
Trump devrait ordonner le démantèlement du ministère de l’Education
13 mars 2026
Un homme tué par balles à Nice
13 mars 2026
Donald Trump a clairement indiqué vouloir s’en prendre au régime cubain. À la différence du Venezuela ou de l’Iran, les États-Unis ne misent cette fois pas sur les bombes, mais sur la conclusion d’un accord économique avec l’élite castriste.
Le régime communiste de Cuba serait-il en train de vivre « ses derniers moments »? C’est en tout cas ce qu’a affirmé, sûr de lui, Donald Trump samedi 7 mars en Floride. Entouré de dirigeants alliés d’Amérique latine, lors du sommet du Bouclier des Amériques, le président des États-Unis a promis pour l’île caribéenne « un grand changement » qui n’était « qu’une question de temps ».
Après le Venezuela et l’Iran, Cuba paraît être le prochain pays sur la liste des interventions américaines. La stratégie choisie par l’administration Trump semble cette fois différer des opérations militaires précédentes, puisque Donald Trump s’est targué auprès de ses alliés latino-américains d’un accord potentiel.
« Ils veulent négocier, et ils négocient avec Marco (Rubio, NDLR), moi-même et d’autres, et je pense qu’un accord pourrait être conclu très facilement avec Cuba », a-t-il affirmé.
Ces pourparlers ont été confirmés ce vendredi 13 mars par le président cubain Miguel Díaz-Canel lors d’une intervention devant les plus hautes autorités du pays, retransmise à la télévision nationale.
« Des responsables cubains ont mené récemment des discussions avec des représentants du gouvernement des États-Unis. Ces discussions ont eu pour objectif de chercher des solutions, par la voie du dialogue, aux différends bilatéraux qui existent entre nos deux nations », a-t-il déclaré.
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio, fils d’immigrés cubains, s’est en effet récemment rapproché de Raúl Guillermo Rodríguez Castro, petit fils de Raúl Castro, lui-même frère de Fidel Castro. Surnommé El Cangrejo (« le Crabe », en raison d’une malformation à un doigt), Raúl Guillermo Rodríguez Castro est un personnage éminent du paysage politique et économique de Cuba, bien qu’il n’occupe aucune fonction gouvernementale, comme ont pu le faire ses aïeux.
« La seule libéralisation souhaitée est en réalité économique »
Selon les informations d‘Usa Today, l’accord entre Marco Rubio et El Cangrejo est presque finalisé et comprend notamment le départ négocié du pouvoir de Miguel Díaz-Canel, un assouplissement des restrictions de voyage pour les Américains voulant se rendre à La Havane, ou encore un accès des États-Unis aux réserves cubaines de nickel et de cobalt. Des clauses qui ne nécessitent pas l’accord du Congrès, contrairement à la levée de l’embargo, qui est encadrée par la loi Torricelli de 1992.
« L’administration Trump accepterait donc de préserver les intérêts des Castro, à condition de pouvoir réinvestir sur l’île. La seule libéralisation souhaitée est en réalité économique (contrairement aux objectifs de démocratisation affichés par Donald Trump, NDLR) », analyse Margot François, doctorante à l’Institut français de géopolitique et spécialiste de Cuba.
En poussant le pays vers l’asphyxie, le changement de régime peut donc se faire par le biais d’un accord négocié, plutôt que par une attaque aussi brutale que l’a été l’arrestation de Nicolas Maduro au Venezuela.
Car même si Cuba est sous embargo américain depuis 1962, les deux derniers mois ont été particulièrement rudes, faisant connaître à l’île sa pire crise économique et sociale depuis 1959.
Privés du pétrole vénézuélien depuis l’opération militaire du 3 janvier, les Cubains ne peuvent presque plus se déplacer et connaissent une inflation extrême. Le département du Trésor a tout de même réautorisé le 25 février la livraison de pétrole à La Havane « sous peu » et à condition que celui-ci ne profite pas au régime, mais « au peuple ».
« Les Cubains avec qui je suis en contact me disent que la situation actuelle est la pire jamais connue, pire que dans les années 1990 à la suite de la chute de l’URSS. Actuellement, la pénurie est totale », rapporte Margot François.
La doctrine Donroe à l’œuvre
Des méthodes qui illustrent la doctrine Donroe, contraction de Donald Trump et de James Monroe, du nom du cinquième président des États-Unis. Il avait fait de l’Amérique du Sud la chasse gardée de son pays au 19e siècle.
La stratégie de sécurité nationale établie en 2025 en est la traduction moderne: faire en sorte que les pays d’Amérique latine soient « suffisamment stables et bien gouvernés pour prévenir et décourager les migrations massives vers les États-Unis ».
Toujours est-il que l’hypothèse d’un tel accord est loin de satisfaire les opposants au régime cubain en exil. Parmi eux, Ramón Saúl Sánchez a par exemple décrié « un affront et une humiliation pour le peuple de Cuba » dans une vidéo adressée à Donald Trump, vilipendant entre autres la non-éviction de la famille Castro des sphères de pouvoir du pays.
« Il n’y aurait donc pas de volonté de changer le régime, seulement d’en faire une version soumise aux États-Unis », confirme Margot François.
Donald Trump a de toute manière précisé qu’aucun accord sur la situation à Cuba ne serait conclu avant la clôture du dossier iranien, ironisant: Marco Rubio « prendra une heure de congé, puis il conclura un accord sur Cuba ».
Source : www.bfmtv.com

9999999
