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13 mars 2026Une guerre dont on ne sait pas quelle sera encore la durée, ni l’issue. Mais là n’est pas mon propos. Je voulais revenir sur une chose qu’a dite la diplomate française et ancienne ambassadrice Sylvie Bermann, sur LCI, ce mardi, et qui a mis des mots sur quelque chose que je ressentais déjà.
Elle a noté que certains, parmi les diplomates français – pas tous, pas elle, mais certains – espèrent que le régime des mollahs survivra. Par tradition politique. Par détestation de l’hubris américaine. Pour dénoncer l’illégalité de l’attaque. Ils en viennent à espérer que la République islamique mettra en échec les États-Unis C’est quelque chose que j’avais noté, cette joie mauvaise, dans certaines conversations en off. Ou même dans des déclarations politiques. Ainsi, lors d’un meeting le 7 mars, à Marseille, Jean-Luc Mélenchon se félicitait : « Ils ne vaincront pas l’Iran. Le régime ne s’est pas effondré » Applaudissements nourris de la salle. « Ils ne vaincront pas l’Iran ». Comme si le régime des Mollahs c’était l’Iran tout entier.
Cela va peut-être paraître subtil à certains, en vérité je crois que c’est assez simple : quoiqu’on pense de cette guerre – vraiment : quoiqu’on en pense – quand bien même on est à 100 % contre, se réjouir de ce que le régime des mollahs survive est obscène. Cela l’aurait déjà été il y a quelques mois. Ça l’est encore plus depuis les nuits de sang des 8 et 9 janvier derniers. Deux nuits, durant lesquelles les mollahs ont fait tirer à l’arme lourde sur des cortèges descendus les mains nues. Sur ces Iraniennes et ces Iraniens qui manifestaient contre le régime, et que le régime a massacrés, par dizaines de milliers. Cette horreur mérite au moins de se tenir. Pour les morts, et pour leurs parents…
Pour leurs parents ?
Oui, c’est étrange, mais ils me hantent, ces parents. Après les 8 et 9 janvier, l’une des premières vidéos qui nous est parvenue, malgré le black-out d’internet, est ce cri de 12 minutes d’un père cherchant son fils, Sepehr, parmi les cadavres d’une morgue de Téhéran. Répétant « C’est papa. Où es-tu, mon fils ?» Errant dans les rangées de sacs mortuaires qui s’étalaient jusque sur le trottoir.
Quelques semaines plus tard, cette autre vidéo. Celle d’un professeur arrivant dans sa classe à l’Université, à la reprise des cours. Un professeur dont le fils est mort, lui aussi, dans les manifestations. Et que les étudiants accueillent debout, en entonnant un chant de liberté. Qui dit notamment : « Je jure par le sang de mes compagnons. Je jure par les larmes de leurs mères. Jamais la répression ne fera mourir notre cri éternel. » Et le professeur de s’immobiliser. Laissant passer l’émotion qui le crucifie.
Il y a en Iran des dizaines de milliers de parents « orphelins » de leurs enfants courageux épris de liberté. Quoi qu’on pense de cette guerre, oui, il ne saurait y avoir de joie à voir survivre le régime de leurs bourreaux.
Source : www.radiofrance.fr

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