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12 mars 2026« C’est presque une mission humanitaire » : Radio For Peace International émet en Iran depuis la Gironde
La radio associative Radio For Peace International (RFPI) est dirigée par un Français. Elle avait déjà fait parler d’elle au début de la guerre en Ukraine, avec une émission quotidienne diffusée en ukrainien. RFPI utilise les ondes courtes. Un mode très utilisé durant la guerre froide dans les pays de l’est de l’Europe, car les ondes courtes permettent de continuer à faire de la radio en évitant efficacement la censure.
Depuis le début du mois de mars, le jingle de Radio For Peace International résonne dans certains postes de radio de Téhéran, tous les matins à 8h : « Vous écoutez la radio pour la paix internationale« , dit le présentateur. Parfois, la réception est un peu brouillée, « donc il faut vraiment savoir que c’est la bonne station que tu écoutes« , explique Sylvain Clament, le président de RFPI, Radio For Peace International.
De la Gironde à l’Iran
Diffusée dans la capitale iranienne, cette émission est pourtant produite dans un petit village situé en Gironde. « Je me suis créé, chez- moi, un studio plutôt professionnel, » reprend le président de RFPI. Derrière sa table de mixage, Sylvain Clament, infirmier de profession, monte toutes les émissions à partir d’éléments sonores envoyés par des Iraniens. Pour l’écouter, il suffit d’avoir une radio avec des piles.
« C’est tout petit. Juste avec une antenne télescopique et une pile R6, on peut écouter la radio pendant des heures et des heures. »
Ces trente minutes débutent toujours par un point sur les dernières actualités : « Khamenei est mort et l’Iran est entré dans une nouvelle phase » ; « ce matin, les Gardiens de la révolution indiquent que 30 personnes sont mortes lors du bombardement d’une base aérienne à Kerman« , explique-t-il à l’antenne. Il y a aussi des poèmes, des textes plus politiques. « Oui à une République fondée sur la souveraineté du peuple. Oui à la liberté d’expression, à la liberté d’opinion. Oui à l’égalité entre les hommes et les femmes. » Il y a aussi des messages d’Iraniens coupés du monde qui sont lus à l’antenne comme celui de Sohrab à Arashiya : « Dites bonjour à vos amis et communiquez avec nous à tout prix. Fin du message.«
Pour échapper aux coupures d’internet du régime, aux coupures d’électricité après des bombardements, RFPI utilise les ondes courtes, les seules pouvant être diffusées sur des milliers de kilomètres. Impossible donc d’être censuré, de voir son émission brouillée. RFPI est présent en Iran sans y mettre un pied.
« Nous n’enfreignons aucune loi »
Daniel s’occupe de la diffusion depuis son centre de transmission situé en Ouzbékistan, à 2 000 kilomètres de l’Iran. « Les pays peuvent diffuser à travers les frontières. Nous n’enfreignons aucune loi. Nous ciblons les endroits où il y a le plus de monde dans le centre et le nord de l’Iran.«
Sylvain Clament ne parle pas farsi, langue la plus parlée en Iran, alors pour créer son rendez-vous quotidien d’actualité, il fait appel à des Iraniens en exil. Des journalistes, des chercheurs, des membres de la diaspora. Certains sont des monarchistes, d’autres républicains, beaucoup sont proches du Conseil national de la résistance iranienne, mouvement qui fédère une partie de l’opposition. Mousa est un de ces volontaires. Durant la Révolution islamique son oncle a été tué, son père emprisonné, il a fui l’Iran. Avec cette guerre, il veut apporter son aide aux Iraniens grâce à la radio. « Le régime iranien tente d’imposer la censure. Internet est coupé, tous les modes de communication sont coupés. »
« Nous devons aider notre peuple et amplifier leur voix. »
Tous les jours, il reçoit des messages d’auditeurs. « Un message d’espoir, un message de paix, c’est ce qu’ils recherchent. Je pense à ces familles, à ces personnes en Iran qui peuvent entendre ces messages d’espoir et ça me motive à continuer ici comme volontaire ! » explique Moussa.
Radio For Peace International en difficulté
Les jours de l’émission sont comptés. RFPI est financé à 100% par des dons. Le président de la Radio, Sylvain Clament, cherche donc de nouveaux financements. « C’est presque une mission humanitaire. C’est de la radio humanitaire, explique-t-il. Il ne faut pas minimiser l’importance de la voix. La voix réconforte. On reçoit un signal de l’extérieur, donc c’est réconfortant et ça redonne de l’énergie de savoir que l’on n’est pas abandonné.«
Chaque jour, il doit débourser 45 euros pour diffuser l’émission en Iran. Compte tenu de ses réserves, il estime ne plus pouvoir payer le centre de transmission d’ici à lundi 16 mars 2026.

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