce que c’est une bonne chose ?
Thomas Ménagé : Oui, c’est une bonne chose parce que dès le début de l’augmentation des prix du carburant, du prix du baril, le Rassemblement national, avec Jordan Bardella et Marine Le Pen, avait indiqué qu’il y avait nécessité d’augmenter l’offre, parce que c’est une question aussi d’offre et de demande la situation que nous connaissons actuellement, et de libérer une partie, pas la totalité bien entendu, de ces stocks stratégiques pour augmenter l’offre et ainsi faire baisser le prix du baril et faire baisser le prix à la pompe pour les Français.
Certains experts doutent du fait que ça fera vraiment baisser les prix à la pompe, que ça empêchera juste une situation de pénurie. Comment est-ce qu’on stoppe cette flambée des prix ? Est-ce que, comme d’autres, vous êtes pour un gel des prix ? C’est notamment ce que propose La France insoumise.
Un gel, non, parce que le gel bête et méchant, c’est ce qui existe dans les économies communistes, c’est ce qui existe au Venezuela, à Cuba. On s’est rendu compte qu’à terme, ça provoque plus d’inflation, ça va créer une situation qui va être bien pire. Par contre, nous proposons une mesure simple, que nous défendons même hors temps de crise, mais qui a encore plus d’intérêt aujourd’hui, c’est de baisser la fiscalité.
Ça coûte 20 milliards d’euros.
Non, le gouvernement se trompe, puisqu’en plus, ça ne coûte rien, parce qu’en fin de compte, actuellement, si on ne fait que compenser à due proportion la hausse, c’est nul, puisqu’en fait, ce qui se passe aujourd’hui, c’est que l’État se met de l’argent dans les poches de manière plus importante, puisqu’on le sait, il y a quasiment 60 % du prix du carburant qui sont des taxes. Quand le prix du pétrole augmente, la proportion de taxes, elle, augmente et l’État s’enrichit. L’idée, c’est de baisser au minimum à due proportion. Nous, nous proposons même d’aller plus loin. C’est de baisser de 20 à 5,5 % la TVA sur le carburant. Et ce n’est pas que nous qui le disons. Même le commissaire européen à l’énergie, Dan Jorgensen, l’a dit hier, il faut le faire. Il y a d’autres pays qui le font.
Mais ça veut dire que vous, vous préférez, par exemple, que l’État gagne moins d’argent et que les distributeurs continuent à s’enrichir, à profiter de cette crise ?
Non, bien entendu. Nous sommes clairs. Marine Le Pen, qui était invitée hier sur un autre plateau, l’a dit, il faut en parallèle qu’il y ait un contrôle des marges. Parce qu’on le sait, malheureusement, quand il y a des crises, il y a toujours des profiteurs de crise, toujours des gens qui cherchent à s’enrichir. Il faut qu’il n’y ait ni enrichissement de l’État, ni enrichissement des distributeurs ou des spéculateurs et qu’on puisse protéger les Français.
Le gouvernement réfléchit à plafonner ses marges. Est-ce une bonne mesure ?
Le plafonnement, oui, on peut regarder, c’est-à-dire de contrôler ses marges pour qu’elles n’augmentent pas artificiellement, mais qu’elles ne profitent pas de cette situation. Pour gagner plus d’argent, il ne faut pas, par contre, bloquer les prix, parce que ça mettrait à mal totalement le système et notre économie de marché.
Est-ce qu’il n’y a pas aussi une forme d’hypocrisie quand on voit que certains distributeurs ont fait immédiatement monter les prix à la pompe quand le tarif du baril est monté et quand il est redescendu, le tarif des carburants n’est pas redescendu ?
D’où la nécessité de contrôler. Parce que, oui, il y a des distributeurs, il y en a qui profitent de cette situation, sachant que les Français comprennent bien qu’il y a cette situation internationale qui va créer une augmentation des prix. Ils augmentent plus rapidement, ils augmentent plus fortement pour, au final, s’enrichir sur le dos des Français. Moi, je le vois sur mon territoire, 84 % dans l’agglomération montargoise, sur mon territoire, doivent utiliser leur voiture pour aller travailler. Ils n’ont pas d’autre choix, ils paient, ils casquent. Mais attention, l’État aussi doit faire un geste et doit faire un effort.
