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L’Assemblée nationale populaire chinoise Chine a approuvé jeudi une loi dite d’«unité ethnique» que les défenseurs des droits de l’Homme estiment délétère pour les langues et les cultures minoritaires dans le pays.
La Chine a adopté jeudi, au cours de son événement politique annuel des Deux Sessions (une réunion parlementaire durant laquelle le gouvernement chinois fixe ses grandes orientations économiques et politiques pour l’année à venir, une loi sur la «promotion de l’unité et du progrès ethniques», approuvée sans débat lors de cette session parlementaire. Cette nouvelle loi, adoptée par l’Assemblée nationale populaire chinoise (ANP), formalise désormais des politiques visant à promouvoir le mandarin comme «langue commune nationale» dans l’éducation, les affaires officielles et les lieux publics.
Pékin présente cette loi comme un outil de modernisation et de prospérité, affirmant qu’elle renforcera «le sentiment de communauté commune de la nation chinoise» et améliorera les perspectives d’emploi des minorités grâce à la maîtrise du mandarin. Cependant les universitaires et défenseurs des droits humains y voient la consolidation juridique d’une politique d’assimilation forcée, selon les informations de la BBC.
D’après les informations du média britannique, cette mesure est composée de clauses qui affaiblissent le statut des autres langues officielles présentes en Chine au profit du mandarin. Elle vise ainsi les 55 minorités officielles représentant environ 9% des 1,4 milliard d’habitants de la Chine.
La langue comme principale cible
Dans certaines régions comme le Tibet ou la Mongolie intérieure, où vivent d’importants groupes ethniques minoritaires, des politiques gouvernementales ont déjà ordonné que le mandarin soit utilisé comme langue d’enseignement. Yalkun Uluyol, chercheur dédié à la Chine à l’ONG Human Rights Watch, décrit à l’AFP la nouvelle loi comme un «changement radical» par rapport à une politique de l’ère de l’ancien dirigeant Deng Xiaoping, qui garantissait aux minorités le droit d’utiliser leurs propres langues. Les établissements d’enseignement devront désormais utiliser le mandarin comme principale langue d’enseignement. Les adolescents seront désormais tenus d’avoir «une maîtrise de base» du mandarin à l’issue de la scolarité obligatoire.
Des tensions autour de la langue avaient déjà éclaté bien avant l’adoption de cette loi. En 2020, en Mongolie intérieure, la suppression brutale des manuels scolaires en mongol avait provoqué de rares mais puissantes manifestations. Certains parents avaient même retenu leurs enfants à la maison en signe de protestation, considérant cette mesure comme une menace directe à leur identité culturelle. La répression avait été immédiate et massive, suivie de campagnes de rééducation. Désormais les élèves de la région ne peuvent plus étudier le mongol qu’une heure par jour, comme simple langue étrangère, d’après les informations de Associated Press.
L’assimilation par tous les moyens
La loi prévoit aussi des sanctions contre les parents ou tuteur chinois en Chine qui transmettraient à leurs enfants des idées jugées contraires à «l’harmonie ethnique». Le texte instaure également une base juridique inédite pour poursuivre des individus ou organisations basés hors de Chine si leurs actes nuisent à «l’unité ethnique», un mécanisme qui inquiète particulièrement les communautés ouïghoures, tibétaines et mongoles en exil, souvent parmi les plus critiquées par le régime.
La Chine, où l’ethnie largement majoritaire est celle des Hans, reconnaît à l’intérieur de ses frontières 55 minorités qui rassemblent plusieurs centaines de langues et dialectes. Le gouvernement chinois est accusé depuis des décennies de mener des politiques pour assimiler de force ces minorités à la majorité Han.
Source : www.lefigaro.fr

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