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15 mars 2026Sur le détroit d’Ormuz, Donald Trump change de ton et demande désormais l’aide internationale
JIM WATSON / AFP
Donald Trump, ici le 11 mars dans le Maryland, a appelé la Chine, la France, le Japon, la Corée du Sud, le Royaume-Uni et d’autres pays à envoyer des navires pour sécuriser le détroit d’Ormuz.
• Selon le politologue américain Ian Bremmer, les navires américains dans le Golfe persique protègent surtout les bases et infrastructures énergétiques.
• La France a déjà annoncé la préparation d’une mission d’escorte des pétroliers d’Ormuz une fois que la « phase intense du conflit » serait terminée.
Finalement, Donald Trump aurait bien besoin d’aide dans la guerre qu’il a lancée avec Israël au Moyen-Orient. Alors qu’il se targue d’avoir « décapité » le régime iranien, le président américain a demandé, samedi 14 mars, l’envoi de navires de guerre à d’autres pays pour sécuriser le détroit d’Ormuz. Le passage, stratégique puisque 20 % de la production mondiale y transite habituellement, est désormais presque totalement bloqué, entraînant une flambée du prix du pétrole. Et deux semaines après son déclenchement le 28 février, le conflit ne montre aucun signe d’accalmie.
Répétant que les États-Unis « ont vaincu et complètement anéanti l’Iran, tant sur le plan militaire qu’économique », Donald Trump a appelé sur son réseau Truth Social les pays qui s’approvisionnent en pétrole via le détroit d’Ormuz à « veiller à la sécurité de ce passage » avec l’aide des forces américaines.
La veille, il avait affirmé que la marine américaine commencerait « très bientôt » à escorter des pétroliers dans ce passage stratégique. « Espérons que la Chine, la France, le Japon, la Corée du Sud, le Royaume-Uni et d’autres (…) enverront des navires dans la région afin que le détroit d’Ormuz ne soit plus menacé par un pays totalement décapité », a-t-il ajouté.
« Le président ne sait pas encore comment rouvrir le détroit »
Ce soudain appel à la rescousse de Donald Trump diffère des positions qu’il avait tenues jusque-là. Comme le rappelle le Telegraph, il avait notamment critiqué la semaine dernière le Royaume-Uni pour sa réticence initiale à envoyer des navires au Moyen-Orient. « Nous n’avons pas besoin de gens qui se joignent à des guerres une fois que nous avons déjà gagné ! », avait-il lancé.
Pour le politologue américain Ian Bremmer, Donald Trump lance cet appel car « il ne sait pas encore comment rouvrir le détroit ». « À l’heure actuelle, presque tous les navires de guerre que les États-Unis possèdent dans le Golfe persique sont utilisés pour défendre les infrastructures énergétiques et les bases militaires. Ils ne sont donc pas disponibles pour défendre les bateaux qui passent par le détroit ou qui se trouvent là-bas », explique le président d’Eurasia Group et de GZERO Media, au micro de CNN.
Dans un article publié vendredi sur son site internet, la chaîne affirmait que le gouvernement Trump avait sous-estimé le risque de fermeture du détroit d’Ormuz en cas de conflit avec l’Iran. Une information démentie dans la foulée et qualifiée de « ridicule » par le chef du Pentagone Pete Hegseth.
L’Iran veut continuer d’utiliser le « levier du blocage du détroit d’Ormuz »
Peu de temps après l’appel de Donald Trump vendredi pour l’envoi de navires dans le détroit d’Ormuz, la Défense britannique a indiqué que sa position restait inchangée et qu’elle continuait d’étudier « différentes options ». Emmanuel Macron a de son côté annoncé dès le 9 mars la préparation d’une mission « purement défensive » pour participer notamment à « l’escorte de porte-conteneurs et de pétroliers pour rouvrir progressivement le détroit d’Ormuz », mais cela une fois que la « phase intense du conflit » serait terminée. La Corée du Sud, très dépendante du détroit d’Ormuz, a quant à elle indiqué ce dimanche qu’elle « examin(ait) de près » la demande de Donald Trump.
Si l’Iran ne venait pas à libérer le détroit d’Ormuz, Donald Trump a brandi la menace d’une attaque sur le plus grand terminal d’exportation de pétrole brut iranien situé sur l’île de Kharg, un hub hautement stratégique où des sites militaires ont déjà été visés par des frappes américaines samedi. L’Iran visera des entreprises américaines au Moyen-Orient si ses infrastructures énergétiques sont bombardées, a répliqué son chef de la diplomatie, Abbas Araghchi.
Le nouveau guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, s’est engagé jeudi, dans son premier message public depuis sa prise de fonction, à continuer d’utiliser le « levier du blocage du détroit d’Ormuz » comme un outil contre les États-Unis et Israël.
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Source : www.huffingtonpost.fr

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