Est-ce que cette flambée des prix du pétrole, ce n’est pas juste le signe qu’avec la raréfaction de la ressource, il faut peut-être passer à une autre énergie quand on voit l’instabilité dans la région ?
Bien entendu. Le pétrole n’est pas une fin en soi. Les énergies fossiles, il faut à long terme, le plus tôt possible et avec de la recherche, s’en passer. Mais il faut le faire intelligemment. Ça fait partie de notre souveraineté énergétique, souveraineté économique, de pouvoir se passer de toutes ces énergies fossiles que nous n’avons pas, ou très peu, en France, bien entendu.
Hier, le Premier ministre Sébastien Lecornu a reçu les chefs de parti à Matignon pour leur faire état de la menace à la suite de ce conflit au Moyen-Orient. Vos patrons, Marine Le Pen et Jordan Bardella, étaient à cette réunion. Ils n’ont pas parlé aux journalistes. Est-ce que vous, vous pouvez nous dire s’ils ont été rassurés par le Premier ministre hier ?
Précisément, aujourd’hui, les informations qui leur ont été données, notamment sur la capacité à libérer le détroit, ainsi que de libérer les voies qui permettent notre approvisionnement en un certain nombre de matériaux, de matières premières et notamment de carburants, de gaz et de pétrole, ne sont pas forcément très rassurantes. Mais Jordan Bardella et Marine Le Pen ont défendu les mesures que nous portons aujourd’hui, c’est-à-dire de préserver au maximum l’intérêt des Français, l’intérêt des 400 000 ressortissants qui sont dans cette zone, l’intérêt de nos bases militaires et l’intérêt du pouvoir d’achat des Français en défendant encore une fois ces mesures de baisse de la fiscalité.
En envoyant par exemple le Charles de Gaulle dans la Méditerranée orientale pour une mission défensive, comme l’a dit le chef de l’État, est-ce que, globalement, vous trouvez qu’Emmanuel Macron a eu les bonnes réponses à ce conflit ?
Je considère qu’aujourd’hui, il est nécessaire que la diplomatie française, et donc le président de la République, qui était Emmanuel Macron, que nous combattons bien entendu sur sa politique nationale, aille dans le bon sens pour protéger les intérêts de la France. Il faut aujourd’hui être unis, unis pour, je vous le disais, protéger les ressortissants français qui sont là-bas. Nos intérêts et le déploiement de notre porte-avions pour protéger notamment nos alliés, notamment Chypre, va dans le bon sens. C’est le devoir de la France de répondre présent dans ce genre de cas.
On voit depuis un peu plus de dix jours maintenant que les conséquences de ces bombardements israélo-américains sont très importantes pour le monde entier. Est-ce que, comme d’autres, vous estimez que cette intervention est contraire au droit international ?
D’un point de vue juridique, on ne peut pas dire le contraire. Après, d’un point de vue moral et d’un point de vue des intérêts, même des intérêts de la France, le régime iranien est un régime abominable, un régime violent qui agit contre le peuple, mais qui agit aussi contre l’intérêt de la France et des démocraties, en continuant à développer cette arme nucléaire qui pourrait être dangereuse pour la stabilité du monde.
Mais quand on voit cette intervention sans passer par l’ONU, quand on voit ce qu’il s’est passé aussi au Venezuela, est-ce que Donald Trump est un danger pour le droit international, selon vous ?
En tant que tel, il ne respecte pas les règles du droit international. Donc oui, il remet en cause. Ce n’est pas une bonne chose. Après, on ne va pas pleurer ni sur le Venezuela et le pouvoir de Monsieur Maduro, ni sur le régime des mollahs quand ils tombent. C’est la difficulté. D’un point de vue juridique et d’un point de vue du droit international, de la stabilité internationale, Monsieur Trump prend des libertés qui ne vont pas dans le bon sens et, selon moi, les règles doivent s’appliquer pour tous. Mais à chaque fois, il fait tomber des gouvernements, des personnalités qui sont mauvaises pour la stabilité du monde et pour leur peuple.

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